"Orphelins" du Tchad : le procès de l’Arche de Zoé s’ouvre à Paris

3 décembre 2012

« Orphelins » du Tchad : le procès de l’Arche de Zoé s’ouvre à Paris

Des enfants faisant partie des 103 présumés orphelins que l’association l’Arche de Zoé avait tenté d’exfiltrer vers la France, le 20 octobre 2008 à Adre, au Tchad ©AFP

PARIS (AFP) – (AFP)

Le
procès des six membres de l’Arche de Zoé, qui
avait tenté en 2007 d’exfiltrer 103 enfants vers la
France en les faisant passer pour orphelins, s’ouvre lundi
à Paris en l’absence de deux de ses principaux
protagonistes et sur fond de colère des familles au Tchad.

Eric Breteau, président de l’association humanitaire et
sa compagne Emilie Lelouch ont fait savoir qu’ils refusaient
de comparaître devant le tribunal correctionnel pour
« exercice illicite de l’activité
d’intermédiaire pour l’adoption », « aide au
séjour irrégulier » et « escroquerie » au
préjudice des 358 familles accueillantes.

En revanche, les quatre autres prévenus -le médecin
Philippe van Winkelberg, le logisticien Alain Péligat,
la journaliste Agnès Pelleran et Christophe Letien, un
membre de l’association resté en France- seront présents.

Une
vingtaine de familles française se sont
constituées partie civile, estimant que l’Arche de
Zoé a abusé de leur désir d’enfant, en jouant
sur « les sentiments, l’affectif ».

Le 25 octobre 2007, dix-sept
Européens, dont neuf Français,
étaient arrêtés à
Abéché (est du Tchad), alors qu’ils
s’apprêtaient à faire embarquer illégalement
vers la France 103 enfants affublés de faux pansements,
présentés comme des orphelins du Darfour,
région soudanaise frontalière du Tchad.

Les enfants, promis à des familles d’adoptants en
France, étaient en réalité pour la plupart
tchadiens et la quasi-totalité d’entre eux
n’étaient pas des orphelins, comme l’association
l’affirmait sur internet, appelant à leur adoption.

En juillet
2007, près de quatre mois après cet
appel, la justice française avait ouvert une
enquête à la suite d’un signalement du
ministère des Affaires étrangères sur les
agissements de l’Arche de Zoé.

En novembre, le gouvernement
tchadien avait libéré les trois
journalistes, le pilote belge et des Espagnols,
impliqués dans cette opération rocambolesque.

Le 26 décembre, un mois après leur arrestation, les
six Français de l’Arche de Zoé avaient
été condamnés à N’Djamena à huit
ans de prison assortis de travaux forcés.Ils
étaient en outre condamnés à verser
« solidairement » aux familles des enfants 6,3
millions d’euros de dommages et intérêts.

Trois mois plus tard, le régime tchadien avait
gracié les membres de l’Arche de Zoé, mais la
question des dommages et intérêts reste entière.

Selon une source proche de
la présidence de la République
tchadienne, qui fait état de
l’exaspération des familles, « le gouvernement
français s’était engagé à payer
l’indemnisation aux parents de victimes, mais jusqu’à
maintenant rien n’a été fait ».La France a
toujours nié cet accord, affirmant ne rien devoir au Tchad.

Le procès doit durer jusqu’au 12 décembre.



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