Ne donnez pas raison à ceux qui chantonnent à votre propos : « Non, je n’ai pas changé ! »

Opinion libre:

Mr le Président,

C’est la fête de la musique et j’ai eu une pensée pour votre excellence. Ne donnez pas raison à ceux qui chantonnent à votre propos : « Non, je n’ai pas changé ! »

Le malheur de votre pays, c’est qu’il n’a point ou plus de Constitution. Résultat, sans cadre pour contraindre, tout déborde et le désordre est partout. Le pouvoir exécutif est scindé par un désaccord entre vous et votre vice-président dont on ne peut que louer la prise de conscience juridique. Le pouvoir législatif est pris en otage par un Président d’Assemblée minoritaire, mais autoritaire. Homme de régime plus que d’Etat. Le pouvoir judiciaire s’est rendu complice de votre forfaiture et s’est vautré dans l’approximation. Messieurs les juges, prenez garde, le decret de convocation n’est pas un acte de gouvernement. Feue la Cour constitutionnelle en a déjà controlé et annulé un. Les îles autonomes frôlent la sécession et les élus insulaires au bord de l’insurrection. Quant à l’opposition, que dire Mr le Président ? Elle est un peu à votre image, les conférences de presse se multiplient dont il en sort gesticulations bien loin du droit, mais tellement proche des intérêts partisans. A son propos on chantonne résigné : « comme d’habitude ! »

Pendant ce temps, ni vous ni les autres ne gouverniez. Songez à ses lycéens réduits à la vente à la sauvette à défaut de faire cours. Songez, au refroidissement des relations diplomatiques avec la France laissant sur le carreau malades et étudiants. Réagissez !

Je sais que vous êtes entouré d’éminents juristes, mais si vous me permettez, je vais vous prodiguer un conseil juridique : utilisez l’article 12-5 de la Constitution. Notre salut se trouve dans cette disposition. Convoquez la Conférence des Grands élus de la République. Ensemble, sortez-nous de l’ornière. Ensemble, mettez orgueil et passion, egos et ambitions de côté. Ensemble, revenez à vos fonctions premières qui ne sont pas de gouverner ou de légiférer, mais de représenter la nation. Montrez que vous êtes des hommes d’Etat et ravivez la Constitution. Dans le procès-verbal qui sortira de la Conférence, annoncez, fiers, à la Nation le rétablissement de l’ordre, qu’il soit public, politique et surtout constitutionnel.

Vous sortirez par le haut. Vous aurez initié et conclu d’une main de maître avec l’aide d’un dispositif constitutionnel le retour à la normalité constitutionnelle. Ensuite, ensemble vous pouvez vaquer à vos préoccupations : révision, référendum, réélection et émergence. Les opposants feront de même, guerre de leaderships, reconquête de pouvoir, et alternance. Tout cela ainsi fait dans les limites de la Constitution. Vous pouvez enfin faire de la politique. Grand bien vous fera à tous, votre activité favorite. Pourrions-nous alors espérer que vous vous occupiez du quotidien des comoriens.

Mr le Président, abandonnez l’arbitraire du 12-3, préférez la sagesse du 12-5. Vous pouvez alors chantonner :  » Etre à la hauteur… »

Rafsandjani Mohamed

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