Pénurie d’eau / A la recherche de l’or liquide

Depuis des semaines, avoir de l’eau dans la capitale est devenu un luxe. Les quelques 80 000 habitants de Moroni passent toute la journée à la rechercher de l’or liquide. Le directeur de l’eau parle d’un problème de pompage pour expliquer la situation actuelle.

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A Vouvouni, principale station de pompage de l’eau, les techniciens de la société comorienne de l’eau et de l’électricité (Ma-mwe) travaillent depuis quelques jours pour le dépannage d’une pompe à eau qui serait la principale cause de la pénurie d’eau actuelle.
« Le problème est dû à une pompe défaillante à la station de Vouvouni. On espère, d’ici lundi (aujourd’hui, ndlr), que les travaux seront achevés », a indiqué Ali Soulé, le directeur de l’eau.
Des techniciens de Ma-mwe évoquent aussi des fuites sur le réseau de distribution de la Ma-mwe. Le problème du courant reste aussi le premier problème de cette pénurie.

« Notre premier problème s’appelle électricité », a dit un agent de la Ma-mwe. D’après lui, le groupe de la station de pompage tourne 4 heures seulement. Le reste de la journée, elle dépend de la centrale de Voidjou. Cette même hypothèse était avancée par le porte parole du gouvernement
S’exprimant après ses 100 premiers jours au gouvernement, son porte-parole Houmed M. Msaidié n’a pas dit autre chose : « cette pénurie d’eau dans la capitale est due au manque d’électricité ».

A Moroni, depuis plusieurs semaines, aucune goutte d’eau ne coule dans les robinets. De temps en temps, de rares fontaines permettent à la population de se ravitailler en eau après de longues heures d’attente. La borne-fontaine la plus sollicitée est celle située en face du magasin Omar Kassim au sud de la capitale.

« J’habite à la Coulée (nord de la ville, ndlr) ; je suis obligée de venir ici pour avoir de l’eau », a dit Sittina Ahmed, rencontrée à la fontaine, en pantalon et tee-shirt avec une casquette bien vissée sur la tête pour se protéger du soleil assez adent pendant ces longues heures passées à attendre son tour.
Une petite affaire s’est développée derrière ce malheur. Des automobilistes livrent de l’eau à domicile pour ceux et celles qui ne peuvent pas se déplacer. « Nous les ravitaillons pour leur rendre service », a dit l’un de ces marchands d’eau. Le bidon d’eau livré coûte 150 ou 200 francs. Il y a des personnes qui ne peuvent pas se déplacer pour prendre de l’eau.

« Personne ne se soucie de notre sort », a déclaré un jeune homme, ses huit jerricans posés à côté de lui devant la borne-fontaine. « Pour les autorités, seules comptent les prochaines élections. Mais sans le peuple, il n’y aura pas de vote », a dit Mohamed Abdillah.
Mohamed Youssouf /LGDC

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