Pourquoi les Seychelles et pourquoi pas les Comores ? Les Comores, un pays à la fois victime et coupable de sa misère…

Tout le monde le sait, les Comores ont pris leur indépendance en 1975, le pays disposait de tout pour se construire un avenir meilleur malgré l’ombre impérialiste qui restait aux aguets pour avorter toute tentative et possibilité vers une autonomie économique ou sociale. Nous étions un pays riche grâce à des ressources naturelles abondantes, nous étions plus avancés que les Seychelles devenus indépendants en 1976, soit une année après les Comores. Pendant cette époque prospère, les Comores, sous la bonne gouvernance du Mongozi Ali Soilihi aidaient même les Seychelles financièrement et leur fournissaient des armes. Pourtant, aujourd’hui, la réalité est tout autre, 40 années nous séparent des deux indépendances, les Seychelles ont su entamer un développement galopant tandis que les Comores ont suivi le sens inverse en s’éloignant de ce pays jadis moins développé que nous.

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Depuis l’indépendance de notre pays, les autorités comoriennes, habitées par un mal nommé « arrogance », ont privilégié « la corruption » à l’équité, contrairement aux Seychelles qui, depuis son indépendance, son plus grand combat est « la réussite économique et sociale du pays », ce qui hisse aujourd’hui ce dernier au rang des pays qui connaissent un bien-être social inégalé, devançant de grands pays tel que la Chine.
Pourquoi notre échec ? Pourquoi n’avons-nous pas pu miser sur cette longueur d’avance que nous avions sur les Seychelles ainsi que l’avantage que nous avions sur nos ainés, pourtant handicapés par deux fardeaux, à savoir, l’analphabétisme de la population et le colonialisme ? Malgré le peu de temps qu’ils ont passé à la tête du pouvoir, deux grandes personnalités nous ont marqué de leurs empreintes et nous font réaliser que nous aurions pu aller plus loin que les Seychellois qui font partie désormais du club des 83 pays les plus riches du monde alors que nous sommes à la 17ème place des pays les plus pauvres de la planète (selon un classement de la FMI entre 2009 et 2013) et à la 15ème place des pays les plus corrompus du monde pendant que notre voisin, toujours les Seychelles, fait partie des pays les moins corrompus d’Afrique (selon un classement de 2015 de l’ONG Transparency Intenational).

Qui sont ces imminentes personnalités qui auraient pu faire décoller notre pays ? L’histoire retiendra incontestablement le socialiste Prince Said Ibrahim et l’unique révolutionnaire comorien Mongozi Ali Soilih, paix à leurs âmes.
Pourquoi notre peuple est-il à la fois victime mais en même temps coupable ? De l’autonomie interne jusqu’au régime révolutionnaire d’Ali Soilih, la Corruption ainsi que toutes formes de délinquance qui la caractérisaient étaient considérées, aux yeux de la population, comme un acte honteux et répréhensible. Ces voyous, quelques soient leur rang social étaient dénoncés, déshonorés et voire banni de leurs villages. Le peu de moyen que disposait l’État était utilisé pour l’intérêt du peuple. De nos jours le mot peuple n’existe plus dans les esprits de nos dirigeants. Autrefois, les bananes mûrissaient sur les bananiers, les cocos secs trainaient par terre aux pieds des cocotiers, les poules se promenaient dans nos jardins et quartiers, les œufs aussi y abondaient, car à l’époque, le VOYOU D’HONNEUR n’existait pas ! La vérité est là, il n’existe pas de remède miracle pour notre pays tant qu’il existerait le VOYOU D’HONNEUR !

De nos jours, ces voyou, avec arrogance, occupent les premiers rangs dans toutes les manifestations culturelles, cultuelles, sociales et politiques, que cela soit dans les places publiques, dans les foyers ou même dans les mosquées au détriment des gens honnêtes, intègres et patriotes.
Par conséquent « le vol » est devenu « le modèle » le plus envié. Le paysan a perdu l’espoir, il ne travaille plus par crainte de cultiver pour les autres et finir en prison. La Corruption a gangrénée toutes les couches sociales : des notables aux chefs de villages, du policier au gendarme, du juge au député, du ministre au président.
Voilà la réalité de notre pauvre « Comores ». Les investisseurs les plus fortunés aimeraient investir dans nos îles paradisiaques au paysage unique au monde. Qui ne voudrait pas investir dans le tourisme avec notre Karthala et nos ilots, dans l’industrie de la poissonnerie avec nos eaux les plus poissonneux au monde, connus pour leur meilleure qualité ? Nous possédons les mêmes avantages climatiques, géographiques et donc économiques que les Seychelles, la mer, les poissons, les plages paradisiaques, les lagons… mais à la différence des Seychelles, la corruption aux Comores fait fuir les investisseurs. Et comment ne pas prendre ses jambes à son coup lorsqu’un investisseur est condamné à sortir des pots de vin depuis l’aéroport jusqu’à son hôtel avant même de pouvoir prononcer un mot sur son projet ?

Mes chers compatriotes, on nous parle tous les jours de gaz, de pétrole, dans notre sous-sol, tout ceci est avéré. Mais le peu d’expérience que je dispose dans notre cher pays, détrompez-vous, tant que la corruption vivra, le chaos règnera à l’image du Congo, ex-Zaïre de Mobutu, classé le premier pays le plus pauvre au monde par le FMI entre 2009 et 2013, malgré ses richesses extraordinaires. LES SEYCHELLES N’ONT PAS DE PETROLE, mais ils ont la bonne gouvernance et un peuple qui se bat pour défendre ses acquis démocratiques afin de promouvoir une cité d’équité et de justice. Je pense que vous méritiez mieux. Si on ne change pas nos mentalités et qu’on ne choisit pas des dirigeants honnêtes et patriotes, ce n’est pas le pétrole qui viendra nous changer, ce sera tout le contraire. Nous investissons beaucoup pour nos enfants dans des écoles privées aux Comores et à l’étranger pour leur assurer un meilleur avenir, mais malheureusement aucun parent ne souhaiterait le retour de son fils au pays où le chômage est chronique et systématique sans oublier le non-paiement des salaires. Cela dure depuis presque 40 ans, et cela a suffisamment duré !
Ali Said Bacar, ancien candidat au deuxième tour à la députation de Ngouwengwé

1 commentaire sur Pourquoi les Seychelles et pourquoi pas les Comores ? Les Comores, un pays à la fois victime et coupable de sa misère…

  1. cher ali les comoriens sont unanimes sur la situation du pays mais personne ne bouge.Tout le monde veut le pouvoir pour sa propre poche et rien d’autre mon frère.le comorien ne connait pas ce que c’est la honte,ceux qui aimaient le pays sont morts en emmenant le patriotisme avec eux.Un jour un français a dit en arrivant aux comores
    quel gachis

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