Privatisation de Comores Telecom : Mauritius Telecom à Moroni pour tâter le terrain

Comores Telecom
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Depuis lundi, une forte délégation de la société Mauritius Telecom a multiplié les rencontres avec les différents acteurs chargés du dossier sur le processus de privatisation de l’opérateur public comorien des télécommunications. L’opérateur mauricien n’est pas le seul à avoir répondu à l’appel à manifestation d’intérêt, lancé au mois de novembre dernier, par le gouvernement comorien, pour l’ouverture du capital à hauteur de 51% de Comores.

Quatre autres groupes, à savoir Telecom Malagasy (Telma), Outre-mer Telecom (Only), Vietnam Telecom (Viettel) et Portugal Telecom sont aussi sur la course des prétendants au statut de partenaire stratégique de l’Etat comorien. Ce dernier sera actionnaire à hauteur 34%. Quant aux employés de Comores Telecom, ils seront actionnaires, selon la feuille de route du processus de privatisation, à 15%.

Une équipe de Telma présente ces derniers jours à Moroni, dans le cadre du projet du câble sous-marins inter-îles “Fly“ (lire Al-watwan du 13 décembre 2012), aurait également profité pour aborder la question de la privatisation. Selon une source proche de l’Autorité nationale de régulations des Tic, la délégation de Mauritius Telecom aurait affiché, au cours de ses échanges avec les responsables du régulateur comorien, son intérêt pour la reprise du capital de l’operateur public comorien, à condition d’avoir “l’exclusivité d’exploitation“ de licence dans le secteur pour une période d’au moins un an.

Des visites des autres opérateurs qui se sont manifestés seraient prévues le mois prochain. “Il s’agit d’une présélection et la liste reste toujours ouverte”, assure-t-on du côté de la Cref, qui assure la présidence du comité chargé de ce processus de privatisation. Si l’on s’en tient à la version mise à jour de la feuille de route, la cession de l’opérateur public à un “partenaire stratégique“, devraient intervenir dès le premier trimestre 2013. La privatisation de Comores Telecom fait partie des nombreux objectifs poursuivis par l’accord triennal dit de Facilité élargie de crédit, signé en 2009 entre les Comores et le Fonds monétaire international.

La dernière mission du Fmi, qui a séjourné à Moroni du mardi 12 au samedi 23 mars, a appelé le gouvernement comorien à poursuivre le processus de “privatisation de l’opérateur public Comores Télécom avec l’aide de la Bad, de l’Union européenne et de la Banque mondiale.“ Le processus de privatisation de l’opérateur historique est enclenché depuis1992. Trois étapes ont été jugées préalables pour aller vers un désengagent de l’Etat dans la gestion de l’opérateur public des télécommunications.

Ces étapes consistaient en la scission de l’ancienne Société nationale des postes et télécommunications et en la mise en place de l’autorité de régulation avec comme premier objectif de procéder à la libéralisation du secteur des télécommunications et à la création d’un environnement concurrentiel réglementé.

La loi n°95-008 autorisait la concession ou privatisation des sociétés à capitaux publics. Une autre loi, celle-ci votée en 1997, autorisait le gouvernement à libéraliser les Télécommunications et à la privatisation des activités de la Société nationale des postes et télécommunications. Depuis 2008, une loi a été votée pour régir le secteur. Si la scission de la Snpt est effective depuis 2004, l’étape de libéralisation du marché est loin de l’être. Au mois de mars 2012, l’Autorité de régulation a révoqué la licence de Twama Telecom du groupe Cgh, après cinq ans de non-exploitation. La décision de révocation émise par l’Anrtic dispose aussi que ladite licence est restituée au domaine public et fera l’objet appel d’offres ultérieur organisé par le régulateur. Ce qui n’a pas été encore fait.

Kamardine Soulé / alwatwan

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