Msaidié, ‘‘le dialogue, c’est nécessaire, mais il doit tenir compte des textes’’

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Trois jours après la proclamation des résultats définitifs, le ministre de l’Intérieur, Houmed Msaidié, a accepté de répondre aux questions d’Al-watwan. Il aborde, dans l’interview qui suit, de nombreux sujets, notamment les revendications de l’opposition, son double statut de ministre et de candidat, ses déclarations assimilées souvent à de la provocation.

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M. le ministre, on vous accuse d’être à la fois juge et partie, c’est-à-dire ministre de l’Intérieur et candidat à la vice-présidence. N’est-ce pas quand même assez cavalier ?

Est-ce que la loi est cavalière? Parce que c’est l’application d’une loi qui a été votée l’assemblée de l’Union en 2010. C’est la loi portant sur l’élection du président de l’Union. Un congé est prévu pendant la durée de la campagne, lequel congé prend fin après la campagne. C’est l’application de la loi. Ces derniers temps, beaucoup appellent au consensus parce que certaines choses ne les arrangent pas. Nous, par contre, on continue à respecter et à appliquer la loi, n’en déplaise à d’autres.

Justement, vous évoquez souvent les textes pour justifier cette double casquette, mais n’est-ce pas le gouvernement qui a retiré le texte qui aurait dû réviser le code électoral ?

Ce ne sont pas les députés qui ont introduit ce texte, c’est le gouvernement. Donc le gouvernement a toujours la possibilité de le retirer. On l’a retiré tout simplement parce que les députés ne voulaient pas voter au moment où il fallait, mais ils voulaient une séance extraordinaire. Le gouvernement n’avait pas les moyens d’organiser une session extraordinaire, c’est pour cela que le texte a été retiré. Mais, s’il s’agissait pour certains de changer le fait qu’on peut être à la fois dans l’exécutif et être candidat, on ne l’a pas retiré pour cette raison. Et je voudrais dire que dans les pays démocratiques, civilisés, ce n’est plus un problème d’occuper une fonction et d’être candidat. On demande cela en période de transition. (…) J’espère que nous allons vers une démocratie apaisée et que nous ne continuons pas à agir comme si nous étions dans une transition sans fin.

Vous faites l’objet aujourd’hui d’un tir groupé de l’opposition pour avoir dit qu’en cas de boycott, vous feriez comme en 2002. Certains assimilent cette déclaration à une provocation. Qu’en dites-vous ?

Je m’en excuse si certains se sont sentis provoqués, mais le calendrier a été arrêté, il a été approuvé par tout le monde, les Comoriens ont participé aux élections le 21 février calmement. Tout le monde est allé voter, y compris ceux qui disent qu’il n’y aura plus de deuxième tour. La cour s’est prononcée sur les trois candidats devant concourir pour la présidentielle de l’Union et les candidats aux élections des gouverneurs. Il est du devoir du gouvernement de faire appliquer cette décision. Je rappelle que 74% des Comoriens sont allés voter, donc sont d’accord qu’on continue le processus électoral. Maintenant, s’il y a des problèmes, on peut en discuter et avoir une solution dans le cadre de la loi. On n’est plus en transition, j’insiste sur ce point. Le dialogue, c’est quelque chose de nécessaire et de fondamental dans une démocratie, mais ce dialogue doit tenir compte des règles établies et acceptées par tous. La Cour constitutionnelle a tranché et nous devons tous conquérir à achever  le processus électoral dans la paix et la sérénité et non continuer à croire qu’il y a une possibilité quelconque de transition. Il y aura bien des élections le 10 avril.

Pourquoi le ministère de l’Intérieur s’est-il autorisé à proclamer des résultats provisoires, de surcroit, différents de ceux de la Ceni, publiés quelques heures auparavant ?

Il y a trois enveloppes. Une pour la Ceni, une pour le ministère de l’Intérieur et une pour la cour constitutionnelle. Est-ce qu’on vous envoie une enveloppe pour le plaisir de nos yeux ? Non, c’est pour l’exploiter. Les techniciens du ministère l’ont travaillé, ils avaient des résultats et les ont donnés. Mais si vous les regardez et les comparez avec ceux de la Ceni, la variation est  moins d’un pour cent. Et cela a certainement pu aider la cour constitutionnelle dans sa décision finale. Nous n’avons pas publié des résultats provisoires. Ce n’est pas le ministère qui publie des résultats provisoires c’est la Ceni et c’est ce qui a été fait.

Pourquoi, si vous étiez sûr de vos chiffres, aviez-vous refusé le recomptage des voix comme le demandait l’opposition?

Qui a refusé un recomptage ? Ce n’est pas notre rôle. Ce n’est pas au ministère de l’Intérieur de recompter. C’est soit la Ceni, mais saisie avant la proclamation des résultats provisoires. Cela m’est arrivé en tant que patron du parti Radhi en 2015, on a voulu frauder dans l’élection de notre député Ali Hadji, mais on a agi rapidement, après avoir rassemblé les preuves ; on a même réussi à trouver la personne qui était derrière tout cela. C’est donc à la Ceni de recompter et effectivement elle a recompté et donné les résultats provisoires. S’il y a recomptage, c’est à la cour constitutionnelle ; les requêtes à faire doivent respecter un certain nombre de conditions qui sont détaillées dans la loi portant organisation et fonctionnement de la cour constitutionnelle et l’autre loi portant autres modalités d’application de cette même cour. Ce n’est pas au gouvernement de faire un recomptage. Et le gouvernement ne s’est jamais prononcé ni pour un oui ni pour un non. Cette affaire là ne nous concerne pas.

Que répondez-vous aux candidats qui menacent de boycotter le deuxième tour du 10 avril prochain ?

Ils sont libres ! C’est leur liberté, ce pays est un pays de liberté, un pays qui respecte la liberté des individus ; maintenant il s’agit de faire en sorte que cette liberté là n’entrave pas la liberté des autres, de ceux qui ne veulent pas boycotter. Sinon, l’Etat va bien sûr intervenir.

Propos recueillis par Abouhariat Said Abdallah / Alwatwan

2 commentaires sur Msaidié, ‘‘le dialogue, c’est nécessaire, mais il doit tenir compte des textes’’

  1. J’ignorais que Msaîdié etait un utopiste menteur. Tout ce qu’il a declaré pendant cet intervention et le reflet d’un malfrat qui a su organisé son champ de bataille. Cet individu est dangereux. J’espère que les Comoriens s’y rendront en masse dans les bureaux de votes le 10 avril en faveur de l’opposition. Je te tiens à te dire Msaidié pauvre con, Tu ressembles bien Mamadou, vous ne faites pas de la politique, seulement du maffia… Tu es le chef de bande du maffia Comorien! Honte à toi!

  2. Ce ministre de joue bien son coup,il rigole bien dans son fauteui alors que le peuple pleure.Oui le peuple pleure de beaucoup de choses que vous reussissez pas alors que votre politique c’est de rentrer dans tous les gouvernements et aucun bilan positif.Monsieur le ministre de l’intérieur chaque famille de ce pays pleure ses morts sur les côtes d’anjouan et Mayotte pour fuir la misère et le désespoir causés par les gouvernements auxquels vous participez depuis je ne sais pas combien d’années sans bilan.

    Monsieur le ministre au lieu d’envoyer les militaires et les gendarmes pour mater le peuple qui manifeste pacifiquement pourquoi ne pas les envoyer dans les côtes d’anjouan pour stopper les flux vers la mort à Mayotte! Vous êtes responsable avec vos gouvernements de non assistance à personnes en danger dès que des hommes de bonnes volontés accorderont au pourvoir un jour,le peuple demandera de compte à vous tous même si vous aurez 80 ans,vous aux crimes que vous participiez.
    Rigolez bien dans vos fauteuils et vous pleurerez les derniers

    Vive le peuple que dieu benisse notre pays

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