Mali : combats dans le centre de Gao après un nouvel attentat suicide

10 février 2013

Mali : combats dans le centre de Gao après un nouvel attentat suicide

Des islamistes faits prisonniers par des soldats maliens le 8 février 2013 à Gao ©AFP

GAO (Mali) (AFP) – (AFP)

Des combats
opposant soldats maliens et islamistes ont éclaté
dimanche après-midi dans le centre de Gao, la plus
grande ville du Nord du Mali, récemment reprise par les
militaires français et maliens aux groupes islamistes
armés, frappée par deux attentats suicides en deux jours.

Les échanges de tirs entre soldats et islamistes se
déroulaient dans le coeur même de la ville de Gao,
près du commissariat central, a constaté un
journaliste de l’AFP présent sur place.

Ces affrontements surviennent après un attentat suicide
visant dans la nuit de samedi à dimanche un poste de
contrôle à l’entrée nord de Gao, le
deuxième en deux jours.

Aucun militaire malien n’a été atteint dans
l’explosion, selon les soldats sur place.Mais la route
menant vers le nord et les villes de Bourem et Kidal a
été fermée et aucun véhicule
n’était autorisé à l’emprunter.

Trois mines antipersonnel ont aussi été
découvertes dans la zone, selon un militaire
français, qui a précisé que l’armée
allait les faire sauter dans une explosion contrôlée.

L’attentat
de vendredi avait été revendiqué par le
Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de
l’Ouest (Mujao), l’un des groupes armés qui occupait
depuis des mois le nord du Mali, y multipliant les
exactions, qui avait menacé d’attaquer des convois, de
poser des mines, et d’utiliser des « kamikazes ».

« Nous nous engageons à augmenter les attaques contre
la France et ses alliés.Nous demandons à la
population de se tenir loin des zones militaires pour
éviter les explosions », a de nouveau mis en garde
samedi le porte-parole du Mujao, Abou Walid Sahraoui.

Gao, la plus grande ville du Nord malien, située à
1.200 km de Bamako, avait été reprise le 26
janvier par les armées française et malienne aux
groupes islamistes armés liés à
Al-Qaïda, dont le Mujao.

Le Mali n’avait jamais été frappé par des
attentats suicides jusqu’à ces derniers jours.Mais les
islamistes, chassés des villes du nord qu’ils
contrôlaient depuis des mois par les frappes
aériennes françaises et la progression terrestre
de militaires français et maliens, ont visiblement
décidé de recourir à cette tactique, ainsi
qu’à la pose de mines sur les routes.

« C’est un kamikaze qui s’est fait exploser », a
déclaré dimanche un soldat malien sur les lieux de
l’attentat, à proximité d’un poste de
contrôle à l’entrée nord de Gao,
déjà visé par un attentat suicide vendredi.

La tête
de l’auteur de l’attentat, un homme arabe ou touareg, gisait
encore sur le sol dimanche matin, a constaté un
journaliste de l’AFP.A côté, un lambeau de jambe
était recouvert d’un pantalon de treillis, laissant
supposer que l’assaillant avait revêtu un uniforme pour
pouvoir s’approcher du poste de contrôle.

La sécurité du poste de contrôle avait
été fortement renforcée depuis qu’un homme
portant un uniforme de le gendarmerie malienne s’était
fait exploser vendredi à proximité, blessant
légèrement un militaire malien.

Les effectifs ont été doublés et le poste est
désormais protégé par deux murs de sacs de
sable séparés de 300 mètres.Les arbres
alentours ont été rasés pour améliorer
la visibilité et des mitrailleuses lourdes placées
en batterie.

Corps découverts dans le désert

En ville, soldats maliens et nigériens patrouillent
continuellement dans leurs pick-up camouflés,
traduisant l’inquiétude des militaires, qui prennent
très au sérieux les menaces de nouvelles attaques.

« Dès qu’on sort de plus de quelques kilomètres
de Gao, c’est dangereux, on peut se faire tirer dessus »,
a confié à l’AFP un officier malien.Selon des
sources militaires, française et maliennes, plusieurs
des villages entourant Gao sont acquis à la cause des islamistes.

Deux jeunes portant des
ceintures bourrées d’explosifs ont aussi été
arrêtés samedi matin à 20 kilomètres au
nord de Gao.

Et des mines ont été posées sur les routes
alentours : quatre civils maliens ont été tués
mercredi par une mine au passage de leur véhicule entre
Douentza (centre) et Gao.Le 31 janvier, deux soldats
maliens avaient déjà été tués dans
une explosion similaire, sur la même route.

Les deux hommes qui se sont fait sauter, de même que les
jeunes arrêtés avec leurs ceintures explosives,
appartenaient aux communautés arabe et touareg, qui
constituent la majorité des combattants des groupes islamistes.

Ces deux communautés assurent être victimes
d’exactions de la part de milices ou de soldats de
l’armée malienne, les assimilant sans distinction aux jihadistes.

Près de la ville emblématique de Tombouctou (900 km
au nord-est de Bamako), les corps de plusieurs personnes,
dont ceux de trois commerçants arabes récemment
arrêtés par l’armée malienne, ont
été découverts vendredi ensevelis dans le
désert, selon l’agence d’informations en ligne
mauritanienne ANI.

Tombouctou a été reprise le 28 janvier, sans
combats, par les soldats français et maliens aux
islamistes qui l’ont occupé pendant des mois, y
commettant de nombreux crimes.

L’aviation française a bombardé dimanche matin un
bâtiment abritant des véhicules et des
équipements d’un groupe islamiste à Gourma
Rharours, à 165 km de Tombouctou, sur la route qui
mène à Bourem, selon un élu de la région
joint par l’AFP.



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