Présidentielles 2016 : les résultats sont tombés

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Enfin ! Car la tension était extrême. Et il faut se réjouir que l’explosion n’ait pas eu lieu. Félicitations donc aux principaux acteurs. En premier lieu aux battus.

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Bien évidemment les résultats sont provisoires, les recours sont possibles. Bien sûr il se trouvera encore des gens à vouloir entretenir la tension. Mais je crois qu’il ne conviendrait pas de réveiller des démons. Il ne faut plus crier « au voleur ». Surtout quand on avait le pouvoir. En général ceux qui sont en position favorable pour tricher, ce sont ceux qui sont au pouvoir. Quand on a été battu sur ce terrain-là, il vaut mieux se taire. « Mdru yetsuhe guo hu kantsi ». Le pays a tout intérêt à tourner la page et à se focaliser sur l’avenir.

Il faudra penser aux déroulements des élections. Ce fut lamentable à tout point de vue, recensement des électeurs, distribution des cartes, multiplicité des candidats, multiples irrégularités, suspicions sur des « partenaires » du pays, une CENI et une CC qui n’inspirent ni respect ni confiance, etc. La tendance dans le monde est à la marchandisation des élections : on vend un candidat par des astuces de communication ; sous nos cieux on achète même les électeurs, on corrompt les institutions qui devraient être au-dessus de la mêlée. Il faudra aussi y réfléchir, chercher des voies plus judicieuses pour capter le choix des citoyens. Un système réellement démocratique doit permettre d’élire, de contrôler et de révoquer les élus.

Il faudra sincèrement mettre de côté les affrontements inévitables durant la compétition et revenir à l’unité de la nation et aux nombreux défis auxquels elle est confrontée : la lutte contre la pauvreté, pour l’amélioration des conditions de vie de tous les jours des citoyens, la lutte contre le séparatisme qui a gangrené le pays, le traitement de la question de l’île comorienne de Mayotte, etc.

Il faudra réfléchir sur la démocratie comorienne, l’absence de débats politique de fond, les groupements politiques autour de personnalité et non autour de programme, l’apport des médias d’Etat dans la vie politique et sociale, etc.

Il faudra pour les continuateurs du mouvement patriotique et révolutionnaire comorien se ressaisir. L’absence du FD dans la campagne consacre la disparition de ce parti. Il est aujourd’hui quasiment réduit à l’état du PASOCO, des personnes s’en réclament mais ils ne représentent rien et leur pratique laisse à désirer pour ne pas dire condamnable. Il faut reconstruire le camp pour peser sur les choix et pourquoi pas, se lancer à la conquête du pouvoir. Rêvons à un candidat susceptible de gagner les futures présidentielles et tendons nos efforts dans cet objectif !

Au final, félicitations aux heureux élus, puissent-ils se hisser à la hauteur de leurs fonctions en écartant les interférences étrangères dans nos affaires et en privilégiant en toutes circonstances les intérêts bien compris du pays. Et dans cette perspective organiser les assises nationales dans les meilleurs délais forcerait un vrai consensus national sur les orientations fondamentales, fournirait un excellent indicateur et permettrait de mobiliser toutes les énergies positives du pays.

Idriss Mohamed

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