Que peut faire l’Etat Comorien pour le diaspora(Comorien) en France

Que peut faire l’Etat Comorien pour le diaspora(Comorien) en France

Les Comores sont l’un des pays du tiers monde où l’apport de la diaspora est le plus important sur les activités économiques du pays. Les Comoriens commencent à s’installer en France après la deuxième guerre. Ce flux migratoire qui va connaitre un développement exponentiel après l’accession des Comores à l’indépendance ne va pas s’arrêter pour atteindre aujourd’hui quelques 800.000 résidents comoriens en France. Aujourd’hui la première ville des Comores en termes de population n’est plus Moroni la capitale fédérale mais plutôt Marseille. On ne peut plus en effet se promener à Marseille sans se rendre compte de la densité de notre communauté dans la région.

Il faut cependant noter que depuis deux ans, on parle plutôt en mal de la communauté comorienne pour des faits liés à la délinquance. Il s’avère que des jeunes comoriens sont de plus en plus impliqués à des crimes ou ils sont parfois éliminés dans des affaires souvent non élucidées. Des affaires «classées sans suite» puisqu’il s’agirait de « règlements de compte» entre de «personnes connues de la police». Le silence des comoriens et surtout du gouvernement Comorien dans ses affaires est coupable. Oui parce que aussi délinquants qu’ils puissent être, ces enfants n’en sont pas moins des comoriens, je veux dire des êtres humains qui méritent notre compassion.

Cette situation qui s’aggrave tous les jours nous interpelle. Qu’est-ce-qui pousse ainsi des jeunes à s’éloigner de l’école pour s’engouffrer dans les voies sans issues de la délinquance si ce n’est de la grande criminalité?

Ne sommes-nous pas quelque part responsables de ce qui arrive à nos enfants. Avons-nous accordé à ces enfants le temps, l’attention et les moyens nécessaires à leur épanouissement. Aujourd’hui l’heure est grave. Au sein du parti Comores Alternatives, nous pensons qu’il est urgent que le gouvernement Comorien prenne ses responsabilités vis à vis de la diaspora. Pour les comoriens de France et de la Réunion en particulier nous demandons :

– Que le gouvernement Comorien mette au service de la diaspora, cinq consulats généraux pour aider la diaspora dans leur quête de bien être aussi bien en France que dans leur pays. Ces consulats pourraient se repartir entre Marseille, Lyon, Nantes, Paris et St Denis de la Réunion.

Marseille est aujourd’hui la première ville Comorienne au Monde, devant la capitale fédérale, Moroni avec plus de quatre vingt mille ressortissants Comoriens. L’ouverture d’un consulat général à Marseille est plus que nécessaire. Le recensement de 2004, chiffre à 80000(quatre vingt milles) les Comoriens vivant à Marseille. L’Etat Comorien ne peut pas continuer à ignorer cette réalité. Apres d’énormes pressions Sambi finit par céder et pour la première fois dans l’histoire ouvre un consulat à Marseille. Le premier Consul des Comores à Marseille fut un français qui éprouva des difficultés à gérer les comoriens et fini par fermer le Consulat. Un consul comorien aurait-il eu plus de chance? En tout cas nous demandons la réouverture de ce consulat.

Un pays doit se donner les moyens de ses ambitions. Les Comoriens sont plus nombreux à l’extérieur qu’à l’intérieur de leur pays. Cela a des avantages. Mais cela a aussi un prix. . A Paris certains pourraient croire que l’ambassade suffit pour s’occuper de la vie des Comoriens en île de France. Le travail du consul n’est pas nécessairement celui de l’ambassadeur qui s’occupe plutôt de diplomatie que d’intégration sociale. Les Comoriens sont dispersés partout en France. On ne peut pas oublier les Comoriens qui vivent dans les régions des pays de la Loire, de la Normandie et de la Bretagne. Eux aussi ont besoin de l’assistance de l’Etat comorien.

L’île de Réunion héberge une forte communauté Comorienne. Les Comoriens sont la première communauté immigrée dans l’Ile devant les malgaches et autres groupes. Eloignés de Paris les comoriens de l’ile sont d’autant plus exposés. Et pourtant leur participation au secours des dernières intempéries est significative de leur profonde implication dans le développement des Comores

– Que le droit de vote soit accordé aux comoriens de l’étranger. Il parait que cette loi est déjà votée en faveur de droit de vote des Comoriens de la diaspora. Dans ce cas, nous demandons sa mise en application enfin de le mettre en valeur.

-Que la diaspora Comorienne soit représentée au sein de l’assemblée nationale. Pourrait-on ici s’inspirer de Mohéli s’agissant du découpage et du nombre d’élus. L’assemblée Nationale est le lieu où sont prises les lois de la République. Les représentants de la diaspora y ont toute leur place. S’il est vrai que la diaspora comorienne constitue le premier pilier économique du pays il n’est pas normal que ces derniers ne soient pas impliqués au processus de prise de décisions.

– Que l’Etat Comorien aide la diaspora à constituer une organisation représentative pour défendre les intérêts de ses membres. La dispersion des associations, le regroupement par île ou villages n’aide pas à la défense des intérêts du groupe. Il est intolérable que des jeunes comoriens continuent de tomber à Marseille sans que personne ne s’en émeuve. La situation des jeunes Comoriens de Marseille doit nous interpeller .C’est d’un appel au secours qu’il s’agit.

Si un organe représentatif de la communauté Comorienne existait, il aurait imposé sa présence à Marseille. Aux cotés du gouvernement français, il aiderait à trouver les moyens de lutter contre la violence et ce faisant à venir en aide aux jeunes comoriens. On ne peut pas guérir un malade sans le consulter. Une thérapie à distance ne fera pas un grand effet, si le gouvernement français prétend qu’on est lié de loin ou de près, il a intérêt à associer les Comoriens dans sa stratégie d’éradication de la violence à Marseille.

Comores-Alternatives considère que la mise en œuvre de cet organisme représentatif des comoriens de France est d’une impérieuse nécessité. Car avec cet organisme

– l’affaire Yémenia serait aujourd’hui bien avancée

– le dossier du droit de vote des comoriens de l’étranger serait sans doute déjà mis en œuvre

– Paris, Marseille, Lyon auraient déjà leur consulat

– nous serions déjà sur le terrain à Marseille à soutenir nos enfants en attendant l’aide des gouvernements français et comoriens – nous nous opposerions à ce grand mariage qui ne dit pas son nom et qu’une minorité de parasites est entrain de nous imposer en France aux seuls fins de leurs intérêts égoïstes et qui nous oblige à supporter deux grands mariages à Marseille et Moroni

– dans nos Madjalis comme dans nos toirabs nous parlerions de la situation des comoriens de France, de la délinquance qui tue les enfants…

– nous serions intervenus auprès des gouvernements français et comoriens pour que nous obtenions un moyen de transport direct et fiable entre Moroni et Paris…

Oui à Comores Alternatives nous croyons que nous pourrions nous organiser pour parler d’une seule voix et mettre fin à cette mascarade qui veut qu’à chaque journal de la télévision comorienne vous découvrez une nouvelle délégation, de nouveaux visages qui représentent la diaspora… Oui le moment est venu pour la diaspora d’ouvrir le grand débat sur la diaspora comorienne aujourd’hui

– sur sa vie en France ou il se croit toujours en transit alors qu’il y passe toute sa vie

– sur la vie de ses enfants qui manque de tout parce que tout doit aller aux Comores; qui ne voit pas ses parents qui consacrent tous le weekend de libre au mashouhouli qui s’étendent du vendredi au dimanche – sur une vie de dénuement et de privation parce que aujourd’hui en plus du bangwe du bled il y a le bangwe de Marseille, Lyon et Paris ou les mariages aujourd’hui n’ont rien à envier à ceux de Moroni ou Foumbouni avec l’honneur en moins(Mharouma) bien sur!

Autant de sujets tabous que nous nous devons de lever pour le salut de la diaspora comorienne de France.

SAID ABDILLAH SAID AHMED

Animateur Principal de « Comores Alternatives »

saidabdillah@yahoo.fr

 

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