Plaidoyer du ministre des Relations extérieures : “Notre diplomatie répond désormais aux intérêts de notre pays”

Mohamed Bakri Ben Abdoulfatah Charif, ministre des Relations extérieures et de la coopération chargé de la diaspora, de la francophonie et du Monde arabe a présenté, pour la première et en exclusivité, son bilan au siège du journal Al-watwan, estimant que “des désinformations” et des “contrevérités sont souvent véhiculés par la presse“, sapant une action diplomatique qui est souvent victime du “secret qui entoure bon nombre de missions”.

Il dit “souhaiter initier des relations nouvelles, franches et directes avec la presse“, estimant pour l’occasion, qu’être accompagné avec son staff direct, permet de “nouer les contacts nécessaires”. Le ministre a tenu “mettre fin aux rumeurs qui lui prêtait des déplacements ou des participations à des conférences internationales, sans que le président de l’Union n’en soit informé”.

Mohamed Bakri Ben Abdoulfatah Charif a tenu aussi à préciser que “la diplomatie était du domaine réservé du chef de l’Etat, et qu’aucune position, aucune décision et aucune initiative ne pourrait être prise sans son consentement ou son initiative“. Pour le cas d’espèce, le ministre a indiqué qu’il a participé à la conférence des pays non alignés, parce que “le président de l’Union en a décidé ainsi, alors que l’assise se tenait au même moment de la visite présidentielle à Malabo”.

Il rappelle que son action s’inscrit et se limite “aux missions confiées par le président”, dont celles de “préserver une bonne image du pays et savoir agir dans son intérêt”. “Depuis que nous avons pris ses responsabilités, nous avons dû régler les impayés des contributions de notre pays envers des organisations comme la Ligue des Etats arabes (près de 230 millions des francs comoriens par an), et l’Union africaine (75 000 dollars)”.

Dans ce domaine, “j’ai engagé un travail de plaidoyer pour stopper le processus de la fermeture du bureau de la Ligue arabe aux Comores“. Parce que, selon lui, “le problème des contributions non honorées, depuis notre admission en 1993, a beaucoup compté pour cette fermeture, et parce que la Ligue est en crise de trésorerie”, depuis que près d’une dizaine de pays ne paient pas leurs contributions.

“Nous avons pourtant attribué un bâtiment au siège de la Lea. La même mésaventure nous est arrivée à la francophonie“, rappelle-t-il. A son actif, Mohamed Bakri insiste sur le fait qu’“il était impensable qu’après notre indépendance, on n’avait pas de représentation comorienne à Addis-Abeba comme tous les pays africains, comme il était inadmissible également que les Comores n’avaient pas établi une ambassade à Pékin alors que la Chine a été le premier pays à reconnaitre notre indépendance et à s’installer aux Comores”.

“C’est chose faite“, dit-il, car “notre diplomatie répond désormais aux intérêts de notre pays”. La première question d’actualité, notamment le dernier naufrage qui a fait plus d’une trentaine de disparus, le ministre a été saisi sur le contenu du message envoyé à la France. Sur ce sujet grave, Mohamed Bakri s’est contenté de “présenter ses condoléances aux familles attristés”, comme il a affirmé qu’il n’a pas été informé de la mission de l’émissaire français aux Comores, n’étais pas non plus au courant des rencontres tenues avec des personnalités comoriennes sur la question du visa Balladur.

Le ministre des Relations extérieures a, par contre, déclaré que “les Comores avaient fait un grand pas en matière d’intégrité territoriale et de souveraineté en signant les accords frontaliers avec ses voisins immédiats, comme la Mozambique, la Tanzanie, et récemment avec les Seychelles”.

Répondant à la question de savoir s’il avait engagé des initiatives pour stopper celles de la France qui visent à empêcher les Nations unies à valider ces accords intégrant Mayotte dans l’ensemble comorien, le ministre a assuré que les Nations unies avaient été saisies de la question, tout comme il a rappelé que l’Union européenne avait été saisie également et à plusieurs reprises sur la question de l’admission de l’île comorienne comme Région ultrapériphérique de l’Europe.

Le ministre a confirmé que son département avait également “saisi le secrétariat général des Nations unies pour inscrire la question de Mayotte avec débat à l’ordre du jour de l’assemblée générale” et a rassuré que, “cette fois-ci, elle ne sera pas retirée sur demande des autorités comoriennes”. Sur le volet coopération, l’absence d’initiatives de la part du ministère a été évoquée comme le manque de suivi des promesses d’engagements financiers issus de la conférence de Doha, par exemple.

Le ministre renvoie la balle à son collègue des Finances et au commissariat au plan, “les seuls habilités à suivre ces dossiers et à les traiter en priorité”. Mohamed Bakri a cherché à s’opposer à ses adversaires qui l’accusent d’amateurisme, qu’il a servi le pays et a occupé des postes stratégiques dans l’Administration avant de devenir ministre des Relations extérieures du pays.

Il a été tour à tour, président du tribunal de Fomboni, secrétaire général au ministère de la Justice, co-président la Conférence nationale, membre du Conseil constitutionnel, ambassadeur des Comores en Lybie. Son cursus est “suffisamment riche d’expériences pour les faire valoir” au poste qu’il occupe aujourd’hui.

Interrogé sur le malaise interne dans les rangs de diplomates qui s’estiment lésés dans leur carrière, notamment l’ambassadeur Chamssoudine Mhadjou, qui serait remercié de son poste, après avoir tenues des propos courageux sur l’Unité des Comores et en rappelant le danger de la participation de Mayotte en tant qu’entité au sein de la Coi (Commission de l’Océan indien), le ministre a “démenti cette information, et a parlé de déplacement routinier de poste”, comme il a trouvé aussi “normal que l’ambassadeur Mahamoud Soilihi soit affecté à un autre poste”, réfutant ainsi “les accusations de sanctions”. A.A.A

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