Mahamoud Mohamed Elarif : « Pour eux, Anissi est un homme à abattre parce que son parti est le parti JUWA… »

Mahamoud ELARIFEntretien exclusif,  Mahamoud Mohamed Elarif, le directeur de cabinet du gouverneur Anissi Chamsidine, revient sur la demande de la DNST d’interpeller le Gouverneur Anjouan.

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Comores-infos –  L’information circule sur le web d’une probable  demande d’interpellation du gourverneur Anissi  à son domicile de Vouvouni Ngazidja. Pouvez-vous nous éclaircir sur les raisons qui ont poussé les gendarmes à demander une arrestation du gouverneur d’Anjouan ?

Mahamoud Mohamed Elarif  Tout d’abord je voudrais dissiper la confusion qui règne autour de cette affaire : c’est le ministre de l’intérieur qui avait demandé à la DNST d’interpeller le Gouverneur Anissi Chamsidine pour l’interroger au sujet de soit disant violation des procédures d’autorisation de vol d’un avion privé qui a été loué par la mission de contrôle du chantier de construction de l’hôpital Cheikh Jassem à Hombo.

L’interpellation du Gouverneur est intervenue le soir du mercredi à son domicile de Vouvouni Ngazidja. Le Gouverneur venait de regagner Moroni après une visite de travail en Tanzanie où il était allé résoudre les problèmes auxquels sont confrontés nos jeunes étudiants qui viennent d’être admis dans les universités tanzaniennes en vertu d’un accord entre ces universités et le gouvernorat de Ndzuani.

Bien sûr que le Gouverneur, en homme averti pour ses droits, a refusé d’obtempérer et a demandé à être entendu à son domicile ou dans son bureau. Il serait reproché d’avoir voyagé dans le jet privé que le prince Saïd avait loué pour transporter la mission de contrôle technique à Anjouan.

Le jet a été bel et bien autorisé à venir aux Comores.  A son escale à Hahaya, rien n’a été reproché à l’équipage qui a subi toutes les formalités et payé tous les droits réclamés par les autorités de l’aéroport. Des agents du MIREX étaient venus accueillir la mission et faciliter  son départ pour Anjouan. Ce fut le vendredi. Mais le samedi, le directeur de l’aviation civile et la ministre des transports ont demandé aux autorités de l’aéroport d’Ouani anjouan de retenir le jet au sol. Informé, le Gouverneur avait saisi le Président Ikililou qui, semble t-il, avait ordonné de ne pas empêcher l’avion de repartir. C’est ainsi que le samedi après midi la ministre avait téléphoné au commissaire des Finances de Ndzuani pour lui rassurer que le jet pourra partir pour Dar Salam sans inquiétude.

Le dimanche matin, la même ministre téléphone à nouveau à la même autorité insulaire pour lui signifier que le jet doit d’abord se rendre à Hahaya pour pouvoir quitter les Comores. Les autorités de l’aéroport d’Ouani ont été aussi ordonnées de réquisitionner  la gendarmerie de bloquer l’avion de décoller. Seulement à ce moment là le Gouverneur était déjà installé dans l’avion et la gendarmerie, par respect du statut du Gouverneur, n’a pas réagi et c’est ainsi que l’avion est reparti pour la Tanzanie.

On se demande pourquoi l’avion devait obligatoirement se rendre d’abord à Hahaya alors que l’avion de COLAS arrive à Anjouan à partir de Madagascar et y retourne sans passer par Hahaya d’autant plus que le plan de vol déposé  par l’équipage mentionnait bien que la destination du vol était Anjouan pour repartir ensuite regagner sa base à Dar Salam.

Comores-infos –   Est-ce que vous pensez que cette humiliation est une manœuvre politique pour lui faire payer son engagement au coté de l’ancien président Sambi ?

Mahamoud Mohamed Elarif  L’humiliation et la provocation subies par le gouverneur a suscité inquiétude et indignation. Des dizaines de notables étaient venus spontanément à Dar Nadjah pour faire une prière de protection (Shidjabu) mais aussi s’informer et exprimer leur inquiétude.

Le Conseil des commissaires qui s’est tenu, comme à prévu ce jeudi matin et a déploré mais aussi dénoncé ce que le Gouverneur Anissi a enduré le mercredi soir.

Dans l’après midi, Mogni Baraka s’est rendu à Anjouan pour exprimer son indignation pour l’humiliation subie par Anissi Chamsidine mais aussi exprimer sa solidarité à son égard.

Monsieur Bolero avait téléphoné au gouverneur Anissi pour l’annoncer son déplacement à Anjouan le vendredi matin.

Au delà de l’amateurisme du ministre de l’intérieur, nous voyons une manœuvre visant à plonger l’île dans une déstabilisation politique pour pouvoir accuser Anissi Chamsidine de « Mkutruzi » et pourquoi  pas demander sa destitution par la Cour constitutionnelle. Il y a ici manipulation manifeste d’hommes naïfs  pour des petits calculs politiques. Ceux qui tirent les ficelles ne se soucient ni de la consolidation de la paix dans notre pays, ni de son développement. Au fait, ils ne sont pas du tout sereins à l’approche des échéances électorales de 2014 … En réalité, pour eux, Anissi est un homme à abattre parce que son parti est le parti JUWA connu pour être le parti fondé par l’ancien président Sambi.

Propos recueillis  pour Comores Infos

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