Non ! Mayotte n’est pas le futur de la France

Depuis plus d’un mois, l’île de Mayotte est en ébullition, retournée par une grève dure qui paralyse la vie sociale et met en évidence le « french paradoxe » dans l’atterrissage de la quatrième île de l’Archipel des Comores dans la constitution française.

Bien entendu, l’affaire est si sonore, si brûlante et d’actualité, la carte postale relayée par les media est si aveuglante et si gênante que chaque parti politique français tente de se positionner,de prendre date sur ce « morceau de territoire ultramarin. »

Pour la Présidente du Front National, Madame Marine Le Pen, interviewée par Sonia Mabrouk dans « Les Voix de l’Info » sur la chaîne Cnews, ce jeudi 15 mars, « Mayotte est notre futur. Tous les français devraient regarder tout ce qui se passe là-bas. » Elle pousse la fantaisie jusqu’à affirmer,tranquillement,qu’elle a entendu le Député de Mayotte Kamardineà la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. « Je crois que nous partageons les mêmes positions sur la gravité de la situation à Mayotte. Le temps est venu de passer au-dessus de nos étiquettes partisanes. C’est pourquoi, j’appelle tous ceux qui m’ont fait confiance à l’élection présidentielle à Mayotte, à voter pour le candidat de Mansour Kamardine à l’élection législative partielle du dimanche 18 mars. » Quelques jours auparavant, à France 2, elle confiait que Mayotte était « une favela à ciel ouvert ». Ce qui n’est ni un compliment, encore moins, une gratification pour l’état de l’île, plus de quarante ans après son ancrage dans le giron français.

La convergence de vues entre la femme et l’homme politique est préoccupante. On me dira que c’est de la politique. Oui ! Mais, horripilante, inquiétante, irréaliste et déconnectée de la géopolitique régionale, à contre-courant du futur de la région. Les professionnels de la politique le savent, les initiés aussi. De tels comportements, de telles déclarations ne rendent pas service aux mahorais, ni à l’avenir de l’île. On peut se demander si le propos de Madame Le Pen est le baiser qui tue ou le baiser qui blesse ? Cette concordance de vues, est-elle concertée ou unilatérale ? La politique et la morale, ont-elles déjà divorcé ?On aimerait le savoir. Dans ce débat sensible et émotionnel,des journalistes s’en mêlent, non pas pour informer, mais pour faire de la propagande, s’aligner sur les positions de la droite et de l’extrême droite française, falsifier l’histoire, piétiner le droit international et mentir délibérément à leurs auditeurs et téléspectateurs. Ils savent, parce qu’ils sont structurés pour comprendre, que ces prises de position n’ont pas d’avenir.Elles aggravent la haine, encouragent la violence, cultivent l’insécurité. Elles ne sont jamais le ferment du vivre-ensemble commun des habitants des îles, pourtant dénominateur commun à rechercher pour toute solution pérenne.Ce n’est rien d’autre qu’une fuite en avant, périlleuse et décalée, une photographie d’une bien-pensante intellectuelle qui croit béatement que tout se fera à sa guise, selon son souhait et son bon vouloir, quoi qu’il arrive. Elles feignent d’oublier que l’histoire n’aime pas la tricherie. Elle ne s’accommode jamais aux coups de force. Elle se venge toujours, rétablit les équilibres, même s’il faut attendre longtemps, souvent très longtemps.

De toutes les déclarations dans le microcosme politique en France, de tous les débats dans les média, il fallait tendre l’oreille pour entendre une voix s’approcher de la vérité historique, parler d’avenir avec rigueur et lucidité. Olivier Besancenot de l’extrême gauche, Porte- parole du NPA, Nouveau Parti Anticapitaliste, plusieurs fois candidat à la présidence de la République, a osé parler de « mauvaise décolonisation » et marteler que si Mayotte avait été laissée à l’Etat comorien, ce qui se passe aujourd’hui, ne serait jamais arrivé. Un journaliste de l’hebdomadaire « Marianne » lancera, bougon, peut-être par dépit : « Ecoutez ! Arrêtons ! Organisons un référendum et remettons Mayotte aux Comores, on en aura fini ! » C’est évidemment bien loin de ce qui trotte à l’immédiat, dans la tête de ceux qui ont la décision. Au moins, s’agit-il d’une fraîcheur de bon sens, loin des propos, un tantinet belliqueux, souvent hasardeux et totalement mensongers de Madame Seline Soula, une dame d’apparence respectable, journaliste à France ô, au micro d’Alex de Tarléle 13 mars, dans l’émission, « C à dire » sur France 5. Pour elle, même si elle a été souvent dans l’hésitation et l’embarras, « ce qui se passe à Mayotte est inacceptable. L’île est envahie par les Comoriens qui aggravent la violence et la délinquance. Moi, je suis née là-bas. Ces îles de l’Archipel des Comores ont vécu ensemble tout au long de la colonisation, mais, Mayotte a toujours été française depuis 1841 » et « lorsque les trois îles, Anjouan, Mohéli et la Grande-Comore ont choisi d’être indépendantes, Mayotte est restée française. De toute façon, Mayotte ne s’est jamais entendue avec les trois autres îles. » On admettra que le propos est court, volontiers provocateur, délibérément mensonger. Madame Seline Soula le sait. On peut, en toute honnêteté, soutenir l’île de Mayotte dans la République française, sans pour autant travestir la réalité dans une arrogance insupportable. On peut se convaincre que la France administre l’île depuis quarante ans et que pour les Mahorais, s’impose une certaine légitimité. C’est sentimental. Mais, tout de même !

D’abord, la loi française de 1974 n’a pas organisé le référendum pour l’accession seulement d’Anjouan, Mohéli et la Grande-Comore à l’indépendance, mais pour l’accession à l’indépendance de l’Archipel des Comores, territoire français d’Outre-mer dont Mayotte fait partie. Ensuite, le principe universel d’intangibilité des frontières héritées de la colonisation qui est un fondement du droit international s’impose à tous les Etats dont la France. Le territoire colonial devient totalement et entièrement le territoire de l’Etat indépendant. On n’y enlève ni on n’y ajoute aucun centimètre carré.Le comptage des suffrages île par île, est une invention qui ne relève pas du droit mais de la politique. Il a servi d’explication pour démembrer illégalement un territoire colonial.Il est utile de rappeler pour mémoire que l’ensemble des quatre îles s’est prononcé à 95% des suffrages exprimés en faveur de l’indépendance. A Mayotte, on a dénombré 8783 bulletins pour le « NON » contre 5110 bulletins pour le « OUI ». Une différence de 3673 voix seulement, malgré l’oppression, la pression, la répression et les tripatouillages.

Aujourd’hui, face à l’héritage, quelque soient les positions des uns et des autres, la modestie s’impose et la tolérance aussi. L’invective et la surenchère n’apporteront rien. Les quatre îles sont sur le même bateau. Dans cette affaire, elles subiront la volonté de la France. C’est elle qui aura le dernier mot, suivant ses intérêts, au gré de la conjoncture régionale. Quant à l’Union des Comores, elle doit ouvrir les yeux, pour regarder la vérité qui se dessine. Mayotte, futur de la France ? Bien sûr que non ! Madame Le Pen n’a pas parlé avec l’histoire.

Ahamada Hamadi, ancien ambassadeur et secrétaire général du ministère des ministère des Relations extérieures et conseiller du président de l’Union des Comores

3 commentaires sur Non ! Mayotte n’est pas le futur de la France

  1. Fait d’abord le bilan de votre pays depuis l’indépendance. En politique vous les comoriens ne connaissent rien. Mohamed Abdallah avec sa déclaration d’indépendance unilatérale n’a servi qu’a enfoncé les Comores. En politique ça ne sert à rien de s’énerver en croyant qu’on sera écouter. Il fallait négocier et non imposer. Mais ce comportement est typique des comorien s, ils croient qu’en criant, en insultant, en tuant ça réglera leur problème. Et bien non. Vous avez criez jusqu’à l’ONU et ça n’a pas régler votre problème. Non de dieu apprenez la politique car vous êtes à des années lumière de la réalité. Mohamed Abdallah croyez qu’avec sa plantation de vanille, ylang ylang et girofle ferais de Comores un pays riche. Kkkkkk. Vous avez voulu faire des mahorais votre esclave aujourd’hui c’est vous qui êtes devenu des esclaves des mahorais. Les anjouanais, les comoriens et les mohéliens n’ont rien n’a faire ensemble. Ces îles ne sont pas fait pour être ensemble. Les sultanat l’avait compris. Vive l’éclatement de l’Union des Comores, vive la souveraineté sur chaque île et vive Mayotte dans le république française.

    • OUI MAYOTTE EST LE FUTUR DE LA FRANCE

      qu’il n en déplaise a certains, mayotte a fait le choix de rester française. Moi ce qui me chagrine c’est cette hypocrisie sans nom et completement aveugle de certains comoriens,la preuve cette article en témoigne, en effet tenir un discour qui consiste a dire que mayotte doit être dans l union des Comores, que la france occupe mayotte etc.
      Mais quelle est la réalité ? Je ne vais pas refaire l histoire mais mayotte est française depuis 1841 c’est a dire 40 ans avant que les 3 autres îles soit coloniser par la france, donc il est normal est légitime pour les maorais de vouloir rester ce qu’ ils ont toujours etait c’est a dire des français. Le territoire des comores est une invention juridique qui na qu une porté géographique. La réalité c est qu il ya plus de franco comorien qu il n ya de comorien sur cette planète, en effet il a etait resencé qu il ya plus de comorien en france notamment a Marseille qu il n ya de comorien dans l union des comores. Mais comment peut on être aussi sourd et aveugle,le discour totalement subjectif de votre article carractérise la bêtise et l ‘hypocrisie dans laquelle beaucoup de comorien nage. Mais cette réalité conforte le choix de mayotte celui de rester française. Quand on sait que les comorien préfére mourir que de vivre au comores en prenant le kwassa,que les comorien sont prêt a mourir pour être français et que depuis plus de 40 ans de soit disant indépendance l union des comores offres la misére, l indignité, le bafouillement des droits humains, pas d eau pas d électricité, pas de soins, bref rien. Sans parler de ceux qui ont perdus la vie dans cette traversée vers mayotte. De plus les personnes qui martèle ce discour inconscient et irresponsable vivent en France dans la dignité la joie et la bonne humeur avec leurs famille a l abris des méfait de leurs chère gouvernement commorien et loin des conséquences dramatiques de leurs pseudo indépendance. Plutôt que de ce préoccuper des conditions de vie inacceptables du peuple comorien, les hypocrites inconscient préfére se préoccuper des maorais qui n accepterons jamais d être à la place des comoriens comme n importe qu el autre peuple d ailleurs. Donc les comorien dervrais plutôt chercher une meilleur vie au comores en plutôt que de la chercher ailleurs. Tant qu il y auras la grande comores qui veut diriger et dominer les autres îles comme cela à toujours était le cas, la preuve azali vient de stopper la tournante, rien ne changera. Seul le peuple comorien dans son unité mettera fin a tout cela. La meilleure vie vaut mieux la chercher chez soit avec toutes les conséquences que cela implique. Pour info, les zone CFA ne sont pas des pays indépendant c est un fait.

  2. il peut toujours causer celui-là non Mayotte ne sera jamais rattachée à Moroni et sa clique corrompue….

    Sincèrement changez de disque il est rayé : a part une misérable résolution de l’assemblée générale de l’ONU sans aucune valeur contraignante, ni pour la France ni pour le Comores, le droit international est en faveur de la France. il serait temps que les dirigeants comoriens si ils sont hônnete, j’en doute, consulte un juriste compétent pour leur expliquuer pourquoi ils ont tort…. mais bon vaut mieux dire n’importe quoi à sa population que de dire le droit tel qu’il est car cela finirait de les ridiculiser devant la communauté internationale toute entière
    MAYOTTE EST FRANCAISE ET LE RESTERA !!!
    OCCUPEZ VOUS DE VOTRE PEUPLE QUI EST DANS LE DENUEMENT TOTAL ET DE VOS DIRIGEANTS QUI VIENNENT DE DETOURNER DES CENTAINES DE MILLIONS AVEC LA CITOYENNETE ECONOMIQUE !!!

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