Mohamed Said Athoumane, grand cadi de Moroni : Aux sources du savoir

«Le métier de grand Cadi n’est pas du tout facile, notre principale mission consiste à contrôler les mariages, surtout au niveau de la capitale», dit-il.

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Après Saïd Mohamed Abdourahamane et Saïd Mohamed Djelane, Mohamed Saïd Athoumane devient, en juin 2014, le troisième grand cadi du tribunal de première instance de Moroni, après la retraite anticipée du second.

Né en novembre 1948 à Dzahadju ya Itsandra, ce père de six enfants a débuté l’apprentissage du Coran à Itsandra-Mdjini auprès de fundi Mariama Mdoihoma, avant de poursuivre sa formation en sciences religieuses (Fiqh-al-islam) chez Abdounour Charif Hamadi. Puis, le petit-fils d’Abdourahamane Charif ira rejoindre son grand-père à Ntsudjini. C’est ici qu’il a renforcé ses connaissances en Fiqh, avec fundi Idaroussi Ahmed Maoulana, grand frère de l’actuel grand mufti.

Plus tard, il évoluera aux côtés du premier grand mufti de la République, Said Mohamed Abdourahamane, et de Saïd Mohamed Djelane, avant de partir en 1960 à Zanzibar. Il fera ici la connaissance d’une autre grande figure de la réligion, Said Omar Abdallah alias Mouigni Baraka.

«Là-bas, j’étais inscrit au ‘‘Muslim Academy’’ dont il (Mouigni Baraka) était le directeur. Dans cette île, j’ai pu aussi apprendre auprès de grands fundi comme Said Ali Al-Badaoui, Alhabib Omar Bin Soumeit et autres», nous a-t-il confié.

De retour de Zanzibar vers les années 70, le jeune diplômé de la «Muslim Academy» débutera une carrière d’enseignant : Dzahani la Tsidje, collège de Dzahani II, collège d’Ikoni, Nyumadzaha ya Bambao, etc. Après le putsch du 3 août 1975, le jeune enseignant s’est vu confier les fonctions de secrétaire général de l’association islamique.

«Après le coup d’Etat de 1978, j’ai été réaffecté dans l’enseignement jusqu’aux années 1990, sous l’ère Djohar. J’ai alors complètement changé de cap pour devenir directeur régional des Affaires islamiques auprès du ministère de la justice», se souvient-il.

Mohamed Saïd Athoumane va occuper ce poste jusqu’à l’élection de Mohamed Taki Abdoulkarim en mars 1996. Lors de la transition de 1998-1999, il sera nommé juge de paix et cadi de la région de Mbude, puis à Ntsudjini en 2000. Il y restera deux ans. Modeste, il dit n’avoir jamais rêvé d’être cadi.

«Par contre, la femme de mon fundi Mouigni Baraka était convaincue que j’allais un jour le devenir. Lorsque je rentrais aux Comores, mon maitre m’avait offert une écharpe et sa femme lui avait dit ‘pourquoi pas un turban pour ce futur cadi», se rappelle-t-il.

Et Mohamed Saïd Athoumane de souligner les grandes difficultés liées à l’exercice de la fonction de cadi. Selon lui, 90% des litiges reposent sur des contrats de mariage, surtout pour des couples résidant à l’extérieur, et 10%  portent sur des litiges fonciers.

«Le métier de grand Cadi n’est pas du tout facile, notre principale mission consiste à contrôler les mariages, surtout au niveau de la capitale», dit-il.  Moroni étant composée de nombreux quartier, «il faut mener un contrôle scrupuleux sur tous les mariages qui sont célébrés dans tous les recoins de cette ville, car la plupart d’entre eux ne respectent pas la loi», regrette-t-il.

Nassila Ben Ali /Alwatwan

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