Ma-mwe: Une opération de vente de transformateurs sème le trouble

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Depuis quelques jours, des rumeurs de ‘‘vente illicite’’ de matériels de Ma-mwe circulent à Moroni. Il s’agit de transformateurs (abaisseurs et élévateurs), de coques ou encore de radiateurs. Après enquête à la société nationale de l’eau et de l’électricité, Al-watwan a pu se procurer l’acte de vente de cette opération.

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Signé le 5 décembre dernier, il stipule que «la direction générale de Ma-mwe vend à la société Bora/Southern Investisment les matériaux de ferrailles déclassés selon le certificat de déclassement émanant de la coordination technique de Ma-mwe dont les descriptions suivent : 25 transformateurs abaisseurs, quinze coques, trois transformateurs élévateurs et deux radiateurs». En contrepartie, Southern Corporation, spécialisé notamment dans l’import d’animaux et l’export de ferrailles, s’engage à payer 1,7million de francs comoriens «de la manière suivante : 700 000  francs payés par compensation de 7 poteaux en bois de 9 mètres et la différence dudit montant s’effectuera sur les caisses de la société Ma-mwe».

Deux prix pour le même matériel

Les poteaux ont été jugés ‘‘de bonne qualité’’ par la direction technique de Ma-mwe et la vente de l’ensemble des matériels a reçu l’approbation du ministère de tutelle.

Dans une lettre adressée au ministre de l’Energie, il est dit que le certificat de déclassement (datant de juin 2015) «nous permet de procéder à un appel d’offres gré à gré puisque l’ensemble de ces ferrailles n’atteignent pas la valeur de cinq millions de francs comoriens, selon le prix de la ferraille aux Comores.

Et cela en vertu de l’Article 24 de la loi n°11-027/Au du 29 décembre 2011portant passation des marchés publics et délégation des services publics pour les marchés de l’Etat : Ministères, Etablissements publics, sociétés et offices». Mais, pourquoi Southern plutôt qu’une autre société ? Parce qu’il y a eu un «accord verbal» entre la Ma-mwe et Southern, répond-on. ‘‘D’où la livraison préalable des poteaux en bois’’, précise une source de la direction générale.

Alors, pourquoi la transaction soulève tant de remous ? Pour celui qui assure l’intérima d’Ibrahim Mze, le patron de Ma-mwe, tout serait parti d’une interprétation de la valeur des matériels vendus.

Incompréhension

Effectivement, deux devis aux sommes diamétralement différentes sèment un peu la confusion. D’abord le devis de la direction générale qui fait état d’une somme de 1,7 million de fc. Dans le même temps, le chef de la logistique de Ma-mwe présente une facture de 21.548.000 fc pour les mêmes équipements.

La direction générale, elle, explique qu’elle a tenu compte des prix du fer et du cuivre par kilogramme dans le pays. Le fer est, en effet, vendu à 40 francs le kilo tandis que le cuivre est estimé à 750 francs. Approché par Al-watwan, Aboubacar Soulé, chef de la logistique, n’a pas souhaité réagir ni donner d’explications sur la facture de 21 548 000 fc.

Pour sa part, Luc Issac gérant de Southern investisment explique que tout a été fait dans le respect des textes «et je ne comprends pas du tout pourquoi on nous accuse de vols et encore moins sur quoi se base cette facture d’une vingtaine de millions». Avant d’ajouter que ce n’est pas la première fois qu’il achète de tels matériels à la Ma-mwe.

Cité dans cette affaire comme signataire de l’approbation de vente, le secrétaire général du ministère de l’Energie «a en fait été induit en erreur par certaines personnes désirant saboter cette vente pour des raisons obscures. Quand il s’en est rendu compte, il a tout arrêté», déclare un haut cadre de Ma-mwe sous couvert de l’anonymat.

Malgré de nombreuses tentatives, Al-watwan n’a pas réussi à joindre Saïd Youssouf Mohamed (Mao). A l’heure actuelle, la direction générale de Ma-mwe souhaite bien vendre les transformateurs et mener une enquête pour savoir pourquoi «on cherche à nous faire passer pour des malfaiteurs».

Abdallah Mzembaba / Alwatwan

1 commentaire sur Ma-mwe: Une opération de vente de transformateurs sème le trouble

  1. Franchement, c’est déplorable de voir des choses pareils se faire dans notre pays. Comment se fait-il qu’un tel contrat a pu se faire en l’occurrence la compensation entre les 700 000 fc cités et les 7 poteaux en bois de 9m. Par le principe comptable de la non compensation,une telle procédé ne devrait pas se réaliser. Pour ne pas donc donner une conclusion hâtive à mes propos, soit il y avait une incompétence en la matière de la part des contractants, soit il y avait une intention de fraude ladessus.

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