MEDIAS: le quotidien « La Gazette » menacé de disparaître ?

​Depuis deux semaines le quotidien La Gazette des Comores a cessé de paraître. Selon un confrère du journal joint jeudi par Comores infos, le quotidien aurait des soucis financiers. Les abonnements du gouvernement qui représentent prêt de 55% des revenus du journal indépendant des Comores, ne sont pas honorés. Une dette de 3 ans d’impayés. 6 mois de salaire non-versé, serait la somme que les journalistes réclament à la direction.

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La nouvelle n’est connue à Anjouan que tardivement par le biais des réseaux sociaux. La Gazette n’étant pas distribué régulièrement sur l’île probablement pour des raisons budgétaires et organisationnelles selon des sources proches du plus vieux quotidien indépendant des Comores. 

La situation de La Gazette reflète l’image de la mauvaise santé des libertés fondamentales du citoyen comorien. Plusieurs titres ont déjà payé les frais dans la passée. « La presse écrite va mal dans tous les pays. Chez nous c’est pire : étroitesse du lectorat, institutions ne payant pas régulièrement leurs factures, publicités au compte-goutte, impression hors prix, absence de subvention de l’Etat. Plusieurs titres ont disparu. D’autres comme l’Archipel, la Tribune des Comores, … ne paraissent qu’épisodiquement. » s’insurgeait mercredi Idriss Mohamed un blogueur – lanceur d’alerte qui regrette aussi du fait que cette disparition silencieuse de la presse comorienne ne suscite aucun élan de solidarité et d’intéressement que ça soit du côté des autorités que des institutions spécialisées de la profession ou des professionnels. « Aucune solidarité de la profession ! Et pourtant il existe une organisation de la presse écrite. Quelle est sa position sur cette grève ? (…) La grève passe inaperçu. AL WATWAN, le confrère n’en a soufflé aucun mot. Je n’ai lu aucun post sur la question dans FB. Grève non médiatisée donc. Grève qui ne gêne personne en dehors des concernés : le DG du Journal et les grévistes. (…) allons-nous assister impassible à la disparition progressive de la presse privée ? » s’interroge Idriss.

Un état plutôt liberticide…

La dernière sortie médiatique du ministre de l’information devant des officiers de la police à Moroni ne prédise rien de bon pour les médias. Le ministre dit partir en guerre contre les stations radios irrégulières. Elles seront, selon ses mots, tout simplement « fermées ». Aucune mesure d’accompagnement préalable à la régularisation, aucune promesse d’appui aux radios dites « régulières » aucune nouvelle non plus du fond d’appui et de solidarité aux Médias, pourtant largement débattu, institué et placé sous la tutelle du CNPA (Conseil National de la Presse et de l’Audiovisuel), lors des Etats Généraux de la Presse de juillet 2009.

De l’avis certains confrères à Moroni, La substitution du ministre aux organes de gestion et de régulation de la profession et la gestion sans partage de l’état des médias publiques annoncent bien les couleurs de la politique gouvernementale en matière de liberté d’information.

Pour avoir bénéficié des retombés d’une information plurielle et démocratique, le gouvernement Azali 1 se sentirait-il plutôt bien à l’aise dans ses costumes liberticides et de non-assistance à une profession en danger ? 

KAY, Comores infos 

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