Pénurie d’eau à Moroni : La capitale au régime sec

Selon Abderemane Mohamed, directeur de l’eau à Ma-Mwe, la difficulté d’accès à l’eau potable que connaissent actuellement Moroni et ses environs est dû à un problème de pompe au niveau de la station principale Tp5. Cette station fonctionne, en effet, avec trois pompes en alternance et les deux sont défectueuses.

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Par Abouhariat Said Abdallah

Devant les bornes-fontaines de Moroni, la file des jerrycans d’eau s’étirait hier à vue d’œil. On jouait des coudes pour être aux premières loges et pouvoir repartir avec le précieux liquide. La capitale vient, en effet, de connaitre l’une des plus longues pénuries d’eau de son histoire, soit cinq jours de régime sec. On surveille les bornes-fontaines comme le lait sur le feu.

Dès que la première goutte sort du robinet, on alerte les voisins. Et c’est l’attroupement. «Depuis près de trois mois, nous n’avons pas accès à l’eau normalement. Aujourd’hui, il a plu, tout le monde est venu avec un bidon pour puiser un peu d’eau dans la borne fontaine publique. Souvent, on se rend à Vuvuni, ceux qui ont les moyens achètent des bidons aux vendeurs ambulants à 200 fc l’unité.

Mais il faut au moins avoir 10 bidons dans une famille. Ce qui n’est pas facile. Certains amènent leurs enfants au bord de la mer pour faire leurs besoins et se baigner avant de les conduire à l’école», raconte Youssouf Said, commerçant au marché de Volo-Volo.  «J’ai un véhicule, j’amène mes bidons à Vuvuni ou dans des villages un peu éloignés pour puiser de l’eau et revenir à Moroni. Ceux qui veulent s’approvisionner  dans les bornes fontaines peuvent y passer jusqu’à deux jours», témoigne Mohamed Hassan Aliyamani, natif de Singani.

Ahmed Combo, conducteur de camion-citerne, attend que la station de Vuvuni soit approvisionnée  pour pouvoir honorer les nombreuse demandes de sa clientèle. Pour expliquer la pénurie actuelle, il parle d’un problème d’électricité. «Nous passons la journée ici avec nos camions et des fois, nous rentrons chez nous sans avoir pu obtenir une goutte d’eau». En temps normal, Ahmed Combo arrive à faire deux à quatre livraisons par jour, ce qui n’est plus le cas. «La situation est difficile. Il nous arrive qu’un client passe un mois sans être livré. Dans ce cas, nous remettons le bon à nos patrons», dit-il.

 


Selon Abderemane Mohamed, directeur de l’eau à Ma-Mwe, la difficulté d’accès à l’eau potable que connaissent actuellement Moroni et ses environs est dû à un problème de pompe au niveau de la station principale Tp5. Cette station fonctionne normalement avec trois pompes en alternance et les deux sont défectueuses.

«En outre, on est en période sèche, il y a un problème de rabattement de l’eau au fond du puits. Si on est à marrée basse, c’est à dire que le niveau de l’eau au fond du puits est bas, la seule pompe opérationnelle n’arrive pas à pomper. Mais ce problème a été partiellement résolu et hier il y a eu une petite amélioration par rapport à l’accès à l’eau dans la capitale», précise Abderemane Mohamed.

Et d’ajouter que les délestages ne facilitent pas non plus la tâche. «On ne peut pas pomper sans l’électricité. Ce qui fait qu’actuellement, la station fonctionne entre 5 et 8h de temps par jour au lieu de 24h/24», dit-il. Selon toujours le directeur de l’eau, une pompe commandée depuis le mois d’octobre est attendue en cette fin de décembre. Il espère qu’elle permettra de stabiliser la situation. 

Alwatwan 

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