Ramadan Les prix vont crescendo à Volo-volo

Au grand marché de Volo-volo, la loi de l’offre et de la demande est suspendue à l’humeur des vendeurs. Les commerçants proposent, chacun, le tarif qui lui convient. Des produits agricoles aux produits halieutiques, les prix ne sont plus abordables. Ceux prônés par les autorités insulaires peinent à trouver leurs places.

 

Il était 11h30, hier jeudi 17 mai, 1ère journée du mois sacré de Ramadhwani, quand le journal Al-watwan s’est rendu au marché principal de la capitale (Volovolo) pour observer les prix des produits agricoles et halieutiques qui, particulièrement, sont prisés en ce mois sacré de Ramadhwani, notamment pour la rupture du jeûne.

Après plus de 30mn d’échanges avec les bouchers, les vendeurs de poissons, de bananes, patates, taros entre autres, on a tiré la conclusion que le comorien est confronté à deux situations durant ce mois de Ramadhwani. Le citoyen doit choisir entre manger difficilement ou rompre le jeûne uniquement avec de l’eau et une baguette de pain.

Les prix des produits de première nécessité, sur le marché à Volo-volo, ont augmenté. Une situation qui ne permet pas à toute la population d’acheter les produits voulus, en qualité et en quantité, pour la préparation du repas cré- pusculaire. Tous les produits de première nécessité ont connu une flambée des prix.

Mariama Abdou se demande la somme qu’il faut pour faire des achats à Volo-volo, en ce mois sacré pour nourrir une famille de cinq personnes. “La question se pose chez nous où on compte cinq personnes, mais sérieusement, je me demande ce que font les familles qui comptabilisent un peu plus de cinq personnes, dix personnes par exemple, pour rompre leurs jeûnes”, s’interroge-t-elle.

A prendre ou à laisser

A Volo-volo, le slogan adopté par tous les commerçants est “Renga hau urentsi (à prendre ou à laisser)”. Le prix du thon est à 2500 francs le kilo, pendant que le kilogramme de bonite varie entre 1750 et 2000 francs. Quant aux poissons rouges, le kilo est fixé à 2500 francs, avec des réponses, avec la question magique qui est posée à tout le monde. “Tu prends ou tu laisses ?”, ou bien “tu peux aller pêcher si ce prix ne te convient pas”.

La viande fraîche, quant à elle, se discute entre 3000 et 3500 francs. Cela dépend de la qualité désirée par le client. La viande congelée coûte 2300 francs le kilogramme. Les ailes et cuisses de poulet sont à 1000 francs le kilo. Outre les poissons, la viande et le poulet, les produits agricoles ne sont pas en reste. Quelqu’un est allé jusqu’à dire que “même dans un pays sinistré par le volcan, on n’allait pas acheter un tas de trois maniocs à 1000 francs”. Pour la banane, un quartier de régime bananes qui compte seulement 10 unités se discutait à 1000fc. La patate douce, quant à elle, se vendait à 1000, un tas de 8 à 10 unités. Concernant les taros, un tas de 4 taros rouges coûte 2 000 francs et un autre de 8 taros blancs à 1000 francs.

“Pourquoi acheter des patates et des bananes à ces prix, pendant que les prix restent extrêmement élevés”,a-t-on demandé à une dame qui faisait ses courses au grand marché de Moroni. Avec un ton léger, la dame a répondu : ”que veux-tu que je fasse?”, rejetant la faute sur les autorités et les forces de l’ordre qui, en ce mois de Ramadhwani, devaient veiller au respect strict des tarifs. Pour elle, s’il n’y a personne pour exiger le respect des prix homologués au niveau des autorités, personne au sein de ce marché ne le fera puisque les commerçants sont tous là en quête d’argent.

Une autre femme, la cinquantaine atteinte, reste sidérée et s’est demandée comment se fait-il que la première journée du mois sacré de Ramadhwani, aucun élément des forces de l’ordre ne se trouve au grand marché de Volo-volo, du moment où l’Etat a la responsabilité de veiller pour que chaque comorien puisse passer les 30 jours du mois dans de meilleures conditions. Et Fatima Saïd de conclure que ce qui se passe au marché principal de la capitale n’est à raconter nulle part. “Il suffit de se rendre sur les lieux pour le découvrir”, dit-il montrant un sachet en plastique qui n’é- tait pas du tout plein. Elle a indiqué qu’il s’agit des courses de 15.000 francs. “Je ne sais pas ce que j’ai acheté”.

Les œufs, le grand absent à Volo-volo

Pourquoi vendre cher pendant que les autorités insulaires (commissariats à la Production et aux Finances) ont signé une décision conjointe portant fixation de certains produits de première nécessité à des prix raisonnables?  L’une des vendeuses qui ne voulait pas dévoiler son nom, a répondu que cela sera toujours ainsi. Une réponse surprenante.

“Depuis quand un commissaire, qui ne s’est jamais rendu ne serait-ce qu’une seule fois au champ, peut se permettre de fixer un prix de quelque chose qu’il ne sait même pas comment il est arrivé sur le marché ?”, a-t-elle lâché.

Pour elle, les prix dépendent de l’offre des clients. “Quand il n’y a pas de clientèle, un quartier de banane s’achète à 500 francs même moins”. Mais “entsihu yamdru hundra, mwendza baraka katsowa (le jour où on doit gagner, une personne bénie ne peut pas perdre, Ndlr)”, lança-t-elle en langue nationale. L’autre fait marquant de ce début du mois de Ramadhwani 2018 est la pénurie d’œufs.

A Volo-volo, la demande se répétait devant les commerçants, tel le refrain d’une chanson. “Pouvez-vous m’indiquer où peux-je trouver des œufs ?” Avec une ambiance à la hauteur d’une journée du début du mois de Ramadhwani, le marché principal de Moroni était pris d’assaut par la population. On se demande comment, avec ce rythme, le comorien arrivera-t-il à passer les 30 jours de jeûnes dans la stabilité économique, pendant que les commerçants font la pluie et le beau temps ? Il faut au minimum 10.000 francs par jour pour satisfaire la famille. Ce qui fait, 300.000 francs le mois, l’équivalent du salaire mensuel d’un directeur général d’une société d’Etat et tout le monde ne l’est pas.

Ali Abdou/ Alwatwan

 

1 commentaire sur Ramadan Les prix vont crescendo à Volo-volo

  1. Pendant ce temps les autorités insulaires ainsi que celles de l’union pavoisent que grâce à leur politique les comoriens vont passer un bon ramadan .Messieurs c’est loin d être le cas.

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