Manifeste du Mouvement du 11 août 2015 : des assises nationales avant les élections

La genèse
Le Mouvement du 11 Aout 2015 a pour origine : la digne réaction de la jeunesse comorienne lors des 9èmes Jeux des Iles de l’Océan Indien(JIOI).

A La Réunion, lors de la cérémonie d’ouverture de ces jeux, la France a cru pouvoir piétiner la charte des JIOI, dans une énième tentative de valider subrepticement son annexion de l’île comorienne de Mayotte, en dépit du droit international. C’était sans compter sur l’esprit patriotique des athlètes comoriens, de leur encadrement et sur l’appui du gouvernement.

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Si l’Etat comorien, par souci d’apaisement, a opté pour les mesures diplomatiques classiques envers l’Etat français, le peuple s’est rassemblé le 11 aout à la symbolique place de l’indépendance pour honorer le patriotisme de sa jeunesse.

Porté par cet élan, Monsieur Ali Bazi Selim, un doyen infatigable de la politique, chargé de passé et ouvert à l’avenir, a lancé un vibrant appel à un sursaut national soulignant que le pays est au bord de l’abîme, qu’il doit par conséquent se rassembler et se parler avant la tenue des élections. Ainsi naquit le Mouvement du 11 août 2015 autour de la revendication fondamentale :

DES ASSISES NATIONALES AVANT LES ELECTIONS

Le pays est à la croisée des chemins

Est-il possible de continuer cette descente aux enfers du pays sans un bilan des 40 ans d’indépendance? Cette analyse n’a pas été faite durant la célébration du 40ème anniversaire de l’indépendance le 6 juillet 2015. La perspective des élections après le tour de Ngazidja, Ndzuani et Mwali offre l’opportunité de se rattraper. D’autant que les textes fondamentaux du pays le recommandent. La loi organique N° 10-015 du 06 septembre 2010 qui institua l’ordre de la Tournante avait à juste titre situé Maore après Mwali. Un pays de droit peut-il ignorer cette disposition sans se renier ? Il convient enfin de rappeler que l’accord de Fomboni de 2001 instituant le Nouvel Ensemble Comorien et introduisant la Tournante dans le mode de fonctionnement du pays, avait préconisé un bilan de la Tournanteaprès un tour complet avec ou sans Maore.

Les assises nationales s’inscrivent dans cette perspective et sont tout à fait compatibles avec le calendrier électoral proposé par la CENI.

Les enjeux
• Le pays est devenu extrêmement vulnérable du fait :
o D’une crise économique et sociale sans précédent produit par des pratiques généralisées et persistantes de corruption et de dilapidation des deniers publics

o De la perspective de ressources nouvelles susceptibles d’attiser nombre de convoitises et d’exacerber les tensions existantes
o D’institutions discréditées du fait de leur incapacité à apporter des réponses aux problèmes de subsistance quotidienne de la population (éducation, santé, électricité et eau, infrastructures de base, etc.)
o D’un sens du service à la nation galvaudé, ne respectant aucun critère d’intégrité ni de compétence ni de sens de l’Etat

• Le pays doit faire face à des menaces sur son existence même

o Menaces sur l’unité nationale qui ont pour nom : indépendance inachevée, question de l’ile comorienne de Mayotte, montée du séparatisme insulaire.
o Menaces sur la cohésion nationale qui traduisent l’absence de valeurs communes, la dégradation des usages et coutumes du pays.

o Menaces induites par une situation internationale dangereuse qui ont pour nom : terrorisme, réchauffement climatique de la planète, effets pervers de la mondialisation.

L’orientation du Mouvement

Les assises nationales seront celles de toutes les Organisations comoriennes et de toutes les Institutions de l’Etat comorien sans aucune exclusive. Elles doivent examiner l’ensemble des questions clé qui pèsent sur le devenir du pays et dessiner une nouvelle voie. Elles devraient s’articuler autour de deux grandes lignes :

Vérité et réconciliation

Le dernier acte national impliquant les quatre iles fut la consultation du 22 décembre 1974 qui consacra la volonté du pays d’accéder à son indépendance. Depuis Maore s’est éloigné, les coups d’Etat se sont multipliés, le recours aux mercenaires devint la règle, le séparatisme a pris des proportions insensées, la gestion du pays devint chaotique marquée par la corruption, le clientélisme, l’irresponsabilité et l’impunité. Il faut nous rassembler, nous dire la vérité, gratter les plaies, dénoncer les maux qui rongent le pays, poser des nouvelles bases et nous réconcilier autour d’elles.

Renaissance du pays

Il faut tirer les leçons des quarante ans d’indépendance : changer de cap dans la conduite des affaires du pays ; promouvoir une bonne gouvernance; définir un nouveau type de citoyenneté ; valoriser l’apport substantiel des Comoriens de l’extérieur afin de bâtir un Etat capable de résoudre les problèmes quotidiens de la population, d’offrir des perspectives aux jeunes et faire des Comores, un pays digne tourné vers le développement.

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Moroni le 05 septembre 2015

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