Mon père ce héros

Opinion libre: Il n’est un secret pour personne que mon père, Ahmed Hassane El Barwane, a été séquestré le vendredi 1er juin 2018 par les forces du désordre.

D’abord mis au secret le plus total, ensuite grâce sans doute au tollé soulevé ainsi qu’aux soutiens multiples qui se sont manifestés de toutes parts, il a été localisé à la gendarmerie désormais antinationale. Il a été déféré hier lundi 4 juin 2018 avec ses compagnons d’infortune dont Ahmed-Hachim Saïd Hassane, devant le tribunal pour se voir signifier à ce que j’ai compris, une inculpation sur le chef d’atteinte à l’ordre public.
Ils viennent de repasser ce mardi devant le tribunal pour être jugés. Le parquet a requis une condamnation de 1 an avec sursis.
Je ne vais pas entrer dans un débat de spécialistes sur les éléments qui caractérisent l’atteinte à l’ordre public; je laisse à leurs consciences les juristes qui justifient l’arbitraire et les magistrats qui s’en rendent complices. L’histoire les a déjà flétris comme elle a sévèrement jugé ceux d’entre eux qui ont soutenu grâce à de viles arguties, les dictatures les plus meurtrières.
J’affirme cependant une chose : je conteste par avance la légitimité d’une justice aujourd’hui rendue non pas au nom du Peuple comorien, mais au seul nom d’une famille et d’un clan.

Je conteste par avance la légitimité d’une justice instrumentalisée de toutes parts et aujourd’hui plus que jamais réduite en chambre d’enregistrement des désirs d’un seul homme.

Je conteste par avance la légitimité d’une justice transformée en instrument de vendetta, qui ferme les yeux sur les multiples atteintes aux droits fondamentaux et à la dignité humaine ; cette même justice, car le mode de fonctionnement des dictatures est partout le même, qui emprisonne sur la base de motifs fallacieux et honteusement préfabriqués tout défenseur de la liberté; cette même justice qui couvre les tortures et les mauvais traitements infligés aux adversaires politiques.

Mon père est victime d’un délit d’opinion. Il s’est refusé à plier sous le joug du nouveau pharaon ; il s’est refusé à laisser la souveraineté nationale confisquer par un seul homme comme il s’est interdit à assister sans exercer pacifiquement sa libre expression et son devoir de citoyen engagé, au spectacle du détricotage criminel de la constitution.
L’état de santé de mon père s’est dégradé : des témoignages concordants ont fait état d’une atteinte délibérée à son intégrité physique ; déjà, juste avant son arrestation, un militaire l’a physiquement bousculé au vu des forces du désordre dans un pur élan de provocation.

Le nouveau pharaon s’imagine qu’en le privant illégalement de sa liberté d’aller et de venir, notamment pour prendre part à la circoncision de son petit-fils, en l’emprisonnant avec la consigne en plein mois de ramadan que l’administration pénitentiaire lui réserve un traitement particulièrement dégradant et en ourdissant toutes les manœuvres inimaginables, il va briser mon père.
Le pouvoir se trompe lourdement : si Dieu préserve sa vie, il n’aura de cesse de se battre pour ses idées, de se lever pour défendre son honneur et la démocratie; et, malgré nous, il voudra même pardonner ses ennemis.

Mon père, ce héros !

Haïna Hassane El Barwane

6 commentaires sur Mon père ce héros

  1. Permettez moi mes amis, on est entre nous. Nous on n’est pas des « kafiri » dont nous pouvons critiquer fortement, c’est permis ! mais traiter les gens de malfrat ou de voyou sans que la justice l’ait clairement déclaré en tant que tel, ce n’est pas bien. Par contre, j’ai dit ne pas être contrarié par l’incarcération de M. Barwane. Dans la plupart des cas, ces gens, s’ils sont pas un peu par la case prison, sont vite relâchés et appelé pour d’autres postes avantageux car les politiciens véreux s’aiment entre eux. Il n’y a jamais eu de justice dans ce pays (en tout cas pour les corrupteurs, et les voleurs de l’Etat). On défend plutôt bien les nantis, les notables, les politiciens de la place, bref…

  2. j’estime qu’elle a la légitimité de défendre son père quoique vous dites et ce qui s’est passé c’est une insulte au peuple et aux institutions puisqu’on interdit des manifestations et des réunions pacifiques et deux jours après comme par hasard le ministre de l’intérieur fait son congrès son parti et s’est permis en tribune d’insulter et provoquer les manifestants de non faire le ramadan comme s’il est un prophète.
    ce régime nous rappelle l’époque noire des mercenaires.
    mon père était en prison pendant3 semaines pour avoir fait la prière de l’aid sans l’ordre du président et ses complices.
    il faut à un moment dire stoppe.

  3. Vote père ce héros ou ce malfrat ?? lUI Qui a fait la meme chose quant il etait ministre de l’intérieur. lui qui a crée cette note d’interdiction de manifester que le gouvernement actuel l’utise pour lui. Lui qui a deja fait la prison pour detournement de fond publique avec Abdou soeuf. Lui, avec son politico délinquant de Sambi qui ont détourné des million de dollar en vendant nos passeport. JE CROIS QUE CE N’EST PAS UN HEROS MAIS PLUTOT UN VOYOUS DE LA REPUBLIQUE MADAME. JE NE SUIS POUR DE CE QUE AZLI FAIT DE NOTRE PAYS MAIS JE SUIS POUR QU’IL MET EN PRISON DES DELINQUANTS QUI UTILISENT NOTRE RELIGION POUR ARRIVER A LEURS FINS; a bat ces voyous, QU’ILS POURISSENT EN TOLLE

  4. Cher M. Ali Wali, je vous rappelle, qu’à la décharge de M. Barwane, ce dernier s’est opposé frontalement avec M. Sambi et autres juwahistes (notamment Ahmed hydro, Dossard, etc) partisans du ticket gagnant Sambi-Azali. Dépité, je crois que Barwane est allé s’allier au non moins affairiste et tumultueux Mouigni Baraka.

  5. Ah oui!!!
    Tout le monde n’a pas le moyen de se payer 6 avocats…
    Vous l’aurez remarqué, qu’on parle uniquement de Barwane et Hachim Said Hassane.
    Pour les autres arrêtés, personne n’en parle.
    Même pas Comores info..
    Or il parait qu’il n’y avait pas que ces deux bourgeois.
    Quelle honte!
    Quant à l’auteur de cet article, je comprends que vous défendez votre père.
    Mais laisse moi lui dire que t’en mieux pour sa gueule car c’est son parti Juwa qui fait gagner le monstre Azali au dernières élections présidentielles.
    Qu’ils assument les conséquences!

  6. Que c’est dur d’avoir un papa en prison. Mais vous n’avez jamais fait le parallèle avec ce qu’il a pu faire à certaines personnes, étant ministre de l’intérieur, dont Abdallah Agua qui était un opposant de la première heure des régimes passés et présents. Mis en prison, rien qu’en défendant ses idées comme le fait aujourd’hui votre père. Alors c’est dur quand cela nous touche et je vous comprends ! Mais croyez moi, je ne vais pleurer la garde à vue ou l’emprisonnement de votre père qui dans le pouvoir faisait la pluie et le beau temps.

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