Pôle mère-enfant du Chn El-Maarouf : La suspension de la construction surprend le bailleur

Abouhariat Said Abdallah

La suspension du projet de construction du Pôle mère-enfant au Centre hospitalier national El-Maarouf a fait l’objet d’une conférence hier, jeudi à l’ambassade de France à Moroni, au cours de laquelle l’ambassadeur et le directeur de l’Agence française de développement (Afd) ont montré leur incompréhension face à cette décision «unilatérale» du gouvernement comorien. Ils déplorent un manque de concertation avec le bailleur. L’ambassadeur Robby Judes dit avoir appris la nouvelle «brutalement» dans un communiqué de presse du ministère de la santé.

Le diplomate français rappelle que le financement a été sollicité pour la réalisation d’un pôle mère-enfant d’excellence et que ce projet a été en étude depuis décembre 2012, soit 4 ans de réflexions et que toutes les parties concernées ont été consultées et donné leur accord que ce soient les hommes politiques, les médecins, les techniciens, les gestionnaires. «Ce projet est le fruit d’une longue réflexion et innombrables réunions. Nous sommes étonnés de la suspension brutale de ce projet vital pour la population comorienne, qu’il soit arrêté comme ça sans aucune explication ni concertation», regrette l’ambassadeur.

Il indique, en outre, que cette décision de suspension intervient trois jours avant la date limite de soumission des offres des entreprises de construction. Quant au directeur de l’Afd, Daniel Lubeth, il soutient que le projet Pasco III avait, parmi ses objectifs principaux, la mission de travailler sur la réduction de la mortalité maternelle et infantile.

«L’une des composantes de ce projet était de compléter le financement  du pôle mère-enfant, d’apporter l’assistance technique nécessaire à son démarrage, de finaliser les équipements et de continuer de subventionner les frais d’accouchement de la population» dit-il. Et d’expliquer : «un pôle mère-enfant d’excellence suppose un certain nombre de services techniques.

Il ne s’agit pas de mettre des chambres et des lits mais qu’il y ait un plateau technique. La réponse était à la fois de traiter l’urgence pour répondre aux attentes d’accouchements avec la possibilité architecturale d’extension pour augmenter le nombre de lits d’hospitalisation à 60. Le cœur du problème c’est la qualité technique, ça ne sert à rien de faire 100 lits si on n’a pas tous les services techniques qui peuvent répondre aux cas difficilse d’accouchement».

Pour Robby Judes, le temps est maintenant compté. «Si en haut lieu on pense qu’on peut attendre pour réfléchir d’un côté, en excluant les responsables de l’Afd, qu’on nous soumettra un nouveau projet qui n’a rien à voir avec le projet originel dans quelques mois ou années, ça nous sera difficile de relancer le projet ou pire encore de le retransformer suivant ce qui ne nous correspond pas pour la simple raison que ce projet est le résultats de plusieurs années de réflexions des deux côtés et nous étions en phase de finalisation», déclare l’ambassadeur. «Le volet de financement prévu pour la construction du pôle mère-enfant était prévu jusqu’en décembre 2017», renchérit Daniel Lubeth. 

Alwatwan 

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