Un déséquilibre budgétaire chronique, accentué par une tournante politique sans perspective

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Les Comoriens vont élire le début de cette nouvelle année, le quatrième président de l’Union des Comores après quinze ans de règne de rotation pour le Grand-Comorien Azali , l’Anjouanais Sambi et le Mohélien IKILILOU qui termine son mandat le mois de mai prochain; et on reprend la chaise musicale de la rotation qui va échoir comme à l’accoutumée à un Grand- Comorien.

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Toute la classe politique jubile de cette tournante politique sans perspective économique pour le pays. On constate que la tournante politique assure une stabilité politique artificielle, éloigne le spectre du séparatisme, mais le bilan des accords de Fomboni est très calamiteux dans le domaine économique. L’économie est le point d’Achille des politiques comoriens depuis belle lurette.

Le budget comorien était toujours en déséquilibre chronique depuis l’autonomie interne , sans discontinuité après la décolonisation , mais accentué de manière abyssale par une tournante sans perspective. Sous la colonisation , lorsque la France finançait chichement les besoins de l’archipel , la F.A.O, l’OMS complétaient par des projets précis les manques criants de l’appui français. A partir de 1975 , les organismes internationaux ont pris le relais durant les périodes d’avant la tournante. L’état de l’économie de l’Union est un reflet des déséquilibres endémiques qui affectent le budget ,le commerce, la balance de paiements , conduisant à un endettement inconsidéré ; les échéances les plus lourdes l’ont conduit au bord de la cessation de paiements.

Cette tournante politique très applaudie par la classe politique de l’archipel a un trou d’air qui est l’absence dans les accords de Fomboni la quote part précise de chaque île dans le budget de fonctionnement de l’UNION alors qu’à chaque alternance les recrutements pour convenance personnelle non budgétisés se sont opérés, du coup la masse salariale se gonfle progressivement , elle est aujourd’hui des 2 .4 milliards Franc-comorien . Entre 2011 et 2014 à titre d’exemple , l’Union a augmenté sa masse salariale de 11.35 pour cent contre 16 pour cent pour Mohéli, 7.5 pour cent pour Anjouan et 2.5 pour cent pour Ngaziddja. Selon une note circulaire signée par le vice- président chargé des finances , chaque entité devait respecter un plafond mensuel: 793 millions pour l’Union, 486 millions pour Ngazidja, 126 millions pour Mohéli et 464 millions pour Anjouan.

Si les îles sont autonomes , les recettes de l’Etat doivent se partager suivant les quotes –part de chaque île ; ce qui ne se fait pas jusqu’ici . Les conditions de vie des comoriens ne cessent de régresser de jour en jour, avec 5000 franc-comorien ( l’équivalent de 10 euros) une famille comorienne n’arrive pas à se nourrir dans la journée ; on a des jeunes qualifiés ou sans qualification qui restent sans emplois et sans perspective d’avenir. Les thématiques liés à l’économie , aux finances des exécutifs de l’Union et des iles ne font pas l’objet des débats dans les Etats-majors des candidats aux élections des gouverneurs et du président de l’ Union .

IL est devenu un secret de polichinelle que les gouverneurs des îles et le président de l’Union terminent leurs mandats sans bilans de réalisation sauf des arriérés de salaires laissés aux successeurs . Selon le Représentant résident du FMI en Union des Comores , l’actuel gouvernement d’IKILILOU a mis en place des instruments qui vont améliorer la transparence dans les finances publiques et la production d’informations statistiques; mais il a noté de nombreuses difficultés à caractère structurelles à savoir : pénuries d’électricité sans que des solutions durables aient été trouvées , une diminution préoccupante des recettes fiscales hors entreprises publiques et enfin une augmentation de la masse salariale qui reste mal maîtrisée.

Depuis quinze ans les comoriens ont été dirigés par des hommes politiques qui présentent toujours la même mélodie de gouvernance , ils dilapident le peu de ressources que le pays dispose , ensuite ils vont quémander auprès des pays du golfe pour apurer les arriérés de salaires de fin de mandats. C’est une drôle manière de diriger un pays .

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY

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