Plan social pour Comores Telecom : Un rapport préliminaire cible 570 agents en surplus pour 1,092 milliard d’indemnités

Longtemps mis à côté, au profit d’autres aspects financiers et techniques dans le débat qui oppose partisans et adversaires du processus de privatisation de Comores Telecom, le volet social du dossier refait surface. Ceci survient après la découverte du pot aux roses d’un “plan social“ qui viserait à dégraisser jusqu’à milles postes chez l’opérateur public comorien des télécommunications.

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Cette perspective continue à faire trembler les quelques 1.145 agents employés par l’opérateur historique. Une situation qui allait vite être, tour à tour, dénoncé par l’association des consommateurs des technologies de l’information et des communications (Actic) et la Confédération des travailleurs comoriens(Ctc) (lire Al-watwan du 2 et 3 août 2012).

Aujourd’hui, c’est au personnel de Comores Telecom de revenir à la charge dans une lettre ouverte, qui leur est attribuée et adressée entre autres aux présidents de la Cour constitutionnelle, de l’assemblée et des conseils des îles, aux gouverneurs, aux partis politiques, et aux représentants des organisations de la société civile. Le processus de privation est ainsi battu en brèche.

En réponse à cette lettre, Oubeidi Mze Chei explique qu’“le personnel affecté pour les télécoms ne constitue pas l’essentiel du personnel car au lieu de sous-traiter certains services, la société a créé ses propres structures telles que garage, société de sécurité. Au mois de mai, il y avait environ 1.200 employés“.

Pour le conseiller du président de l’Union et secrétaire permanent de la Cellule chargée du suivi des réformes économiques et financières (Cref), “si on compare le critère de comparaison de la rentabilité d’un employé par nombre d’abonnés, sur treize pays africains étudiés, on obtient une moyenne d’environ un employé pour quatre mille abonnés.

Pour Comores Telecom, on trouve un employé pour 280 abonnés. Ce qui traduit un sureffectif évident“. Et de reconnaitre que “Comores Telecom est le deuxième employeur après l’Etat… il faudra nécessairement une concertation avant toute décision”. Le secrétaire général de la principale force syndicale du pays, Salim Soulaimana, avait déclaré lors d’une récente conférence de presse que “si au final, c’est pour mettre plus de milles responsables de familles au chômage, alors nous ne sommes pas du tout d’accord avec le processus de privation en cours à la société publique des télécommunications” Qu’en est-il vraiment de ce dégraissage?

C’est ce que définit un rapport, le deuxième, intitulé “Projet de plan social préliminaire sur l’adéquation entre les besoins réels en ressources humaines, les effectifs actuels de Comores Telecom et une estimation plus précise des besoins de redéploiement du personnel de la compagnie“. Cette étude, commandée par le gouvernement comorien et la Société financière international du Groupe de la Banque mondiale, inspire en grande patrie les orientations du gouvernement dans l’élaboration de la feuille de route sur la privation de l’opérateur.

Ce rapport parle d’un surplus de 570 employés, et d’un plan social d’un coût minimum estimé à un peu plus de 1,092 milliard de francs. “Il s’agirait, note les auteurs du rapport, d’une estimation préliminaire du coût financier du plan social, comprenant les indemnités de départ en retraite pour les employés ayant droit à une pension de retraite d’ici à l’année 2017 (46 employés), les indemnités de départ des employés permanents en surplus qui ont moins d’une année d’ancienneté (82 employés) et les employés permanents en surplus qui ont plus d’une année d’ancienneté avec Comores Telecom (437 employés)“.

Pour produire ce document et ce model de plan social, les auteurs du document ont retenu l’hypothèse que deux entités seraient créées pour succéder à Comores Telecom. Il s’agit d’une société de gestion des réseaux issus du “backbone“ et une société administrant les réseaux fixes et mobiles. “Nous avons également gardé à l’esprit une probable libéralisation du marché dans un horizon de deux ans avec l’octroi d’une deuxième licence de téléphonie mobile et la nécessité pour l’acteur historique de s’y préparer en gagnant en efficacité et efficience“, expliquent-ils.

Le travail produit par les consultants du cabinet canadien, “Sggroup Consultants“, se nourrirait également des expériences internationales et solutions utilisées couramment pour ce type de société sur les marchés émergents. Un troisième rapport, qui traitera de la version complète du plan social, devait soumettre les scénarios recommandés de reconversion du personnel, une estimation des besoins en formation des cadres et employés retenus, des plans de reclassification des employés et une évaluation détaillée du coût financier du plan social.

Ce processus de privatisation est enclenché depuis 1992 avec trois étapes, jugées préalables, à savoir la scission de l’ancienne Société nationale des postes et télécommunications (loi 97-004 prévoyant la création de deux sociétés anonymes), qui a ensuite donné Comores Telecom et Snpsf, et la mise en place de l’autorité de régulation avec comme premier objectif de procéder à la libéralisation du secteur des télécommunications et à la création d’un environnement concurrentiel réglementé.

C’est la loi 95-008 qui autorisait la concession ou privatisation des sociétés à capitaux publics. Une autre loi a été votée en 1997 pour la privatisation des télécommunications (loi 97-003).


Kamardine Soulé

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