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Mliva, secrétaire général de la Mouvance présidentielle : « La division amène à la défaite et le rassemblement amène à la victoire »

Le sort de la mouvance en général, le refus du parti Orange de se dissoudre en faveur du parti unique prôné par la CRC, 2021, un tour d’horizon sur l’actualité avec le secrétaire général de la Mouvance présidentielle.

Question : Vous êtes le secrétaire général de la mouvance présidentielle, l’on constate un silence radio depuis les législatives de janvier. Que se passe-t-il ?

Ali Mliva Youssouf : Je tiens à réaffirmer en tant que secrétaire général qu’effectivement la Mouvance traverse une zone de turbulence actuellement. Cette situation a déstabilisé quelque part l’élan par lequel nous lui avons manifesté dès sa création en soutenant l’action du chef de l’État tel que la tenue des Assises nationales, l’organisation de l’élection référendaire, la double élection présidentielle et gubernatoriale. La Mouvance s’est réunie à parler comme un seul homme, en s’inscrivant dans la démarche du chef de l’État qui consiste à aller dans ces élections ensemble. C’est ce qui malheureusement n’a pas pu avoir lieu lors des dernières élections législatives et communales. Cette démarche a été voulue par le chef de l’Etat ainsi que l’ensemble des partis de la Mouvance exceptée, j’ose le dire, la CRC. Donc, au-delà de l’acceptation par la CRC d’aller ensemble ou de ne pas aller ensemble, il y a eu beaucoup de chamboulements au cours de la préparation. C’est ce qui a poussé un certain nombre de leaders à manifester ce mécontentement peut-être justifié ou pas mais au demeurant, cette situation a plombé quelque part l’élan qui était celui d’être ensemble, de s’unir autour du chef de l’État, d’accompagner son action jusqu’au terme de son mandat en 2024. En ma qualité de secrétaire général j’ai entrepris depuis deux semaines une démarche qui consiste à consulter les leaders politiques de la Mouvance. Ce sont des rencontres individuelles que je mène pour appréhender l’État d’esprit de ces leaders-là, de voir comment ensemble nous allons dépasser certains malentendus et nous projeter vers l’avenir tout en étant derrière le chef de l’État. Ces rencontres vont déboucher sur une réunion où tout le monde va s’assoir et débattre le devenir politique de l’AMP.

Question : Le secrétaire général de la Crc a invité les opposants qui seraient tentés de réclamer 2021 de rédiger leur testament. Ces propos sont dénoncés du côté de l’opposition et de la société civile. Quelle est votre position ?

AMY: Je ne me souscris pas à cette déclaration. Ce ne sont pas des propos que nous avons l’habitude d’entendre dans notre société, bien que l’auteur qui est en l’occurrence le directeur de cabinet du chef de l’Etat, s’est ravisé tout de suite après pour reconnaitre qu’il a eu un excès de langage. Ça se comprend lorsqu’on est face aux médias. S’agissant de 2021 proprement dit, je pense qu’il ne faut pas se tromper et ne pas tromper les Comoriens. 2021, c’est un problème réglé parce qu’il y a eu les reformes dont le pays avait besoin. Je rappelle que c’est Sambi qui a ouvert le bal de la réforme de la Constitution.

Question : Le parti Orange refuse de se dissoudre en faveur du parti unique voulu par la CRC. Ne trouvez-vous pas que cela met à mal les ambitions du chef de l’État ?

AMY: Comme je l’ai dit précédemment les entretiens que j’ai commencé à avoir de façon séparée avec les leaders formant la Mouvance présidentielle que j’ai rencontrés jusque-là, ont tous malgré quelques interrogations, réaffirmé être derrière l’action du chef de l’État mais il y a des choses à revoir. Effectivement, j’ai entendu l’appel lancé par le secrétaire général de la CRC, qui a appelé les partis à rejoindre la CRC et j’ai lu dans votre journal aussi la réplique du parti Orange disant qu’ils ne souscrivent pas dans cette démarche. Pour moi la question n’est pas de rejoindre ou pas la CRC. Nous ne pouvons pas avoir un régime sans un levier politique fort, or qu’aujourd’hui on veut nous faire croire que le rassemblement qui a eu lieu et qui a porté ses fruits avant et pendant les assises nationales ainsi que le referendum, ne sert à rien. Je retrouve tout cela très dommage. La question qu’aujourd’hui je me pose c’est comment renforcer ce rassemblement, comment appeler encore d’autres personnes à nous rejoindre et à comprendre que l’idéal c’est d’être derrière le chef de l’État et de le soutenir et de porter le pays vers l’émergence. Peut-être cette question-là doit-elle nous interpeller, nous en tant que politiques sinon on risque de nous amener à la défaite. Pourquoi ? Parce que tout simplement la division amène à la défaite et le rassemblement amène à la victoire. C’est ce que j’ai compris de ma modeste vie politique. Fusionner les mouvements politiques en un seul parti, oui cela peut se faire mais maintenant c’est de se dire si l’idéal c’est de rester tels que nous sommes, ou de nous unir autour d’un grand mouvement politique à l’instar de l’ANC de l’Afrique du Sud ou de Shama Sha Mapinduzi de la Tanzanie. On sait qu’ils gouvernent leur pays depuis belle lurette avec une assise vraiment politique et une organisation tellement affinée, ancrée dans les régions, dans les villes…Voilà les questions qu’il faut se poser sans vouloir rentrer dans les jeux de créer ou de ne pas créer un grand parti ou un petit parti.

Propos recueillis par TM/ LGDC

La Rédaction

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