Motion de censure contre le conseil des commissaires à Ndzuani : Dar-nadjah choisit d’ignorer Dar-soifa

BRAS-DE-FER. Le conseil prévoit de s’adresser aux organisations internationales partenaires des Comores, aux représentations diplomatiques et aux médias «dans le cas où le gouverneur Anissi s’entêterait à ne pas vouloir mettre en exécution» la décision de leur pétition comme l’y obligerait l’article 49 de la loi statutaire de l’île.

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Sur les dix-neuf conseillers que compte Dar-soifa, le conseil de l’île de Ndzuani, treize se sont prononcés «pour» l’exclusion du gouvernement insulaire d’Abdoulhamid Afretane et d’Ibrahim Saïd Oili, respectivement commissaire à l’Enseignement, à la Culture, à la Jeunesse et aux Sports et commissaire à la Production, à l’Economie et aux Investissements, chargé de l’Eau, de l’Energie et de l’Environnement. Il n’y a eu qu’un seul vote «contre», celui de la conseillère Zalahata Ali, tandis que les cinq autres conseillers restants ont été absents de l’hémicycle ce jour-là.

Cette motion est cependant restée lettre morte auprès de celui qui devait l’exécuter, à savoir le gouverneur de l’île. «Il aurait dit clairement qu’il ne l’exécuterait pas», confie le conseiller Mohamed Abdou El-magd, premier secrétaire du bureau. La chose semble se confirmer par le fait que, après le vote de la pétition, en lieu et place d’une réponse de Dari-nadjah, c’est son conseiller juridique, Ahmed Maandhui, qui a apporté une lettre signée par lui-même au Conseil, déclarant que leur acte était «non justifié». Comme si ce conseiller juridique jouait un rôle de Cour d’arbitrage.

Les mêmes reproches

Le reproche fait aux deux commissaires par Dar-soifa est sensiblement le même : «Une attitude d’indifférence et de mépris vis-à-vis du Conseil», disent les élus, notamment le conseiller Anli Maenrouf. S’agissant d’Afretane, il a d’abord refusé de remplacer ses directeurs de l’enseignement primaire et secondaire pour n’avoir pas répondu à deux convocations du Conseil afin de s’expliquer sur une sombre affaire d’affectation arbitraire et de résultats truqués du concours de recrutement des enseignants (cette deuxième affaire fait couler beaucoup de salive en ce moment dans l’île).

Quant à son homologue de la Production, c’est la chute du prix du girofle qui veut lui coûter son poste. Alors qu’il s’était entendu avec les élus d’organiser une réunion avec eux et les exportateurs du girofle pour discuter et arrêter le prix, Saïd Oili a fini par écarter les conseillers de cette rencontre en niant avoir pris cet engagement.

Menaces d’exporter du conflit

D’où la colère des locataires de Dar-soifa. «Soit le commissaire est amnésique, soit il a choisi de mentir, et dans les deux cas il ne mérite pas son poste», estime El-magd. Il faut tout juste noter que la loi statutaire de Ndzuani oblige le chef de l’exécutif de l’île à mettre en exécution la pétition des conseillers, si elle est votée selon les règles.

L’article 47 de cette loi dispose que «le Conseil de l’île met en cause la responsabilité d’un ou plusieurs commissaires par l’adresse au gouverneur d’une pétition», et qu’«une pétition n’est recevable que si elle est signée par un tiers au moins des membres du Conseil de l’île».

Et selon l’article 49, «le Conseil de l’île ne peut voter plus de deux pétitions par an», qu’«aucune pétition ne peut être déposée au cours d’une session extraordinaire», et surtout que «le gouverneur est tenu de mettre fin aux fonctions du ou des commissaires visés par la pétition».

En attendant, le conseil prévoit de s’adresser aux organisations internationales partenaires des Comores, aux représentations diplomatiques et aux médias «dans le cas où le gouverneur Anissi s’entêterait à ne pas vouloir mettre en exécution» la décision de leur pétition.

Sardou Moussa / Alwatwan

1 commentaire sur Motion de censure contre le conseil des commissaires à Ndzuani : Dar-nadjah choisit d’ignorer Dar-soifa

  1. Pour moi je crois que l’attitude du gouverneur anjouanais est d’ordre genetique pour les comorien.Chacun se montre plus logique que l’autre sans faire recours a la constitution.Dans notre pays constitution n’est pas du tout respecte : that is a big mistake car un pays est gouverné par une constitution et non pas par un president

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