Marché public: L’Onicor dans le viseur de l’inspection Générale des Finances

En juin 2016, la société disposait de deux contrats en date de 2014 de 140 mille tonnes de riz. Mais les députés avaient raté le coche pour évoquer la question des pratiques d’appel d’offres dans ce marché de centaine de millions de francs. L’Onicor, comme l’avait souligné la cour suprême, a longtemps trainé la réputation moins reluisante de mise en concurrence de façade, très souvent décriée par  des nombreux opérateurs.

 

Reçue mardi 22 août dernier par le président Azali, l’Inspection Générale des Finances (IGF) conduite par le ministre des Finances publiques, Saïd Ali Chayhane, a informé au chef de l’État comorien qu’elle s’intéresse au cas de la gestion de l’Onicor (l’Office national d’importation et de commercialisation du riz), parmi d’autres dossiers sous le viseur de l’organe de contrôle du ministère des finances. Parmi les dossiers que nos inspecteurs devraient s’y attarder devrait être au-delà de l’évaluation des comptes de l’office public, la partie concernant les pratiques de passations d’appel d’offres des marchés publics, véritable talon d’Achille de cette structure dirigée très souvent par d’hommes très proches des chefs d’État successifs. Pour le Président de la République « L’inspection générale des finances est une structure névralgique de notre pays, notamment auprès des bailleurs et il attend de cette institution de la rigueur et de la discipline », a fait savoir le président de la République au cours de la réception, comme rapporté par le service de communication de Beit Salam.

 

Une situation qui date et continue de perdurer. Un rapport de la Section des comptes de la Cour suprême des Comores, effectué dans le cadre des contrôles et des vérifications des comptes de l’Onicor, avait révélé que « depuis 2009, la procédure d’appel d’offres n’est pas respectée. L’approvisionnement du riz ordinaire est assuré par un fournisseur étranger domicilié à Abu Dhabi, bénéficiant d’un marché de gré à gré conclu avec le Directeur Général. Le paiement des cargaisons se fait sur présentation de la seule facture établie par le fournisseur au débarquement du produit au port de Moroni.»

 

Au mois de mars dernier, les députés avaient auditionné le patron de l’Onicor, pendant deux heures, sur la gestion, la sécurité et l’avenir de l’entreprise publique.  Et Ali Azhar Ahmed, le tout nouveau directeur général, avait sèchement déclaré devant les élus que « l’Onicor était au bord du précipice.»

Une déclaration qui laisse dubitatif et aux antipodes de ce qu’avait soutenu son prédécesseur, Aladine Daroumi, qui avait parlait, lors de la passation des services au mois de juin dernier, d’une société en bonne santé financière mais qui «revient de loin ».

A en croire aux confidences du nouveau patron de l’Onicor devant les élus, En juin 2016, la société disposait de deux contrats en date de 2014 de 140 mille tonnes de riz. Mais les députés avaient raté le coche pour évoquer la question des pratiques d’appel d’offres dans ce marché de centaine de millions de francs. L’Onicor, comme l’avait souligné la cour suprême, a longtemps trainé la réputation moins reluisante de mise en concurrence de façade, très souvent décriée par des nombreux opérateurs.

Une pratique qui aurait toujours cours à l’office national. Pour preuve, jusqu’au mois de février dernier aucun plan de passation de l’Onicor n’avait atterri à la Direction nationale de contrôle des marchés et délégation des services publics (une tendance observée ces derniers temps chez la plupart des autorités contractantes).

Enfin, malgré une contestation du monopole de l’État sur l’importation et la commercialisation du riz ordinaire, l’Office national lorgne, de l’aveu de son directeur général devant les députés, sur le marché libéralisé du riz de luxe.

Pour rappel l’Office National d’Importation et de Commercialisation du Riz a été créé par la loi n° 82- 017/AF du 13 août 1982 est un établissement public à caractère Industriel et Commercial (EPIC), doté de l’autonomie financière. Il est placé sous la tutelle technique du Ministre chargé de l’Économie et du Commerce Extérieur. Il assure un monopole d’État sur l’importation et la commercialisation du riz ordinaire sur l’ensemble du territoire national.

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