Premiers soins gratuits à l’hôpital El-Maarouf : un mensonge !

Cela fait presque 5 mois depuis que le ministère de la santé a déclaré que les premiers soins sont gratuits à l’hôpital. La Gazette des Comores est partie vérifier la véracité de ces dires au centre hospitalier national El-Maarouf. Sur place, nous avons constaté le contraire.

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Lot de médicaments remis l’année dernière au CHN Elmaarouf pour les urgences

Même dans son bilan annuel, Moinafouraha Ahamed n’a pas manqué de marteler que « les premiers soins sont gratuits » à l’hôpital. « C’est faux », rétorque presque la totalité de nos interlocuteurs hospitalisés à El-Maarouf. Aux Urgences, une dame qui travaille dans une pharmacie de la place nie catégoriquement cette information. « Et, si c’est vrai, pourquoi j’ai acheté tous mes médicaments ? », s’indigne-t-elle en ajoutant que rien que la journée de lundi, elle a payé plus de 25 000 fc. « La plupart des médicaments, je les ai pris dans ma pharmacie », précise-t-elle en sortant de la salle pour acheter les médicaments restants.

Une infirmière qui travaille dans cet hôpital de référence reste, elle aussi, du même avis avec les autres garde-malades que la Gazette a pu rencontrer. La semaine dernière, elle avait une malade. « C’est moi qui suis allé acheter tous les médicaments », témoigne-t-elle en précisant que « même les perfuseur, je les ai amenés de chez moi ». Cette infirmière qui garde l’anonymat regrette que « même l’analyse du paludisme n’est pas gratuite et même les gants de 50 fc sont facturés ». Le malade doit se débrouiller pour se dépister du palu. Et une dame assise au chevet de son malade ajoute qu’elle est à l’hôpital « cela fait trois jours et qu’elle va à la pharmacie prendre les médicaments gratuitement mais c’est parce que son mari a souscrit une mutuelle de santé ».

Un médecin atteste de son coté que « cette gratuité existe», même s’il reconnait que « ce n’est pas à 100% ». Mais comme La Gazette n’était pas la bienvenue dans ce service, ce médecin n’a pas pu en dire plus. Des infirmières qui se trouvaient dans la salle de soin ont refusé de répondre à nos questions sous prétexte qu’elles étaient occupées. « Va-t-en et revient demain, vous aurez plus de détails», lance un aide-soignant.

Par contre, 95% de nos interlocuteurs affirment que « les consultations aux urgences sont gratuites». Même si d’autres patients affirment que même la consultation est payante. À la sortie, « on nous demande de tout payer », ajoute cette infirmière qui travaille dans un hôpital privé mais qui était hospitalisée la semaine dernière à El-Maarouf. « Lorsque le médecin nous a donné l’autorisation de sortir, on a constaté que même les 1500 fc de la consultation figuraient dans la facture finale ».

Ce constat, nous amène à se poser des questions sur la situation exacte à El-Maarouf. Est-ce que les stocks de médicaments destinés aux premiers soins sont détournés ? Ou tout simplement, l’approvisionnement a cessé après la première livraison de ces médicaments ?

Ibnou Mohamed Abdou

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