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Nous journalistes Comoriens exigeons le respect strict et entier des droits de la presse

STOP! TROP C’EST TROP !

Nous journalistes Comoriens exigeons le respect strict et entier des droits de la presse. Des droits bafoués ces dernières années. La dégringolade au niveau du classement mondial en témoigne.

La situation s’empire. Les humiliations de journalistes, les arrestations arbitraires, les confiscations de matériels et de journaux et les menaces qui pèsent sur des confrères constituent des entraves manifestes à l’exercice de la profession.

Au point où, ce pays, notre pays donne l’impression d’une prison à ciel ouvert, où chaque fondé de pouvoir, peu importe son rang, peut instrumentaliser la justice pour intimider des journalistes.

Faut-il rappeler à ces hommes et femmes supposés faire appliquer la loi que ce «quatrième pouvoir » en devenir, est régi par des textes qui ne souffrent d’aucune ambiguïté ?
En tant que citoyen, la constitution dispose dans son Article 13 : « L’État reconnaît l’inviolabilité des droits et des libertés consacrés dans la Constitution et garantit leur protection ». L’Article 28 précise que: «La liberté d’information, de communication et de presse sont garanties dans les conditions fixées par la loi.»

En tant que corporation, la loi de 2010 portant code de l’information et de la communication, notamment l’Article 68 affirme que: «Le journaliste est astreint au secret professionnel et ne peut être, dans ce cas, inquiété par l’autorité publique». La procédure veut qu’en cas de délit de presse, «la citation directe» demeure le seul recours possible.

Or, nous constatons, malheureusement, une violation patente et continue des procédures. En l’espace de 6 mois, (5 journalistes ont été convoqués par les forces de l’ordre pour rompre un principe fondamental du métier: «la protection des sources». Trois d’entre eux ont été déférés au parquet et seulement un cas d’un procès en cours.

Nous sommes inquiets par le discours de certains magistrats qui fait fi du respect de la protection des sources.
A l’approche des prochaines échéances électorales, les ambitions politiques des uns et des autres, la guerre des clans et les manœuvres politiciennes risquent d’envenimer une situation déjà tendue.
De ce fait, Nous comptons rencontrer toutes les parties prenantes afin de réaffirmer les droits de la presse et d’avoir des garanties quant au respect de ces droits.
Informer, enquêter, divertir, dénoncer… font partie des missions d’un journaliste. Le faire en toute quiétude est normal dans un État de droit.

Nous journalistes comoriens veillons au respect strict de la loi. Toute la loi et rien que la loi. Nous ne nous soumettrons jamais à aucun diktat, ni céderons aux pressions. Conscients que les droits sont corollaires à des devoirs, nous sommes disposés à subir les conséquences de nos actes, mais dans le respect de la loi. Est-ce trop demander?

Nous, journalistes comoriens exhortons l’exécutif à passer des déclarations d’intention aux actes , en matière de libertés de presse et le judiciaire d’appliquer la loi.

Moroni le 23 octobre 2019

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