Mayotte:EDUCATION – RENTRÉE 2012 : »IL MANQUE DES PROFS ! »

L’Education Nationale, qui doit résorber à MAYOTTE les difficultés de beaucoup d’élèves, est la victime des émeutes de fin d’année qui ont fait fuir beaucoup d’enseignants. L’Etat continue parallèlement ses investissements en collèges et lycées.

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François COUX: « Nous mettons tout en oeuvre pour réduire les rotations d’élèves par classe dans le premier degré »

Une stabilité des élèves en élémentaire, voilà à peu près la seule nouveauté de la rentrée 2012 à MAYOTTE. Et c’est une sacrée première ! Qui porte la croissance des effectifs à « seulement » 2,3% dans le 1er degré. Ce ralentissement n’a pas été étayé d’explications par l’équipe du vice-rectorat.

Sinon, le gros beug est bien entendu celui de la défection en enseignants dans le secondaire, et même si le vice-recteur, tout nouveau, François Coux, s’interroge sur une possible crise structurelle, les manifestations de fin d’année 2011 en sont bien sûr la première cause. Il manque donc encore une quarantaine d’enseignants dans le secondaire, alors qu’une armée de contractuels (20% cette année) est venue pallier les absences d’enseignants de niveau Bac+5. Des contractuels à qui le chef d’établissement demande souvent de prendre en charge des heures d’une matière qui n’a rien à voir avec la leur. Sans passage devant monsieur l’inspecteur !!

Fait qui n’arrange rien, le vice-rectorat a choisi depuis un an, de casser les classes de niveau : « c’est une bonne chose pour équilibrer les classes » énonce doctement François Coux. Si le sujet fait débat en Métropole, il peut sembler ici incongru, le niveau scolaire étant tiré vers le bas par un simple manque de maîtrise de la langue française, et une pauvreté qui empêche plus d’un enfant de travailler le soir dans de bonnes conditions.

Les meilleurs élèves ont donc pour certains déjà quitté MAYOTTE, leurs parents étant persuadés que ce n’est pas à leur progéniture de solutionner le problème de l’apprentissage du français. Et le niveau général aux examens s’en est ressenti en juin, avec un taux de réussite moindre que les autres années. « Il y a sans doute un juste milieu à trouver » convient le vice recteur.

Sinon, une nouvelle loi d’orientation et de programmation pour l’école est en préparation et « sera la colonne vertébrale de la refondation de l’école. Elle sera présentée au Parlement au début de l’exercice 2013 ».

Elle donne quatre orientations : la réussite scolaire pour tous…, les élèves au coeur de la refondation, un système éducatif juste et efficace, des personnels formés et reconnus… Pour l’Education Nationale, ce programme ambitieux passe par « la maîtrise d’un socle de connaissance commun à tous et par la réforme du lycée ».

Le projet académique traduit tout cela de manière pragmatique pour MAYOTTE : réussir sa scolarité, affirmer ses ambitions, accompagner les évolutions.

Des moyens supplémentaires sont apportés avec notamment 10 postes d’enseignants dans le 1er degré, 27 d’assistants d’éducation, 10 d’assistants de scolarisation, ce qui porte à 308 millions d’euros le budget 2012. Le nombre d’élèves en Section générale et professionnelle adaptée (SEGPA) a presque doublé, nécessitant l’ouverture de 18 nouvelles divisions et une Unité Localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) est ouverte au collège au nom poétique de K1.

Les prochains établissements à sortir de terre, démographie et immigration nécessitant, sont un nouveau lycée à Mamoudzou, le collège de Kwalé dont le budget est bouclé mais en attente d’une solution sur le foncier et le collège de Majicavo.

« Seul un travail sur l’attractivité du territoire, sur l’image donnée de MAYOTTE en Métropole permettra d’accueillir des professeurs en nombre suffisant » concluait François Coux.

Annette LAFOND – Malango Actualité

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