Peut-on connaître les besoins du peuple en le fuyant 

L’élitisme appris à l’école occidentale nous a enseigné à vivre hors des problèmes que nous sommes supposés résoudre, loin des gens dont nous prétendons analyser les comportements, éloignés des personnes dont nous prétendons solutionner les problèmes. 
La priorité de l’économiste comorien doit se trouver avant tout dans l’acceptation du sujet qu’il veut traiter : la misère. 
Mais sommes-nous certains qu’en vivant avec les miséreux, l’économiste apprend à mieux cogiter les solutions contre cette misère ? Sommes-nous certains qu’en subissant les délestages électriques (coupure intempestives d’électricité) par exemple, l’économiste devient plus conscient que le cours d’eau qui passe derrière sa maison peut tout aussi servir à produire et à moindre frais cette électricité qui fait défaut, pour lui-même d’abord avant qu’il la propose aux autres ? 
Pour y arriver, il faut retourner sur le banc de l’école et ajouter un module qui manque à l’école comorienne : la question de l’utilité sociale de chaque apprenant. Aujourd’hui, chaque étudiant se demande à quel concours de la fonction publique il pourra avoir droit avant de choisir les filières qui l’intéressent. Il est évident que le jour où il sera au travail, son seul objectif sera son propre salaire et non l’élévation du niveau de vie des habitants sous sa responsabilité. 
Demain, nous devons arriver à changer le mode de pensée et réussir à faire en sorte que l’élève se pose avant tout la question de savoir en quoi il sera utile à la société ; et seulement après avoir répondu à cette question, il pourra choisir une filière pour matérialiser sa réponse. 
Rappelez-vous que si vous avez honte de nos populations et de leur misère, c’est de vous-même que vous avez honte. Il est très intéressant de vivre au milieu des gens pour mieux apprendre de leurs besoins et d’en faire votre business. Car au Comores, la vraie richesse ne se gagne pas avec les riches, mais avec cette population en apparence pauvre. 
Par : Mohamed Soighir

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