« Maternité sans risque », version El-Maarouf aux Comores, une femme échappe de peu à la mort

« Maternité sans risque », version El-Maarouf
Une jeune femme de Djongwe et son bébé, Tidjara Ahamada , ont failli perdre la vie samedi à cause de la énième négligence d’El-Maarouf.
Comme son accouchement présentait des complications, (placenta placé avant le bébé), la jeune maman avait été transférée à Moroni par le Centre médical de Mitsamiouli.
Le gynécologue de garde à El-Maarouf, le dr Chakour, décide alors de l’opérer.
Malheureusement, la famille de la jeune femme n’est pas en mesure d’acheter en pharmacie les médicaments et autres petits matériels nécessaires à l’opération d’une valeur totale de 120 euros. ( sérums, cathéter, anti biotiques, compresses, bandes etc…)
« Les gens aiment bien accuser les médecins ici. Vous voyez bien que je suis venu opérer cette femme mais je ne peux le faire avec les mains nues. Cette femme et son bébé risquent de mourir. Ce ne sera pas la faute du médecin. Vous voyez bien que je suis là » fulmine le praticien devant un groupe de personnes venues aux nouvelles.
Prise de pitié, une jeune femme en poste à la maternité engage sa responsabilité dans une pharmacie pour avoir les médicaments et le petit matériel. Puis, la sage-femme de garde appelle de nouveau le médecin qui arrive aussitôt. Nouvelle surprise : l’intervention ne peut pas avoir lieu faute de masque à oxygène.
Tout l’hôpital compte un seul masque. Et il était en train d’être utilisé au bloc opératoire d’en face dans le cadre d’une autre intervention d’urgence du dr Ahmed Abdallah.
Il fallait donc attendre que ce médecin ait fini pour que le dr Chakour puisse opérer la jeune maman.
Au total, elle a donc dû attendre près de six heures avant d’être sauvée.
On apprend que le bureau de l’UNFPA veut bien fournir des kits d’accouchement et de césarienne mais il a dû stopper les livraisons. La cause : l’argent issu des ventes d’un premier lot de kits, précédemment remis à El-Maarouf, a disparu et n’a jamais servi à ouvrir un compte bancaire spécial destiné à soutenir le service de la maternité comme convenu.
C’est dire que le slogan de « la maternité sans risque » sonne comme un leurre pour de nombreuses femmes comoriennes.


Ali Moindjié

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