Nourdine Bourhane, l’enfant indigne de la Cuvette

Nourdine BourhaneL’esprit républicain veut que l’on reconnaisse la défaite de son camp et que l’on salue la victoire de la partie adverse à l’issue d’un combat électoral. Mais en ce qui concerne la victoire du candidat soutenu par le bientôt ex-vice président Nourdine Bourhane à la cuvette, il serait plutôt de bon ton de laisser éclater la colère ! Osons le dire et le rappeler haut et fort.Nourdine Bourhane, tout comme son frère, le ministre actuel de la Justice dans la circonscription de Nioumakélé I a manqué de respect aux citoyens, et en l’occurrence les gens de la cuvette. En cela, celui qui cherche à paraître comme l’enfant de la région a failli à ses obligations. La camaraderie, l’estime et la confiance que nous avons investies en lui ont été trahies, et récompensées de façon négative.

A la cuvette, Nourdine Bourhane, apprend à ses dépens que les gens ne le soutiennent pas, et que les gens vivent mal son comportement et son opportunisme politique. En effet, il avait fait le pari de capitaliser le bénéfice politique de la réfection de la route de la cuvette. Mais en réalité, les gens ne sont pas laissés abuser sur le sujet. Ils savent que le financement de ses travaux était acquis sous le régime précédent ; ils se rappellent également qu’avant ce financement, Nourdine Bourhane, qui avait été plusieurs fois aux affaires, n’avait rien pu faire, et finalement il disait : Le FADC ne peut prendre en charge le financement des travaux, car ce n’est pas une route communale, mais une route nationale. Et pourtant Nourdine Bourhane alors ministre d’économie de Djohar avait ordonné l’enlèvement du reste du bitume pour une réfection imminente de cette route. La cuvette était ainsi restée pendant de nombreuses années la référence en matière d’absence et de délabrement des routes aux Comores.

A la cuvette, Nourdine Bourhane apprend aussi à ses dépens que sa politique de nomination fantaisiste et irresponsable a comme effet de lui attirer plus d’adversaires que de partisans, que sa gestion politico-épicière ne lui garantit aucun succès, et les gens s’éloignent plus d’un roi plutôt que de s’en approcher.

L’opinion majoritaire à la cuvette acquise au JUWA,et à la politique d’A.A.M.SAMBI est naturellement contre Nourdine Bourhane et la région ne peut élire un candidat soutenu par celui-ci. En 2012, j’avais déjà eu l’occasion d’évoquer cette situation avec Nourdine Bourhane, le mettant en garde sur l’échec prévisible de sa politique. Ce jour-là, il me dit : « Aux Comores, quand on a le pouvoir, on ne perd pas ; nous sommes un gouvernement d’action (sic). Quand nous allons commencer à faire les routes, l’opinion va nous suivre ». Et bien l’opinion ne le suivit pas, même dans ce que les gens considèrent à tort comme son fief.

Comme Anisse avec un ego de pêcheur, et pourtant j’ai de l’estime et de l’admiration pour la profession, Nourdine a aussi son ego d’enfant savamment enfoui derrière son air affable parfois débonnaire, mais qui n’est perceptible que par les gens qui lui sont familiers et qui savent l’observer.

La logique aurait voulu qu’il se mordît le doigt en ayant perdu le pari, en constatant son échec et son impopularité ! Non, ce n’est pas délirer comme il a l’habitude de dire aux autres ! Peu importe si Nourdine Bourhane ne croit pas en l’existence de la patrie comme il a confié à quelqu’un pour avoir un soutien électoral : « Je sais que vous croyez à l’idée de patrie, mais dans ce pays, il n’y a pas de patrie ». Une déclaration gravissime pour un vice-président ! Quel manque de respect pour les comoriens ! Quelle fourberie !

Oui on délire, mais on a raison ! L’impopularité et l’échec de sa politique sont là. Et pour masquer cela, il veut se prévaloir d’une victoire de son candidat à la cuvette. Mais à quel prix cette dernière a été obtenue ? L’INNOMMABLE !

Spolier les gens de la cuvette, je veux dire ses parents, ses frères et ses sœurs directs, du libre exercice tranquille de leur droit le plus précieux, le dernier qui leur reste après en avoir été privés de beaucoup d’autres, celui de dire oui ou non, celui de choisir !

Que les gens sachent bien de quoi il est question ici. Nous ne parlons pas de l’argent distribué par le receveur à la Douane nommé par Nourdine Bourhane pour acheter des consciences, Nous ne parlons pas des chantiers, des nominations, des promesses de nominations tous azimuts, nous ne parlons pas non plus du climat d’intimidations et de pressions, de l’existence d’une milice de la terreur proche de Nourdine Bourhane qui ne dit pas son nom. Tout cela n’aurait pas garanti la victoire au candidat soutenu par Nourdine Bourhane, et celui-ci le savait.

Nous parlons de ce que de loin, à Ngazidja et à Mohéli, on feint de ignorer, à l’heure du TSS, le soutien sulfureux du célèbre et sinistre Allaoui Djanfar alias Sarkozy au candidat de Nourdine Bourhane. Nourdine Bourhane ne s’embarrasse guère de principe !

Nous parlons de bourrage d’urnes à la cuvette qui ont faussé la souveraineté du peuple, le jeu démocratique. C’est un crime que Nourdine Bourhane a commis contre les siens directs. Ce n’est pas ce que les gens de la cuvette attendaient de leur enfant. Au lieu de défendre le droit de vote, la libre expression de la volonté de ses parents, de ses sœurs et ses frères, l’enfant indigne de la cuvette, a choisi fait le choix inverse ! Il n’a pas reculé devant l’horreur et le ridicule. L’égo d’enfant qui dort en lui l’a emporté sur le bon sens d’un élu qui se devait de protéger le droit des citoyens, et des siens directs.

Les langues se délient et on connaît maintenant avec force détails ce qui s’est passé le dimanche dernier à la cuvette. L’ OTRC a semble-t-il montré un vice-président votant dans la sérénité et le calme. Mais les gens de la cuvette racontent autre chose. Nourdine Bourhane contourne la neutralité des militaires exigée par Ikililou en affectant des éléments de la gendarmerie dont il a aidé au recrutement à la cuvette. Nourdine Bourhane a voulu compter sur des éléments de la gendarmerie surs et partisans. Les gens racontent que les assesseurs àTsémbéhou et à Dindri où Nourdine n’était pas assuré d’un vote favorable malgré la proposition faite au troisième candidat d’une nomination au poste de conseiller diplomatique en Egypte, ont subi d’énormes pressions et des intimidations, ont régulièrement été virés des bureaux de vote et en leur absence, on bourrait les urnes.

Un exemple pour illustrer l’esprit qui a prévalu à la cuvette le dimanche du deuxième tour. Au bureau n°1 de Tsembéhou, où vote Nourdine Bourhane, à 14 heures l’assesseur du parti JUWA, un proche de Nourdine Bourhane est viré. En ce moment-là, on comptabilisait 200 votants et peu de temps après, il regagne sa place. Le nombre de votants passe à 500. A Chandra où les choses se sont passées autrement, le JUWA arrive en tête et devance le candidat de Nourdine Bourhane de plus de 100 voix.

Nous avons donc honte de notre vice-président qui n’a pas su permettre aux siens de voter tranquillement, d’exercer leur libre expression démocratique et d’être des citoyens comme ceux des autres localités.

Une bataille est peut-être perdue, mais la guerre n’est pas finie. Au fond de lui-même, Nourdine BOURHANE sait qu’il a perdu son combat dans les cœurs des comoriens, même des habitants de la cuvette. Ce qu’il vient de faire nous révolte et nous détermine à le combattre encore plus. Nous ne pouvons accepter que le génie politique de Nourdine Bourhane s’illustre dans une opposition déloyale, illégale et arrogante à la volonté des habitants de la cuvette qui ne demandent qu’à voter tranquillement comme leurs homologues des autres régions.

Les habitants de la cuvette ont droit eux aussi à vivre en paix, avec leurs idées et leurs convictions politiques. Ce qui a été toujours le cas par le passé. La terreur entretenue par la bande à Nourdine Bourhane doit cesser ! Et nous demandons aux éléments armés qui épaulent une milice qui ne dit pas son nom, aisément identifiés qu’ils ne doivent pas se sentir comptables de quoi que ce soit à Nourdine Bourhane et ils ont l’obligation de la réserve républicaine.

Nous ne pouvons accepter que Nourdine Bourhane fasse replonger les gens de la cuvette dans les périodes sombres de notre histoire et l’invitons à venir combattre à la régulière et dans le respect des règles la démocratie et de l’équité, dans le respect des droits et de la dignité de ses parents, de ses frères et sœurs de la cuvette. 

Ahmed BOURHANE, 
Originaire de la cuvette, ancien ami et soutien de Nourdine BOURHANE

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