Non-validation des examens trimestriels : à qui la faute ?

Pourquoi le gouvernement a-t-il promis de verser le salaire à des périodes précises s’il ne se sentait pas capable de tenir sa promesse au risque de plonger les élèves dans une telle incertitude ? Le montant estimé pour payer tous les enseignants des trois îles tourne autour de 617 millions de francs comoriens. Est-il si difficile de trouver une telle somme pour sauver l’avenir du pays ? Combien a-t-on dépensé pour organiser autant de cérémonies, de moindre importance, pour ne pas dire futiles ?

Depuis le mois de janvier, les élèves du secteur public comorien attendent impatiemment la publication de leurs examens. Car comme à l’accoutumée, à chaque fin de trimestre, il est important pour tout un chacun de connaitre ses résultats. Une manière pour les élèves de se restructurer, d’évaluer leurs compétences afin de rectifier le tir.

Malheureusement aucun établissement public que ce soit lycée ou collège n’a jusqu’à lors procédé au remplissage de ses bulletins. La raison ? Les enseignants du secondaire refusent de valider le trimestre en signe de protestation. Et ce, en attendant le versement du salaire du mois de mai de l’année écoulée. La décision initiée par l’Intersyndicale des agents de l’éducation qui défend les droits des enseignants sera maintenue jusqu’au paiement du salaire nous dit-on. Empêché d’organiser une marche pacifique, le 3 février dernier, celui-ci avait arraché un accord avec le gouvernement. Il prévoyait une solution basée sur le versement à deux reprises du salaire.

Une première tranche qui devait être intégrée à la fin du mois de février et une seconde le mois suivant. Pour le moment la promesse n’a toujours pas été tenue. Mais aucune information expliquant ce retard n’a été livrée. Aujourd’hui, les enseignants comptent poursuivre leur méthode.Les bulletins du deuxième trimestre risquent de se retrouver encore vierges, une semaine avant le début du troisième trimestre.

Songer d’abord à l’avenir des enfants

Si tous les élèves sont logés à la même enseigne, certains d’entre eux restent à priori, les premières victimes, notamment ceux qui préparent les examens nationaux. D’autant plus que ces derniers sont fixés au mois de juillet prochain. Un haut responsable du ministère de l’Education affirmait que son institution suivait de près le dossier surtout auprès du ministère des Finances pour que tout se termine. Toutefois une question mérite d’être posée. Les enseignants n’ont-ils pas une autre manière de revendiquer ce salaire sans pour autant condamner les élèves ?

Au mois de juin dernier, lors de la signature du mémorandum entre l’Intersyndicale et les trois gouverneurs plusieurs conditions y étaient posées. A commencer par le paiement des reliquats, la prorogation de l’année scolaire, la mise place d’une commission tripartite censée identifier le nombre exact des enseignants avant de procéder aux avancements, ou encore le paiement du mois de mai.

Les deux premières revendications ont été entendues, la troisième serait en bonne voie. Reste donc le versement de ce salaire, devenu, pomme de discorde.

L’ombre de la grève du mois de mai dernier va-t-elle continuer à planer sur l’année scolaire en cours ? Face à cette crise latente, on ne saurait imputer la responsabilité à une seule partie. Certes les enseignants doivent songer en premier lieu à l’avenir des enfants du pays mais les autorités elles aussi sont censées prendre toutes les mesures nécessaires pour sauver un secteur aussi important comme l’éducation.

Quid des promesses du gouvernement

En évitant toute menace de grève. Aujourd’hui, bon nombre de gens restent encore sceptiques quant à l’issue de cette histoire. Que nous réserve encore cette énième grève, se demande-t-on. Les premières conséquences immédiates engendrées par la non-validation des trimestres touchent essentiellement les élèves qui sont en classe d’examen.

Comment vont-ils faire pour déposer leurs dossiers qui doivent être composés de bulletins du premier trimestre ? Pourquoi le gouvernement a-t-il promis de verser le salaire à des périodes précises s’il ne se sentait pas capable de tenir sa promesse au risque de plonger les élèves dans une telle incertitude ? Le montant estimé suffisant pour payer tous les enseignants des trois îles tourne autour de 617 millions francs comoriens. Est-il si difficile de trouver une telle somme pour sauver l’avenir du pays ? Combien a-t-on dépensé pour organiser autant de cérémonies, de moindre importance, pour ne pas dire futiles ?

Abdou Moustoifa / Alwatwan

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