Ouverture de l’Ecole de Football de l’Archipel : La Ligue détruit l’avenir de cette discipline phare

Moroni,  Les pensionnaires de l’académie Twama ont repris le chemin de l’école, après 3 mois de trêve, mal exploitée. Sans séances d’entrainement pour au moins le maintien, les stagiaires ont perdu du poids. Pire, la négligence de la Ligue aux compétitions structurées des jeunes et l’indifférence de l’Etat au sort de ces futures élites nationales sont pénalisantes. A travers notre interview, Rossignol, directeur de ce joyau de formation, tire la sonnette d’alarme.

Question : Les gosses ont repris les cours ! Que constatez-vous ?

Réponse : (Hésitation et sourire) Le niveau a beaucoup baissé. Après 3 mois des vacances dans leur famille, suivi par le ramadan, en clair sans pratique quotidienne du football, nos stagiaires sont revenus amaigris. Ils ont perdu les bonnes habitudes techniques et tactiques, et aussi l’endurance. Dans le sport de haut niveau, après 15 jours d’arrêt, on repart à zéro. Pendant les 3 mois de trêve, le programme de travail établi n’a pas été respecté par les jeunes footballeurs. On repart avec un niveau très bas. Cette situation nécessite au moins 1 mois de travail pour récupérer un niveau correct.

Question : comment comptez-vous procéder pour atteindre un niveau appréciable et redonner aux gosses la combativité d’antan ?

Réponse : On va retrouver le niveau des enfants par le travail. Avec une application quotidienne rigoureuse et régulière, ils reprendront la cadence. Sans championnat, on prévoit dans notre programme, des rencontres amicales chaque semaine, rencontres avec des équipes de 3e, 2e et même 1ère division. Dernièrement, Steel Nouvel nous a battu par 2/1.

Question : Dans un pays où les Ligues marginalisent les compétitions des jeunes, ce pilier d’une discipline sportive, quel est l’avenir de vos pensionnaires ?

Réponse : L’avenir de ces enfants n’est plus dans le championnat des jeunes, inexistant. A la fin du stage, ils auront 18 ans. Ils seront capables d’intégrer au moins la 2e division. Les meilleurs ont leur place dans la 1ère division. Ces derniers devaient partir à l’étranger, en métropole. Mais, 2 obstacles alourdissent les dossiers. D’abord, l’ambassade de France refuse d’octroyer le visa d’entrer en France à des sportifs mineurs. Ensuite, ces jeunes n’ont jamais participé à un tournoi international. Les recruteurs ne les connaissent pas.

Question : Avez-vous des conseils à donner aux instances, naturellement chargées de l’encadrement technique et financier des jeunes ?

Réponse : Ce n’est même pas des conseils. Ce sont des obligations. Les Ligues doivent organiser des championnats des jeunes depuis au moins l’âge de 13 ans. Cette initiative permettra d’augmenter le niveau global du football comorien. Le programme doit être soutenu financièrement par les autorités. L’Etat ne participe en rien. Il n’y a aucune aide de sa part. Cette indifférence est pénalisante.

Propos recueillis par BM Gondet (HZK-Presse)

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