Nord du Mali : combats entre islamistes du Mujao et rebelles touareg du MNLA

16 novembre 2012

Nord du Mali : combats entre islamistes du Mujao et rebelles touareg du MNLA

Des combattants du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le 7 août 2012 à Gao ©AFP

BAMAKO (AFP) – (AFP)

Des combats
ont éclaté vendredi entre les islamistes du
Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de
l’Ouest (Mujao) et des rebelles touareg du Mouvement
national de libération de l’Azawad (MNLA) près de
Gao (nord-est du Mali), a appris l’AFP de sources concordantes.

« Des affrontements se déroulent actuellement entre
combattants du Mujao et ceux du MNLA, ça se passe dans
la région de Ménaka » à l’est de Gao, a
déclaré un élu de la région
contacté depuis Bamako sur son téléphone satellitaire. 

« Le MNLA et le Mujao se battent actuellement dans la zone
de Menaka », mais « c’est difficile de savoir ce qui
se passe, parce que le réseau (téléphonique
normal) ne marche pas », a confirmé un notable de la région.

Une source sécuritaire régionale a également
confirmé ces combats.

A Paris, un représentant du MNLA, Moussa Ag Assarid, a
affirmé que « des combats ont éclaté
vendredi matin près d’Ansongo (localité
située entre Gao et Ménaka) entre combattants du
MNLA et du Mujao dans le cadre d’une offensive visant à
récupérer la région de Gao », tombée
aux mains du Mujao fin juin.

Selon une source sécuritaire du Burkina Faso, pays
médiateur de l’Afrique de l’Ouest dans la crise
malienne, « le Mujao a attaqué des
éléments du MNLA à 80 kilomètres de
Ménaka, à Idelimane » une petite localité
qui est « le dernier bastion du MNLA ».

« Le Mujao a fait beaucoup de prisonniers et pris deux
véhicules, il y a eu des morts », a ajouté
cette source.

Ibrahim Ag Assaleh, membre d’une délégation du MNLA
qui se trouve actuellement à Ouagadougou, a
affirmé que le « MNLA avait tendu une embuscade au
Mujao à 50 kilomètres à l’ouest d’Ansongo.Il
a tué 13 combattants du Mujao et en a blessé
17″. »Côté MNLA, il y a neuf blessés,
dont un grave », a-t-il dit, ajoutant : « les combats continuent ».

Le porte-parole du Mujao, Walid Sahraoui, a de son
côté affirmé à l’AFP qu’il y avait eu
« plusieurs morts et blessés parmi les soldats du
MNLA », sans donner de chiffres.Des véhicules de la
rébellion touareg ont également été
détruits, selon lui.

Depuis deux semaines, un groupe de rebelles du MNLA avait
élu domicile dans la région de Ménaka,
espérant prendre sa revanche sur le Mujao dans la
région de Gao.

Le 27 juin, à l’issue de violents combats qui avaient
fait au moins 35 morts, le Mujao, appuyé par
Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avait
évincé le MNLA de Gao où la rébellion
touareg avait établi son quartier général.

Depuis ces combats de juin, le MNLA ne contrôle plus
aucune ville du nord du Mali, immense région
entièrement occupée par les groupes islamistes,
Aqmi, Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) et le Mujao
qui y appliquent la charia (loi islamique) avec une
extrême rigueur.

La tension était
montée d’un cran en début de semaine après la
mort suspecte dans la région de Ménaka d’un membre
du Mujao, selon des sources concordantes.Certains
témoins avaient affirmé que ce jihadiste du Mujao
avait été tué dans un accident, d’autres
sources qu’il avait été assassiné par le MNLA.

Ces combats interviennent au moment où d’intenses
négociations ont lieu à Ouagadougou entre la
médiation burkinabé, Ansar Dine et le MNLA.Le but
de ces discussions est de rapprocher Ansar Dine et le MNLA
et d’éloigner Ansar Dine d’Aqmi et du Mujao,
considérés comme des groupes « terroristes »
et « criminels » composés essentiellement d’étrangers.

Alors qu’une intervention armée ouest-africaine soutenue
par des pays occidentaux, approuvée par l’ONU, se
précise de plus en plus pour reconquérir le nord
du Mali, Ansar Dine et le MNLA se sont dits vendredi
prêts à un « dialogue politique » avec le
pouvoir malien.

Ansar Dine a levé d’importants obstacles à un
rapprochement avec ses frères ennemis du MNLA en
annonçant également cette semaine qu’il
renonçait à imposer la charia dans tout le Mali,
sauf dans son fief de Kidal (nord-est).Il s’est
également dit prêt à aider à
« débarrasser » le nord du Mali du
« terrorisme » et des « mouvements étrangers »,



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