Quand la terreur s’installe à Moroni

Moroni est devenue le théâtre d’une terreur qui s’installe du jour au jour et personne n’en parle. Certes, ce n’est pas dans le camp du pouvoir que cela pourrait être dénoncé, mais notre inquiétude grandit du jour au jour quand on sait que ce qu’on appelle communément  » société civile » dont la majorité sont nos intellectuels, on ne dénonce rien et on regarde avec impuissance ce phénomène prendre de l’ampleur. Pour s’innocenter devant un tel drame, on laisse tout sur les épaules des politiques alors qu’on a tous le devoir de dénoncer et de tirer la sonnette d’alarme. Et dans tout ça, le chef de l’Etat continue de  » moraliser » et d’emprunter ses marques d’un homme honnête, soucieux du devenir de son peuple, or, c’est du pipo comme disait l’autre.

Dans la nuit du 31 Décembre 2012, des individus ont pillé, saccagé et incendier le petit restaurant d’Abdallah Agwa situé tout prés du palais de justice de Moroni. Ce journaliste qui a eu l’audace d’aider Ikililou dans son combat anti-corruption paie cher son geste devant les yeux de la justice alors qu’il n’a fait que répondre aux attentes du chef de l’Etat qui a demandé à tout le monde de l’accompagner dans sa guerre contre la corruption. Ne soyons pas dupes et évitons surtout de jouer les prolongations inutiles. Eclairons la société car l’histoire nous attend tous au tournant et jugera chacun de nous, qu’on le veuille ou pas. Abdallah Agwa a dénoncé publiquement le journaliste de l’ORTC, le misérable Nono qui, travaillant aux côtés du quatrième vice-président des Comores, et candidat à la mairie de Moroni, oh, pardon, de l’homme d’affaires Shemir Kamoula, est payé par ce dernier pour nuire l’image des opérateurs économiques de notre pays, moyennant les services d’Abdallah Agwa, avec la somme de 200 000F comoriens. Ce dernier a pris pour témoin le peuple comorien et s’est rendu à la Commission anti-corruption pour attester les faits, et lui a remis cette modeste somme en échange d’un procès verbal. Mais, craignant les foudres de Shemir et ses milices, la Commission anti-corruption a remis vite l’argent à Abdallah Agwa, et au sommet de l’Etat, c’est le silence radio. Ni vu ni connu.

Aujourd’hui, le pauvre Agwa paie cher avec la destruction de son restaurant, une manière de faire taire les bonnes consciences qui partent en guerre contre la corruption. Ceci doit interpeller chacune et chacun de nous et nous devons absolument avoir le moral d’acier et ne plus nous laisser intimider par ces milices qui œuvrent pour la popularité du futur  » maire » de Moroni, Shemir Kamoula, qui continue à bénéficier de largesses de l’Etat.

Aujourd’hui, une seule question vint dans la bouche du comorien :  » quelle genre de corruption Alhaji Dr Ikililou, veut-elle- s’attaquer ? Tout le monde s’attendait que le bâtiment abritant CRTV sera fermé car oser s’attaquer au mari de la propriétaire, est un énorme risque à prendre et ce n’est plus une surprise. C’est seulement malheureux d’étouffer cette station de télévision où tout le monde peut exposer ses idées, et surtout encourager la liberté d’expression et donner une bouffée d’oxygène à la démocratie.

Face à ces égarements, on ne peut que prôner la paix, mais, parviendront-on à arrêter la révolution qui s’annonce partout ? Difficile à s’y opposer car le peuple souffre et ces milices ne feront jamais reculer la volonté de celui-ci. Certes, le président de la république serait sur la voie de décorer le trio Mamadou-Mzimba-Shemir en redonnant au premier un ministère clef pour exterminer le peuple, mais l’heure s’approche et leur mafioso sera sévèrement sanctionné.

Qui vivra verra.

Mohamed Ben Ali

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