Quel est le projet de votre candidat pour le pays ? Quelle est sa vision pour ce pays ?

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Tandis que la classe politique se déchire, en jouant au fameux jeu de « Sauve qui peut et A moi, à moi….», on a oublié l’essentiel : on a oublié pourquoi on vote pour un président, pourquoi tout le pays est mobilisé dans ces élections.

Les citoyens sont plongés dans les affres du régionalisme, du clientélisme, de l’affairisme, pour nouer des alliances de circonstance, intéressées et cupides sur le cadavre d’un vrai débat politique sur le proche avenir du pays.

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Les 3 candidats en lice pour le 2e tour et leurs affidés se démènent pour acheter les grâces des candidats éliminés et surtout se partager les morceaux du parti Juwa, mis à terre à cause des errements de son chef, dont la seule et unique préoccupation aujourd’hui est de savoir sur quel pion s’appuyer, pour assurer ses arrières, en cas d’inculpation par la justice.

Jusqu’à la dernière minute, Sambi, le derviche tourneur ne savait plus sur quel pied danser ; aux dernières nouvelles, il a opté pour Azali, après avoir placé ses pions auprès des autres candidats, selon les règles du fameux jeu « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le 1er……. »

Pourtant, les Comores sont considérées comme l’un des pays les plus pauvres du monde avec tous les voyants au rouge : chômage galopant, un système éducatif malade, un système de santé défaillant incapable d’assurer une sécurité de santé de base, une pauvreté généralisée et sans espoir qui pousse des dizaines et dizaines de citoyens à tenter, quotidiennement l’émigration vers Mayotte au péril de leur vie, les services de base à la vie des citoyens, complètement défaillants : pas d’eau, pas d’électricité ……Un État complètement en faillite…. et ce depuis….l’indépendance.

Alors, on aurait besoin d’un vrai débat politique pour penser l’avenir de ce pays.
Alors, on aurait besoin que les citoyens questionnent leurs candidats sur leur projet pour le pays, les obligent à s’engager pour sortir enfin le pays de l’enfer…

Nous sommes déjà intervenus sur le premier obstacle à tout redressement économique et social du pays : à savoir l’assainissement du système politique et social, en menant un combat sans merci contre la corruption sous toutes ses formes. Il faut que le prochain président des Comores, puisse être jugé pour la gouvernance du pays, et être inculpé et emprisonné, le cas échéant.

Tant qu’un président de la République ne sera pas déféré un jour en justice, jugé et condamné, ce mal ne pourra être enrayé dans les hautes sphères politiques et administratives et dans la mentalité des citoyens.

Il faut en finir avec l’impunité des présidents et installer enfin la peur de la honte et de la déchéance dans le cœur des politiques. C’est à ce prix que l’État pourra enfin compter sur un budget réel, basé sur les ressources du pays (recettes fiscales, douanières, bénéfices des sociétés, aides extérieures…). C’est après cette première condition remplie que le pays peut relever le deuxième grand défi, à savoir, la réalisation d’un projet de société.

Aucun des pouvoirs qui se sont succédé à Moroni, ne se sont fondés sur un véritable projet économique susceptible de marquer durablement la société et tirer tous les secteurs vers le haut ; on se cantonne seulement à lancer des multiples mini-projets, éparpillés sans effets réels sur l’ensemble. Et les campagnes politiques, c’est cela : promesse pour ceci, promesse pour cela, mais une vision pour le pays, des projets avec des objectifs stratégiques, nada, niett….

Sambi, malgré tous les reproches qu’on peut lui faire, avait compris cette nécessité, en élaborant son projet d’habitat : c’est le type de projet d’envergure capable de modifier la société : lutte contre les conditions insalubres, contre la pauvreté, pour l’évolution des mentalités, essor de la construction etc . Malheureusement, l’on sait comment le projet a été détourné comme tant d’autres.

C’est d’un projet comme celui-là que le pays a besoin pour s’en sortir, un projet capable de servir de locomotive économique et sociale et d’apporter de l’espoir aux peuples de Comore, d’Anjouan et de Mohéli.

Quel est le projet de votre candidat pour le pays ? Quelle est sa vision pour ce pays ? Quels moyens seront mobilisés ? Chaque candidat a le devoir de se poser ces questions et d’influer sur les débats et la prise de conscience. Un projet de société intéressant serait par exemple : « Faire des Comores, une destination touristique, reconnue dans la région et respectant l’écologie ».

Voilà un projet stratégique susceptible de faire évoluer l’économie et la société : en effet, il s’agit d’un projet qui va traverser la société et en faire lever des pans entiers. Par exemple, pour réaliser ce projet, il faut disposer des infrastructures adéquates : un réseau routier normal qui permette la circulation, à travers les régions, un parc hôtelier rénové et adapté, des restaurants qui fonctionnent bien.

Il faut également disposer des commodités normales de la vie : l’eau courante, un réseau électrique fiable, un système de communication avec l’extérieur efficace, autant de nécessités impérieuses.

Une autre nécessité, ce sera de résoudre la question des déchets, qui fait de notre pays, un dépotoir à ciel ouvert, véritable usine productrice de microbes et de maladies et véritable repoussoir pour tout visiteur.

Nous constatons ainsi que la réalisation d’un tel projet serait extrêmement bénéfique pour le pays, sans compter les retombées purement économiques, comme la création d’emplois dans plusieurs secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, l’agriculture, la pêche, l’artisanat, le transport etc. sans compter que toutes les îles et toutes les régions pourraient en bénéficier. Mais cela requiert bien sûr, une ambition et une volonté politiques qui sont des denrées rares au sein de la classe politique comorienne.

On ne peut clore ce chapitre sans évoquer la perspective du pétrole, car à l’évidence, cela peut être une bénédiction ou au contraire une véritable malédiction.

Et au point où est la politique dans ce pays, il n’y a pas de place à l’optimisme, tant la cupidité et la malhonnêteté sont grandes, dans un pays sans loi, le droit quasi inexistant à tous les niveaux, ce qui peut donner naissance à un affairisme international effréné, au profit des intérêts de quelques uns. Déjà la1ère phase de la prospection a annoncé la couleur et on a vu tous les requins, de Sambi aux éternels ministres, fossoyeurs de l’économie nationale, montrer les crocs.

Pour que le pétrole ne soit pas une autre malédiction, le pays doit se protéger en légiférant sur la répartition des recettes pétrolières, et en les affectant d’autorité sur les réalisations sociales (tel pourcentage pour l’éducation, pour la santé etc.), en érigeant des garde-fous pour la protection de notre environnement pour un pays écologiquement fragile tel que le nôtre etc.

Et surtout, il faut établir dans notre législation, la possibilité de traduire en justice les présidents, même pendant ou à la fin de leur mandature. Il faut que notre constitution établisse « l’impeachment », la mise en examen d’un président comorien, en exercice et sa poursuite pénale, et même pourquoi pas sa traduction auprès des tribunaux internationaux, pour crime contre le peuple. Et ce serait là la véritable révolution pour ce pays et le début de la sortie des enfers.

Dans un pays où tout le pouvoir se concentre sur un seul homme, c’est le début de la solution à notre question : « Comment sortir du gouffre ? »

Anli Yachourtu JAFFAR

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