Politique : des remous au sein de l’alliance Cran-Dudja

Pour Aboubacar Abdoulwahab, le Dudja est un partenaire important, «le premier à croire en nous», mais «la Crc et l’Orange le sont tout autant». Didi Hamadi n’est pas de cet avis. Pour lui, «notre parti est plus qu’un partenaire. Nous avions une alliance électorale: Hassani Hamadi aux élections des gouverneurs et El-Bak aux présidentielles».

Par  Abdallah Mzembaba 

Officiellement, tout va bien. Mais, tout n’est pas si rose entre le parti du gouverneur Hassani Hamadi et celui de l’ancien président de l’île Mze Abdou Soulé El-Bak. L’alliance entre le Cran et le Dudja connait, en effet, des remous même si, d’un côté comme de l’autre, on récuse le mot «crise». Pourtant, chaque camp se dit «insatisfait». Aboubacar Abdoulwahab alias Kadafi, un des cadors du Cran, affirme haut et fort qu’il n’y a aucun conflit. Seulement, «Dudja nous a proposé un accord et nous avons refusé. Nous sommes un parti jeune, nous venons de perdre notre secrétaire général (Hassani Hamadi, élu gouverneur, ndlr), nous avons donc besoin de nous restructurer et d’élire un bureau avant de procéder à tout éventuel accord», explique-t-il. Mais du côté de Dudja, son secrétaire général estime que cet accord, formalisé et signé, est nécessaire. Pour Didi Hamadi, «la cohabitation avec le Cran n’est possible qu’avec un accord. Aussi solide que puisse être notre alliance, la suite ne peut qu’être incertaine si on n’a rien d’écrit». 

Pas qu’un partenaire 

Autre sujet de désaccord, la gestion du pouvoir. Quant Didi Hamadi estime que «tout va bien», Aboubacar Abdoulwahab, lui, affirme le contraire. «Tout n’est pas comme on l’aurait souhaité et c’est valable aussi au niveau de l’Union. Mais, nous avons foi en Hassani Hamadi et nous restons persuadés que la réalisation de toutes nos promesses électorales se fera dans les temps». Avant d’ajouter: «Hassani Hamadi a le bagage intellectuel, l’expérience politique et toutes les armes nécessaires pour mener à bien ses projets. Les mois qu’il vient de passer à la tête de l’île lui ont servi pour tisser des liens avec des bailleurs étrangers. Il a aussi travaillé avec ses conseillers pour monter des projets aujourd’hui devenus bancables, reste plus qu’à trouver le financement». Autre point de divergences, le partenariat des deux partis.

Pour Aboubacar Abdoulwahab, le Dudja est un partenaire important, «le premier à croire en nous», mais «la Crc et l’Orange le sont tout autant». Didi, lui, n’est pas de cet avis. Pour lui, «notre parti est plus  qu’un partenaire. Nous avions une alliance électorale: Hassani Hamadi aux élections des gouverneurs et El-Bak aux présidentielles». 
Cependant, tout n’est pas que désaccords. Les deux hommes partagent le même avis :»le premier gouvernement ne pouvait pas satisfaire tout le monde». Etant donné que «nous avions plusieurs alliances il fallait toutes les satisfaire. Le Dudja n’a pas à se sentir lésé, nous avons tous les mêmes prérogatives.

L’essentiel c’est que Ngazidja profite pleinement de nos cinq ans au pouvoir «. Dans ce sens, Didi Hamadi déclare : «nous n’avons qu’un seul commissaire, celui à l’Éducation, or nous aurions aimé en avoir plusieurs ce qu’il y a de normal mais qu’à cela ne tienne, nous comprenons». Nos deux interlocuteurs affirment, par ailleurs, que «des rencontres ont lieu entre les deux partis. Et quand le temps le permet, nous rencontrons aussi le gouverneur». Pour ce qui concerne la démission d’El-Bak, Didi Hamadi parle d’une décision personnelle «et d’ailleurs nous n’avions pas été concertés lors de sa nomination». Et Aboubacar Abdoulwahab de renchérir : «entre les deux partis tout va bien. Après je ne sais pas si Hassani Hamadi et Mze Soulé El-Bak ont des problèmes entre eux».

Alwatwan 

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