Mohemd Idriss: « Mohamed Bacar peut s’unir à Sambi pour défendre les droits de Ndzuani »

Après Mirontsi, Mitsamiouli confirme et accentue les tendances du moment.
ASSISES. Même si les appels à l’unité sont poursuivis, ils apparaissent de plus en plus formels. L’accent est plutôt mis sur une dynamique en marche que rien, ni personne n’arrêtera.
Les assises prennent l’allure d’assises de la division. Division accusée entre les pours et les contres. Divisions au sein de certaines Organisation comme l’UPDC, le Conseil de l’Ile de Ndzuani. Les chaises vides au CPAN suscitent des convoitises ! Quant à ceux qui n’ont pas répondu au décret, ils sont assimilés à des pestiférés, des pêcheurs à ramener sur le droit chemin !
D’un autre côté, les assises apparaissent de plus en plus comme celles des autorités. Imaginez donc, les dirigeants CPAN du Mouvement du 11 août à la tribune d’un meeting de propagande du pouvoir !?
SEPARATISME. On proclame la fin du séparatisme insulaire alors qu’il est de plus en plus fort. Tout le monde se proclame unioniste. Mais Les actes posés ne suivent pas. Le gouvernorat de Ndzuani se crispe sur le prochain tour qui revient à son île. Celui de Mwali nage dans l’ambiguïté tandis que celui de Ngazidja ne semble pas savoir sur quel pied danser.
A cela s’ajoute la perspective du retour de Mohamed Bacar, chef séparatiste non repenti. Les communicants de Beit-Salam ont ouvert le bal, et se répandent en généralités sur l’exil. On a même l’impression que la messe est déjà entendue, que Mohamed Bacar va bientôt rentrer au pays et être accueilli triomphalement. Le calcul ne semble pas reposer sur du solide. Car si Mohamed Bacar affaiblira politiquement Sambi, il n’en reste pas moins chef séparatiste insulaire avant tout. Et sur cette base il peut même s’unir à Sambi pour «défendre les droits de Ndzuani.
Enfin on proclame sa détermination à écraser par la force toute velléité séparatiste. N’est-ce pas une voie extrême? N’est-ce pas conduire le pays vers une guerre civile désastreuse ? Ne faudrait-il pas craindre de voir le pays basculer dans l’anarchie, le chaos !?
2021 pointe son nez. Les prochaines présidentielles déjà en ligne de mire. Salami fonde toutes ses positions sur les présidentielles de 2021, le tour de Ndzuani. C’est la substance de son opposition aux assises. Pour lui assises = tentatives d’Azali de rester au pouvoir. Et bien évidement l’ancien président Sambi n’est pas bien loin. Les intervenants de Mitsamiouli ont nourri ces craintes. Celui de Mbéni-Bankou fut le plus explicite en proclamant qu’Azali fut à la tête du pays, l’est aujourd’hui et le sera encore demain. Le grand notable de Mitsamiouli, Ali Nassor y ajouta un refrain plus subtil. Il proclama la jointure entre ASSISE et EMERGENCE comme axes essentiels de la pré-campagne présidentielle de son champion.
PRESERVER LA TOURNANTE. Le pays est en danger. Je suis profondément convaincu que les circonstances poussent au réveil des démons du séparatisme insulaire de Ndzuani, une situation qui risquent d’excéder les séparatistes de Ngazidja et de mener à l’embrasement. Les assises ne doivent pas supprimer la tournante. Il faut garder la tournante et la périodicité des 5 ans. Mais il faut corriger bien des aspects. Il faut un contre-pouvoir susceptible de faire entendre raison au Chef de l’Etat. Il faut que la primauté revienne au pays et non à l’île. Il faut que l’appareil administratif et les superstructures politiques correspondent aux moyens d’un petit pays pauvre.
Je fais partie de ceux qui se sont opposés à la constitution de 2001, principalement à cause de la tournante. Mais tout compte fait je crois qu’il s’agit d’une option pertinente pour notre pays. Les chefs d’Etat africains n’acceptent pratiquement jamais de quitter le pouvoir de bon gré, à la fin de leur mandat. Azali n’avait même pas pu exprimer son désir de rester en 2006. Sambi a prolongé son mandat d’un an, fait durer la passation faute de mieux. Ikililou, président par accident est une exception. Lui était pressé de partir. Azali ne semble pas prêt à attendre encore 10 ans pour revenir (il le pourrait pourtant étant donné son âge et ses talents). La tournante protégera le pays de ces types de soubresauts.
Un vœu pour finir : puissent les assises ne pas rentrer dans l’Histoire comme le déclencheur d’une guerre civile généralisée aux Comores.
Idriss Mohamed 

4 commentaires sur Mohemd Idriss: « Mohamed Bacar peut s’unir à Sambi pour défendre les droits de Ndzuani »

  1. Bonjour monsieur Idriss,
    Vous faites preuve de beaucoup de perspicacité. Effectivement, bien plus qu’un moindre mal, la tournante constitue la meilleure configuration de l’exercice du pouvoir dans notre pays. Elle repose sur un paradoxe extraordinaire : une stabilité démocratique au prix d’une certaine forme d’instabilité (au sens d’absence de pérennité) des institutions. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis (ou ne reconnaissent pas leurs fautes). Vous venez, cher monsieur, de gagner mon estime. Bravo !

    Très récemment, lors d’un débat sur Africa 24, notre soeur Hayat NASSERDINE (alias Daika sur les réseaux sociaux) a appelé à votre sens des responsabilités. Je suis persuadé, cher frère, qu’avec votre patriotisme et votre intelligence, vous ne saurez rester en marge de l’histoire et jouer la politique de la chaise vide. Vous êtes un intellectuel connu et reconnu. Que vous le vouliez ou non, vous êtes maintenant un homme politique écouté et respecté. Mais je prie Dieu tout puissant pour qu’il vous aide dans votre combat ; faire de la politique différemment. Ne succombez pas « aux chants des sirènes » du pouvoir. Le pouvoir politique (d’état) n’est qu’illusion. Le vrai pouvoir c’est celui de pouvoir changer les mentalités et de faire tomber certaines digues. Par votre prose et votre réflexion, Allah vous a donné ce pouvoir.

    Alors utilisez le !

    Mais… vous en êtes comptable devant Lui, si vous êtes un soumis et un véridique. N’est-Il pas plus proche de nous que notre propre vaine jugulaire ? N’est-Il pas celui qui connaît le contenu des coeurs ? N’est-Il pas celui qui ne change pas la condition d’un peuple tant que celui-ci n’a pas changé ce qu’il y a en lui ?

    Avons nous changé ce qui ne va pas en nous pour que le Tout puissant change notre condition ? Allons nous nous poser les bonnes questions lors de ces assises ?

    Vous êtes un intellectuel. De grâce, aidez ces Hommes à élever le débat !

  2. Pauvre Comores on a tous vue avec Azali , règne familiale, amical, les arnaques, les mallettes de Faux billets et j’en passe.la faute à qui ? Sambi et fahmi ont leurs part de responsabilité au moment où j’écris le président français et en voyage en Afrique croyais moi il ya dans se tourner africaine des têtes à coupé dans se continant il reste à savoir les quelles.esperons que monsieur Azali et dans la liste.nouvelle ambassadrice au Comores croyez-vous que c’est ne plus une missionaire? Affaire à suivre. Qui vivra verra .

  3. Mon cher Idriss!Avec mes profonds compliments quant à votre clairvoyance sur les bienfaits de la Tournante et sur l’incertitude de la situation politique qui prévaut actuellement en Union des Comores. Que chacun prenne ses responsabilités en tout âme et conscience.

  4. Comoriennes, Comoriens, ne vous inquiétez pas car le dictateur local azali assoumani Mougabe est entrain de creuser sa tombe.Mais, il suffit un petit effort de la part du peuple et ses leaders politiques.

    Les jours du colonel azali assoumani Mougabe sont comptés.en effet, la communauté internationale et la France regardent azali faire sa manigance politique. Et elles interviendront pas tant que la situation ne dégénère pas. À mon avis, pour inciter la France ou un organisme à intervenir, il faudrait que le peuple désobéisse l’acte poursuivi par le peureux de la République. Mais, comment empêcher azali de s’éterniser au pouvoir ?
    D’abord, anjounais et Moheliens doivent mener un combat acharné. Ensuite, les leaders politiques sont censés s’organiser pour convaincre l’opinion interne et celle de l’Internationale.

    Toute liberté a un prix. Si les Comoriens veulent vraiment le changement, il faut nécessairement payer le prix. Car, la paix est souvent parvenue par la force, notamment celle organisée collectivement. Et chacun de nous doit forcer son destin. D’autant plus que aides toi toi même le ciel t’aidera.

    Par ailleurs, la France ou L’ONU n’interviendra pas si le pays ne connaît pas une crise politique majeure. il faut donc, faire en sorte qu’un pays nous aide à se débarrasser d’un putschiste. Si un militaire ne le fait pas pour le bien fondé de son peuple ou de son pays, faisons le nous mêmes.
    Il faut dire que le peuple à toujours du mal à s’organiser. C’est à l’opposition de mieux préparer le futur mouvement social.

    Deux combats sont possibles. D’abord, alerter l’opinion internationale du risque d’un effondrement de l’archipel des Comores,en expliquant que la suppression de la tournante pourrait pousser certains îles à se séparer. Ensuite, expliquer les citoyens que le pays à besoin de vous afin de mettre en échec le projet d’abolir la tournante.
    Il faut souligner que l’opposition a la possibilité de mettre le pouvoir en difficulté. Cette dernière pourrait changer la donne chez certains militaire voire même l’opinion internationale.

    Pour conclure, aucune intervention étrangère n’est possible si une crise politique majeure comme le séparatisme n’émerge pas au sein de l’archipel des Comores. Faisons donc, en sorte que les gens nous aide.

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