Présidentielle : Le trop-plein de candidats n’est pas du goût des électeurs

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La Cour constitutionnelle a déclaré recevables vingt-cinq candidatures à la présidentielle de février et avril prochains. Un record, un chiffre jamais atteint dans l’histoire des élections présidentielles aux Comores. Pour la majorité des Comoriens, cet «engouement est inquiétant». «Cette affluence ne surprend pas si l’on voit ce qui se passe ces derniers temps», estime Youssouf Madi, instituteur originaire de Mwali. Pour lui, les Comoriens ne tiennent pas compte «de l’importance et de la valeur des fonctions». «Le niveau a baissé et les hautes fonctions sont occupées par n’importe qui avec toutes les conséquences que nous connaissons», a-t-il déploré, avant d’ajouter : «ce n’est pas vrai, ces gens-là ne se soucient pas du pays».

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Même réaction de la part de celui qu’on surnomme Commandant, résidant à la Coulée, qui estime que «25 candidats, c’est très nombreux». Il s’interroge «sur le fondement de leur démarche». «En tout cas, à voir cette liste de gens, cela fait peur», s’inquiète-il.

Un haut cadre de l’éducation nationale pense que «ce déferlement s’explique par le manque d’organisation de la vie politique’’. «Il n’y a pas de parti politique, donc pas de contrainte», fait-il observer, expliquant que ceci a favorisé «l’égoïsme» des uns et «l’avidité politique» des autres.

Ce professeur de sciences parle de «manque de contrainte» qui facilite l’accès aux hautes fonctions à des gens qui le méritent moins ou pas du tout. «Chacun peut faire ce qu’il veut», dit-il, rejoignant ceux qui estiment que la caution devrait servir d’outil de dissuasion. «A cinq millions, n’importe qui peut se porter candidat car là personne ne se présente pour gagner l’élection, mais pour espérer pouvoir se caser en négociant avec les candidats les plus avantagés», pense Ahmed Wardati, étudiante à l’Université des Comores.

Si cette pléthore de candidats est si négativement jugée par la majorité, des gens que nous avons rencontrés, eux, croient que c’est une bonne chose. «Plus les candidats sont nombreux, plus le choix sera aisé pour les électeurs».

Saminya Bounou / Alwatwan

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