Mali : l’Afrique de l’Ouest se dit "prête" à intervenir en dépit des doutes

13 novembre 2012

Mali : l’Afrique de l’Ouest se dit « prête » à intervenir en dépit des doutes

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Le président de la Commission de la Cédéao, Kadré Désiré Ouedraogo, le 9 novembre 2012 à Abuja ©AFP

PARIS (AFP) – (AFP)

Des
dirigeants ouest-africains ont insisté mardi sur
l’imminence d’une intervention pour reprendre le nord du
Mali aux islamistes armés, affirmant
que l’armée malienne et les pays de la zone
étaient « prêts » pour cette
opération qui soulève pourtant des interrogations.

« La force est tout à fait prête.Lorsque l’Onu
donnera son feu vert, le déploiement pourra commencer
immédiatement », a affirmé à des
journalistes Kadré Désiré Ouedraogo,
président de la Commission de la Cédéao
(Communauté économique des Etats d’Afrique de
l’Ouest), en marge d’une table ronde sur le Niger à Paris.

Dimanche, à Abuja, les dirigeants d’Afrique de l’Ouest
ont approuvé l’envoi d’une force militaire
internationale de 3.300 soldats pour une durée d’un an
afin de reconquérir le nord du Mali, sous la coupe de
groupes islamistes armés.Leur plan doit être
transmis avant la fin novembre au Conseil de
sécurité de l’ONU, qui doit ensuite autoriser
l’intervention armée. 

L’Union africaine a approuvé cette
opération, a annoncé mardi le commissaire
à la Paix et à la Sécurité de
l’organisation, Ramtane Lamamra. Il a ajouté que
l’UA recommandait vivement au Conseil de sécurité
des Nations unies « d’autoriser ce plan de
déploiement de la force pour une durée d’un an ».

« Je ne peux pas parler de délai de rigueur pour le
déploiement » de la force, a cependant
déclaré mardi à Ouagadougou le
représentant de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Saïd
Djinnit. »L’option préférée par tous,
aussi bien par la Cédéao et par l’Union africaine
que par les Nations unies, c’est l’option du dialogue, et
nous souhaitons qu’il ait lieu le plus rapidement
possible », a-t-il dit.

En
dépit du volontarisme affiché, de nombreuses
questions subsistent sur les délais nécessaires
à la mise sur pied de la force, sur sa composition, et
sur le consensus réel des pays de la zone concernant la
nécessité d’une intervention armée au Mali.

M. Ouedraogo et le président nigérien Mahamadou
Issoufou se sont évertués à balayer les interrogations.

 « On n’a pas le choix, il
faut intervenir », a réitéré
M. Issoufou, dont le pays pourrait envoyer plus
de 500 soldats au Mali voisin.

« Il y a une convergence parfaite au niveau de la
Cédéao, de l’Afrique, et de toute la
communauté internationale sur ce qu’il faut faire pour
résoudre la crise.Ce n’était pas le cas il y a
quelques mois, et c’est une grande victoire », a-t-il
assuré à des journalistes.

Intervention « par phases »

Puissance régionale incontournable mais réticente
à une intervention internationale à ses portes,
l’Algérie a même promis qu’elle « fermerait ses
frontières » en cas d’opération, pour priver
les groupes armés de toute base arrière, a
affirmé M. Ouedraogo.Alger a indiqué mardi soir
qu’il prendrait « les mesures appropriées » pour
assurer la défense de ses intérêts et la
protection « maximale » de ses frontières.

Pays africains et occidentaux pensent avoir obtenu si ce
n’est le soutien, du moins l’accord d’Alger à une
intervention militaire, malgré les déclarations
répétées de responsables algériens sur
la possibilité d’une solution politique à la crise.

Concernant le calendrier, « les Etats sont prêts
à envoyer leur contingent », a assuré M.
Issoufou, citant notamment le Nigeria, le Niger, le Burkina
Faso, le Sénégal, le Togo et le Bénin.L’armée malienne « peut être rapidement en
mesure de combattre », a renchéri M. Ouedraogo.

Selon lui, l’intervention se fera « par phases ». »On n’a pas besoin de déployer toute la force en
même temps, ce n’est pas une guerre classique.Il y
aura des opérations spéciales », a-t-il dit.

Concernant le soutien logistique des pays occidentaux, et
notamment de la France, il a déclaré : « Nous
avons demandé un soutien aérien.Tous nos
partenaires, la France entre autres, ont promis leur
soutien ».L’éventualité de frappes
aériennes « dépendra des difficultés sur
le terrain », a-t-il précisé.

Mais, à Paris, le président François Hollande
a écarté cette éventualité.La France
n’interviendra « en aucun cas » elle-même au
Mali, a affirmé le président français
lors d’une conférence de presse, rappelant que Paris
s’était engagé à « soutenir
logistiquement » les pays africains pour mettre un terme
à l’occupation du nord du Mali par des « groupes terroristes ».

Le ministre français de la Défense Jean-Yves
Le Drian avait déjà écarté cette éventualité.



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