Mauritanie : un jihadiste français présumé entendu par la police

23 novembre 2012

Mauritanie : un jihadiste français présumé entendu par la police

La grande mosquée de Nouakchott ©AFP

NOUAKCHOTT (AFP) – (AFP)

Un
jihadiste français présumé était entendu
vendredi par la police à Nouakchott, trois jours
après son arrestation près de la frontière
mauritanienne avec le nord du Mali occupé par des
islamistes armés, où il semblait vouloir se
rendre, a appris l’AFP de source policière mauritanienne.

A Paris, le porte-parole du ministère des Affaires
étrangères Philippe Lalliot a confirmé cette
arrestation lors d’un point de presse. »On est en
contact avec les autorités mauritaniennes qui l’ont
arrêté », a-t-il dit.

L’homme, âgé d’une quarantaine d’années, a
été arrêté mardi à Néma
(sud-est de la Mauritanie), ville proche de la
frontière avec le nord du Mali et serait entré en
Mauritanie via le Maroc, selon la source policière mauritanienne.

Il a depuis été transféré à
Nouakchott où la police l’interroge sur « ses
intentions réelles, le but de son voyage et ses liens
présumés avec les jihadistes d’Aqmi », Al
Qaïda au Maghreb islamique, un des trois groupes
islamistes armés qui occupent le nord du Mali, a
ajouté cette source.

« Le seul fait pour un Français au teint clair de
vouloir se rendre en Azawad (nord du Mali) par les temps qui
courent est déjà suffisant comme motif de
suspicion pour les forces de l’ordre », selon la
même source.

Elle a estimé que « même s’il était un
homme normal, sans attache avec les terroristes, il
était de notre devoir de l’empêcher de continuer
son projet » de se rendre à Tombouctou, ville du
nord-ouest du Mali contrôlée par Aqmi.

Au moins trois ressortissants français sont dans les
rangs d’Aqmi dans le nord du Mali, selon des sources
sécuritaires régionales.

Le 3 novembre, Ibrahim Aziz Ouattara, un Franco-malien de 24
ans, a été arrêté à
Sévaré, dans le centre du Mali, et
transféré à Bamako.Il souhaitait rejoindre
les islamistes dans le nord du Mali et le parquet de Paris a
ouvert une enquête.

Un autre Français, connu comme Abdel Jelil, mais dont le
vrai nom est Gilles Le Guen, selon des sources
sécuritaires, membre depuis plusieurs mois d’Aqmi et
résidant à Tombouctou, a été
arrêté et emprisonné il y a deux semaines par
ce groupe armé islamiste.

En août, un autre Français, Cédric Lobo, 27
ans, avait été arrêté à Niamey
cette fois, par les autorités nigériennes alors
qu’il espérait rejoindre Tombouctou, selon une source
judiciaire à Paris.

Expulsé vers la France, il avait été mis en
examen fin août pour « association de malfaiteurs en
vue d’une entreprise terroriste » par le juge Marc
Trévidic, puis placé en détention provisoire.

Trois groupes islamistes armés occupent totalement le
nord du Mali depuis fin juin : Aqmi, Ansar Dine
(Défenseurs de l’islam) et le Mouvement pour
l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Ils y imposent la charia (loi islamique) avec une
extrême rigueur, (lapidations de couples non
mariés, amputations de présumés voleurs,
coups de fouets au buveurs d’alcool et aux fumeurs) et y
commettent de nombreuses exactions et destructions de
monuments sacrés.

Des sources sécuritaires régionales ont
affirmé début novembre à l’AFP que des
« dizaines » de jeunes Européens et Africains
vivant en Europe, ralliaient ou tentaient de rallier ces
groupes pour combattre à leur côté dans le Nord.

Une force armée internationale, composée de soldats
africains soutenus logistiquement par des pays occidentaux,
est en préparation pour intervenir, avec l’aval de
l’ONU, dans le nord du Mali afin d’en chasser les groupes
armés islamistes.



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