« Nous voulons une institution solide, efficace, flexible… »

Discours du vice-président à l’occasion de la réunion de la BID.

Je voudrais, au nom du Gouvernement des Comores, ainsi qu’en mon nom propre, exprimer mes sincères remerciements aux autorités et au peuple de la République de Tunisie, pour l’accueil chaleureux ainsi que toutes les attentions dont nous bénéficions depuis notre arrivée dans cette ville magnifique de TUNIS.

Je voudrais également exprimer ma profonde gratitude au Docteur Bandar Mohamed Hamza Al Hajjar, Président du groupe de la Banque Islamique de Développement pour la qualité du travail abattu à la tête de la Banque.

Mesdames et Messieurs

Notre Institution devra continuer de promouvoir la solidarité et l’intégration entre nos pays, développer la vulgarisation de la finance islamique y compris le capital humain.
Nous voulons une institution solide, efficace, flexible, proche du peuple et prompte à répondre à leurs besoins dans les situations les plus difficiles.
Le groupe de la BID devra également constituer un levier important pour le développement économique, social et environnemental des pays membres en renforçant davantage le Partenariat Public Privé.

Je voudrais encore saisir cette opportunité pour saluer l’appui multiforme et constant de la BID à l’endroit de mon Pays, l’Union des Comores depuis plusieurs années.
Cet appui a touché plusieurs secteurs notamment l’agriculture, la santé, l’éducation et j’en passe.
Plusieurs autres chantiers sont en instance de financement. Je voudrais citer la Construction d’un centre commercial, la construction d’une zone d’activité économique, entre autres.
Je voudrais indiquer que grâce aux soutiens de nos partenaires au développement notamment le Groupe de la BID, l’Union des Comores a retrouvé la stabilité politique et sociale et s’est engagée dans un processus de relance économique très vigoureuse.
Elle connait une croissance soutenue de plus de 2 % depuis deux ans sous la conduite éclairée de Son Excellence Monsieur AZALI ASSOUMANI, Président de l’Union des Comores.

Notre pays nourrit de grandes ambitions et il aspire devenir un pays émergent à l’horizon 2030.
Cette ambition est loin de rassembler à des promesses politiciennes. Elle est accompagnée de mesures fortes et d’un engagement sans faille.
A titre illustratif, les nouvelles autorités comoriennes viennent de faire sortir le pays d’une longue crise de l’énergie qui avait profondément entravé son développement économique et social et cela à travers des mesures urgentes afin de remédier au plus vite aux pénuries d’électricité et aux délestages permanents qui plombaient notre économie, nos entreprises et nos foyers.
Et passée l’urgence, nous avons organisé les assises nationales de l’énergie afin de doter le pays d’une politique et d’une stratégie énergétique, avec un plan d’actions pluriannuelles.
Et à l’issue de ces assises, nous nous sommes convenus que les Comoriens n’ont pas d’autre choix que d’aller vers les énergies renouvelables.
Aujourd’hui, le pays dispose de grands projets solaires, hydrauliques et géothermiques devant nous permettre de tourner une fois pour toute la page d’une crise énergétique.
Et une fois cette page tournée, c’est le premier pas vers l’industrialisation, gage du développement économique.
J’ai toutes les raisons de croire que nos partenaires vont nous accompagner pour en trouver les meilleures solutions et cela en temps réel.

Mesdames et messieurs,
Malgré que nous ne faisons pas un million d’habitants, notre pays dispose d’un grand marché devant attirer l’attention des investisseurs, étant membre du COMESA, de la COI, du CENSAD, du SADC, entre autres. Et aujourd’hui avec la signature de l’accord de la zone de libre échange continentale africaine, nous couvrons un marché de plus de un milliard deux cent personnes.
Très bientôt, vu l’engagement des autorités comoriennes, et le soutien de nos partenaires, nous comptons devenir membre entier de l’Organisation Mondiale du Commerce.
D’ailleurs, je profite pour remercier la Banque Islamique pour le Développement pour son engagement effectif dans ce processus.
Mon pays dispose du code des investissements le plus attractif de la région, accordant les mêmes avantages aux étrangers qu’aux nationaux sachant qu’en terre comorienne l’investisseur étranger est pris comme un sauveur et non comme un agresseur.
Nous avons une terre fertile qui fait de notre agriculture un secteur porteur. Elle fournit des produits de qualité, que çà soit des fruits, des produits vivriers et j’en passe.
Mais permettez-moi de vous rappeler que notre pays, l’Union des Comores, est connu sous le nom « des iles aux parfums » et cela à travers surtout nos produits de rente qui donnent à notre économie sa valeur noble.
Aujourd’hui, les trois principaux produits exportés par mon pays sont la vanille, l’ylang et le girofle, des produits jugés de qualités mais que malheureusement on est obligé de les exporter d’une manière brute.
Nous avons besoin de votre concours pour nous accompagner dans un processus d’industrialisation de notre agriculture, plus précisément de nos produits de rente, gage d’un sursaut économique de notre pays.

Monsieur le Président,
L’Union des Comores compte sur la Banque Islamique de Développement et autres partenaires au développement pour relever ce défi à travers l’appui qu’ils apporteront pour le financement de notre stratégie nationale de développement baptisée SCA2D révisée.
Notre pays reconnait que la finance islamique a connu, ces derniers temps, un essor remarquable au détriment de la finance classique et ce, grâce à sa résistance à la crise financière que vive le depuis 2008.
La base de ce succès revient, il faut le reconnaitre, à ses fondements religieux et ses régulateurs moraux.
C’est ce qui a conduit, mon pays, l’Union des Comores, de donner plus d’importance à la finance islamique en établissant des lois et règlement pour y faciliter la mise en application.

Monsieur le président,
Excellences,
Nous avons le devoir de se rappeler que la nouvelle dynamique que nous ambitionnons d’insuffler à notre Organisation ne pourra être effective sans la paix et la sécurité au sein de la communauté musulmane.
A cet effet, il est important de noter que notre rencontre d’aujourd’hui se tient dans un contexte international difficile, marqué par des conflits et crises sévères qui continuent de secouer le monde musulman, notamment au Moyen-Orient et en Afrique.

A cela s’ajoutent les récents événements liés à l’islamophobie.
Dans un contexte où les droits des minorités musulmanes sont dans certaines parties du monde violés, appellent de notre part une plus grande vigilance et une plus grande mobilisation, afin de lutter contre les stéréotypes négatifs collés à l’image de l’Islam, religion de paix et de tolérance.
Aujourd’hui, disons-le d’une manière objective, nombreux de nos jeunes ont du mal à assumer leur statut de musulman.
A la question, êtes-vous musulman ? Ils sont obligés de répondre par oui tout en précisant que « mais modéré ».
Oui, dans certains contextes le statut de musulman fait peur parce qu’on l’assimile au terrorisme.

Chers assistance,
Nous avons le devoir- en tant que musulmans- de veiller à ce que nos enfants et nos petits enfants n’hésitent pas à affirmer avec fierté qu’ils sont vraiment musulmans.
Nous devons refuser de faire de nos pays des champs de guerre et de conflits permanents et cela quelle que soit la raison. Rien ne doit justifier une guerre ou des conflits dans nos pays.
Et conscients que ces guerres et conflits trouvent leurs racines sinon leurs points d’attaches dans le désespoir et la quête du bien être, le financement islamique devrait jouer un rôle essentiel au grand bénéfice des Etats membres, au nom des idéaux de solidarité et de partage et inclure davantage la micro-finance qui constitue un outil efficace pour lutter contre la pauvreté des couches vulnérables de nos sociétés.
Je crains que demain certains de nos leaders acceptent de promouvoir des idéologies contre l’Islam en échange de financement de programmes de développement dans des pays très fragiles.
La BID doit mettre un accent particulier sur les échanges intra-islamiques, gage de sécurité et de paix.
Mon pays, l’Union des Comores, se prépare à cet effet en déployant des efforts pour améliorer l’environnement des affaires et de l’investissement, renforcer la compétitivité du secteur privé afin d’attirer les investissements en général, et intra-islamiques en particulier.
Pour clore mon propos, j’implore le Tout Puissant pour qu’Il nous accorde le succès dans tout ce que nous entreprenons, pour la prospérité, le progrès et le développement de la Communauté Musulmane.

Que Dieu entende nos prières.

Je vous remercie de votre attention

Djaffar AHMED SAID HASSANI, vice-président de l’Union des Comores, à l’occasion de la réunion annuelle de la BID
Tunis du 03 au 05 mars 2018

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