Madagascar: pourquoi les députés ont voté la destitution du président Par RFI

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A Madagascar, les députés ont voté la destitution du président Hery Rajaonarimampianina à une large majorité le mardi 26 mai au soir. Ils accusent le président de violations répétées de la Constitution. Cependant, lors d’une allocution télévisée ce mercredi, le président malgache a assuré qu’il était « toujours là ».

Les relations entre Hery Rajaonarimampianina et l’Assemblée nationale ont toujours été compliquées. Le président n’ayant pas de parti au moment des élections il n’a pas de représentant au Parlement et il a dû nouer des alliances très fragiles. Des alliances mises à l’épreuve lors de chaque session parlementaire par des tentatives de destitution du gouvernement.

Cette fois, les députés ont agi discrètement, mais sont allés plus loin, ils veulent faire tomber la tête de l’Exécutif. Les motifs officiels, ce sont des violations répétées de la Constitution. C’est un motif de mise en accusation du président de la République. Parmi les violations relevées par les députés, on peut citer la mise en place de la Haute Cour de justice, l’institution la seule capable de juger les chefs d’institutions en exercice. Elle aurait dû être mise en place dans les douze premiers mois du mandat présidentiel, mais elle n’a toujours pas vu le jour après dix-huit mois.

Les Assisses de la discorde

 

Autre reproche que l’on peut citer, les Assises nationales de réconciliation qui se sont clôturées il y a un peu plus de trois semaines. Le président Hery Rajaonarimampianina y avait participé. Elles étaient organisées par le conseil œcuménique des Eglises. Et dans les résolutions finales, elles prévoyaient la dissolution de l’Assemblée nationale. Pour l’instant, ces résolutions sont restées lettre morte, mais cela n’a pas plu du tout aux députés. Pour eux, c’est une violation du principe de laïcité prévu par la Constitution, mais aussi du principe de neutralité politique du président.

Il y a sans doute aussi des motifs moins juridiques, plus officieux. Certains députés ont sans doute intérêt à faire tomber le président, car le leader de leur mouvance attend derrière. On pense à Andry Rajoelina , à Marc Ravalomanana, les anciens présidents qui ne sont pas officiellement derrière cette procédure, mais ce sont des leaders qui ne cachent pas, l’un comme l’autre, leurs ambitions pour les présidentielles de 2018, et pourquoi pas pour une présidentielle anticipée.

Désormais, la balle est vraiment dans le camp de la Haute Cour constitutionnelle. On a remarqué d’ailleurs dans le discours de Hery Rajaonarimampianina qu’il n’a pas évoqué la suite de la procédure. Il n’a pas dit qu’il se soumettrait au verdict de la Haute Cour constitutionnelle. Pourtant c’est ce que tout le monde attend aujourd’hui à Madagascar. Les députés frondeurs ont déposé tout à l’heure, à 14 heures, au siège de la Haute Cour constitutionnelle leur requête, officiellement. Et c’est cette institution qui devra étudier la recevabilité et le contenu de cette requête pour prononcer ou pas, la déchéance du président de la République.

Quoi que fasse la HCC, qu’elle valide ou qu’elle rejette la déchéance, la situation est extrêmement délicate pour le président. Dans une allocution à la télévision nationale ce 27 mai, le président malgache a contesté la régularité du vote des députés appelant à sa destitution, assurant qu’il était « toujours là ». « Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées, qui ne semblent pas respecter la régularité et la légalité », a-t-il également déclaré lors de cette même allocution.

 

RFI

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