Ngazidja: Hassani Hamadi menace de gouverner sans le conseil de l’île

Aussitôt arrivé des lieux saints où il effectuait le cinquième pilier de l’Islam, Hassani Hamadi a déclaré qu’il aurait pu gouverner pendant tout le long de son mandat sans le conseil de l’île.

 

La crise qui secoue le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif de l’île à cause du piétinement des textes par Hassani Hamadi,  ne semble pas affecter ce dernier qui, au lieu de mettre de l’eau dans son verre et s’excuser devant la population et particulièrement le conseil de l’île pour avoir dédaigné l’article 24 de la loi statutaire de Ngazidja, profère des menaces. Le lendemain de son arrivée, soit vendredi 16 septembre, devant le personnel de son palais de Mrodjou le nombriliste gouverneur vraiment imbu de lui-même a d’abord rappelé que c’était lui qui a rédigé la loi statutaire de l’île quand il était encore président de l’institution législative. Dans sa déclaration, le gouverneur pour qui le respect des textes est un crève-cœur, remplace l’article 24 de la loi statuaire par ses propres envies. « J’ai fait le choix de confier mon intérim à l’un de mes conseillers et surtout le plus âgé, donc le plus expérimenté pour pouvoir faire face à la situation ». 



Depuis quand l’âge fait forcement l’expérience de la gouvernance ? C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre celui qui enfoncera davantage le clou, ajoutant qu’« il faut adapter la loi statutaire à la situation ». Adapter ou piétiner ? Parce que cette loi statutaire dont le rédacteur exhibe une autosatisfaction excessive, dispose clairement et nettement dans l’alinéa 1 de son article 24 qu’« En cas d’absence ou d’empêchement temporaire, le Gouverneur de l’Ile est suppléé par un Commissaire de son Choix. » Ce qui n’a pas été appliqué, le gouverneur ayant confié l’intérim à « l’un de [mes] conseillers et surtout le plus âgé ». Il n’en finit pas là, le gouverneur de Ngazidja. A part son mépris affiché  des textes, il menace explicitement le conseil de l’île qui a attaqué auprès de la Cour son arrêté confiant l’intérim à son conseiller privé au lieu d’un commissaire. Le Conseil demandait à la haute juridiction que des dispositions intermédiaires soient prises afin de désigner un commissaire en exercice pour suppléer le gouverneur en attendant son retour. Cette requête du Conseil est visiblement prise comme une lèse-majesté par celui qui était attendu comme le Messie de Ngazidja mais dont, héla, le bilan de 100 premiers jours n’est qu’amertume, déboires.  C’est là que l’homme de droit que prétend être le gouverneur de Ngazidja, perdu dans ses brocards contre le conseil de l’île et dans le gouffre de ses mille et une idées, franchira le seuil de la menace: le gouverneur a  aussi dit qu’il aurait pu gouverner pendant cinq ans sans le conseil de l’île, a reporté Mrodjou sur leur page Facebook officielle samedi dernier, avant de tenter d’attiédir qu’« il ne compte pas en arriver là ». Décidément, Hassani Hamadi fait fi des lois et des institutions. Et il n’a pas d’estime aux conseillers de l’île, ces représentants des Wangazidja.


Toufé Maecha/LGDC 

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