Nette recrudescence des agressions sexuelles sur des enfants

​La plate forme de lutte contre la violence lance un cri d’alarme sur la violence envers les enfants. Ils sont plus d’une centaine à être sexuellement agressés d’après un rapport publié ce mardi par cette plate forme, constatant une forme d’impuissance des pouvoirs publics face à ce phénomène.

La violence envers les enfants prend une proportion inquiétante si l’on tient compte du rapport publié par la Plate forme contre la violence. Ils sont environ 120 à 130 enfants âgés de 4 à 16 ans tous sexes confondus à être victimes de viol ou d’agression sexuelle entre janvier et octobre 2016, uniquement sur l’île de Ngazidja.

Un phénomène que dénoncent de nombreuses ONG qui sont en permanence sur le terrain, malgré les faibles moyens dont elles disposent, a constaté le rapport. Les agressions n’épargnent pas les femmes qui sont le plus souvent exposées à des formes de violence graves, telles que la violence domestique, le harcèlement sexuel, le mariage forcé. « Ces femmes sont aussi battues et abandonnées par leurs conjoints et doivent toutes seules faire face à l’éducation des enfants », lit-on dans ce document dont la Gazette s’est procuré une copie.

La plate forme déplore des « actes inhumains », entraînant des dommages et des souffrances de nature physiques, sanitaires, psychologiques, économiques chez les victimes. Les laissant ainsi sans recours préalable, surtout dans les zones rurales comme l’a indiqué un membre de la plate forme.

« Ces violences sont devenues monnaie courante dans notre pays au point que, même si l’État a signé toutes les conventions relatives aux droits de l’enfant, il n’a pas prévu les outils et les mécanismes nécessaires pour faciliter la réussite de leurs engagements ou ceux des ONGs », a-t-on rapporté.

Le rapport déplore par ailleurs le manque de moyens des ONG travaillant dans ce domaine sensible, notamment les moyens de déplacement pour la cellule d’écoute et la brigade des mineurs. Autre obstacle révélé dans le rapport, les obstructions faites sur certains dossiers qui, malheureusement, n’aboutissent pas à la justice, ainsi que les arrangements à l’amiable et l’impunité.

« Cette situation traumatise les victimes et discrédite les ONG. Ces dernières se plaignent de ne pas être assez impliquées dans les actions par les partenaires gouvernementaux et les organismes », a-t-on souligné. La plate-forme de lutte contre les violences sur des enfants est une structure indépendante, récemment créée au sein de la société civile.

Maoulida Mbaé/LGDC 

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