Mali : l’Afrique de l’Ouest réunie pour valider un plan d’intervention armée

11 novembre 2012

Mali : l’Afrique de l’Ouest réunie pour valider un plan d’intervention armée

Réunion des chefs d’état-major des Etats d’Afrique de l’Ouest sur le Mali, le 6 novembre 2012 à Bamako ©AFP

ABUJA (AFP) – (AFP)

Le
président nigérian Goodluck Jonathan a
affirmé dimanche à Abuja que l’option militaire
contre les islamistes armés était nécessaire
au Mali pour éviter des
« conséquences dommageables » pour l’ensemble de
l’Afrique, en ouverture d’un sommet extraordinaire des
dirigeants africains.

Les responsables des quinze pays de la Communauté
économique des Etats d’Afrique de l’Ouest
(Cédéao), ainsi que d’autres pays africains dont
la Mauritanie et l’Algérie, doivent approuver un projet
qui sera transmis au Conseil de sécurité de l’ONU,
via l’Union africaine, avant la fin novembre.

« Cette intervention s’appuiera sur une
résolution de l’ONU (…) pour chasser les rebelles et
les anarchistes qui ont transformé le nord du pays en
une zone de non-droit.Nous devons le faire pour éviter
des conséquences dommageables, non seulement pour le
Mali mais pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et
l’Afrique tout entière », a-t-il déclaré.

Le nord du Mali est occupé depuis plus de sept mois par
des groupes islamistes armés.

Le projet que doivent valider les dirigeants africains,
finalisé vendredi à Abuja par les ministres de la
Défense et des Affaires étrangères
ouest-africains, prévoit le déploiement d’une
force de 5.500 soldats qui inclurait des ressortissants de
pays africains hors Cédéao, selon une source au
sein de l’organisation.

Le
président ivoirien Alassane Ouattara, président en
exercice de la Cédéao, a demandé de son
côté une intensification des efforts pour parvenir
à une solution négociée qui pourrait
permettre une intervention militaire mieux ciblée pour
frapper les « terroristes ».

 « Nous devons accélérer la résolution
de la crise au Mali et au Sahel , a-t-il déclaré. »La marche vers une solution politique
négociée nous permettra de conduire une
intervention militaire apaisée et de mieux identifier
les cibles et les terroristes à combattre. »

Soutien de l’Europe

L’Algérie, acteur régional clé et
traditionnellement hostile à toute intervention, est
représentée par Abdelkader Messahel, ministre
délégué chargé des Affaires
maghrébines et africaines.La Mauritanie, autre voisin
du Mali qui a pour le moment refusé de participer
à une intervention, a envoyé son ministre des
Affaires étrangères, Hamady Ould Hamady.La Libye
est aussi représentée, selon un porte-parole de la Cédéao.

Le Maroc, quant à lui, est représenté par
Youssef El Amrani, ministré délégué aux
Affaires étrangères.

 Vendredi, les ministres ouest-africains réunis
à Abuja avaient souligné que le dialogue restait
l’option favorite dans la résolution de la crise
malienne, mais que les discussions ne seraient pas « sans fin ».

« Il faut
maintenir la pression au maximum avec un montée en
puissance du plan d’intervention militaire.Tout le monde
souhaite que l’intervention ne vise que les terroristes (
…) notre option préférée reste le
dialogue », a déclaré à l’AFP avant le
sommet, le représentant spécial de l’ONU pour
l’Afrique de l’Ouest, Saïd Djinit.

De leur côté, les Européens soutiennent les
initiatives régionales africaines, mais ont
jusqu’à présent affirmé qu’ils n’enverraient
pas de troupes destinées à combattre sur le sol
malien, que l’option militaire ne devait être
envisagée qu’en « dernier ressort », mais qu’ils
étaient prêts à un soutien logistique et d’encadrement.

Le président français François Hollande a
réaffirmé dimanche que la France n’interviendrait
pas directement au Mali mais aurait « le devoir »
d’être aux côtés des Africains s’ils
décidaient d’une opération militaire pour chasser
les groupes islamistes armés du nord du pays.

Les ministres de la Défense et des Affaires
étrangères de cinq pays européens – France,
Allemagne, Italie, Pologne et Espagne – doivent se
réunir jeudi prochain à Paris pour discuter de la
mise sur pied d’une mission européenne
d’entraînement, qui compterait au moins 200 soldats.

Le Mali, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, est plongé
dans le chaos depuis le coup d’État militaire qui a
renversé en mars 2012 le président Amadou Toumani
Touré.Profitant de l’anarchie, des rebelles Touareg
alliés à des shamanistes ont pris le contrôle
du Nord désertique.

Trois groupes islamistes contrôlent entièrement ce
vaste territoire depuis la fin juin : Al-Qaïda au
Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine et le Mouvement pour
l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Ils y imposent la charia (loi islamique) avec rigueur :
lapidations de couples non mariés, amputations de
présumés voleurs, coups de fouets au buveurs
d’alcool et aux fumeurs.Ils y commettent aussi de
nombreuses exactions.



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