RDC : la rébellion aux portes de Goma

19 novembre 2012

RDC : la rébellion aux portes de Goma

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Le corps d’un soldat de l’armée congolaise tué sur la route entre Goma et Kibati, le 18 novembre 2012 ©AFP

GOMA (RDCongo) (AFP) – (AFP)

Les rebelles
du M23 ont mené ce week-end une offensive
majeure jusqu’aux portes de Goma, la capitale régionale
du Nord-Kivu, dans l’est de la République
démocratique du Congo (RDC), provoquant la fuite de
chefs militaires et de civils congolais dimanche ainsi que
l’exode de réfugiés d’un camp voisin.

Les rebelles congolais, qui mènent leur plus forte
offensive depuis leur mutinerie en mai dernier dans le Kivu,
une région minière limitrophe du Rwanda, ont
arrêté leur progression à environ cinq
kilomètres du centre de la ville mais ils ont
menacé de « prendre » la ville s’ils étaient
attaqués par l’armée.

En juillet dernier ils étaient arrivés à 30
kilomètres affirmant ne pas vouloir aller plus loin.

Selon une source militaire occidentale, un accord serait
intervenu pour que les rebelles s’arrêtent à 5 km
du centre-ville sur les hauteurs.

Des hélicoptères de l’ONU qui appuient l’armée
gouvernementale ont tiré dimanche des roquettes et obus
pour tenter d’endiguer l’avancée rebelle
vers l’aéroport de Goma, a indiqué un
porte-parole des Nations unies à New York.

Les
militaires mandatés par l’ONU ont « notamment
utilisé quatre hélicoptères de combat », a
déclaré à l’AFP Kieran Dwyer, ce
porte-parole.Des milliers de civils ont fui la zone des
combats, a ajouté M. Dwyer.

Le responsable militaire du Mouvement du 23 mars dans ce
secteur, le colonel Innocent Kayina, interrogé par un
correspondant de l’AFP, a déclaré s’arrêter
près de Munigi, au nord près de l’aéroport.Mais, « si les FARDC (Forces armées de la RD Congo)
nous attaquent, on prendra la ville », a-t-il ajouté.

Aucun corps ni aucune trace de combat n’était visible
à proximité de Munigi, qui jouxte une base de
l’ONU occupée par un bataillon sud-africain.

Le porte-parole de l’armée à Goma, interrogé
au téléphone, a démenti le contrôle par
le M23 de Munigi et affirmé que les FARDC étaient
en position dans cet endroit et aux abords de la ville.

Dans la ville même, la situation était calme dans
l’après-midi.Aucun tir n’était entendu et
« aucun incident majeur » n’a été
signalé, a assuré à l’AFP le vice-gouverneur
provincial, Feller Lutaichirwa.

Selon lui,
les militaires se sont retirés afin « d’éviter
un bain de sang » dans Goma, « ville de
déplacés, prise en étau », entre le lac
Kivu et la zone occupée jusqu’à présent par
le M23.

« Nous sommes en panique générale », a
cependant déclaré un chauffeur de taxi. 

Les responsables civils sont partis par bateaux sur le lac
Kivu vers Bukavu, la capitale du Sud-Kivu distante d’environ
80 kilomètres au sud où ils sont arrivés en
fin d’après-midi.Les chefs militaires se seraient
regroupés à Sake (20 km à l’est de Goma).

Le camp de réfugiés de Kanyarucinya, à une
dizaine de kilomètres de Goma, qui comptait avant la
reprise des combats 30.000 personnes, s’est vidé
dès le passage de la colonne du M23.Ses occupants ont
repris la route vers le sud sans s’arrêter à Goma.

« Débandade »

Le porte-parole de la province du Nord-Kivu, Célestin
Sibomana avait évoqué au téléphone avec
l’AFP « une débandade » et dénoncé
l’inaction des Casques bleus. 

Les Casques
bleus étaient déjà intervenus samedi avec des
hélicoptères de combat.Mais le M23 a exigé,
dimanche matin, que la Monusco « montre » sa
neutralité sur le terrain (…) S’ils continuent à
nous bombarder, nous allons réagir », a
déclaré un porte-parole du mouvement.

Les forces de l’ONU resteront dans Goma (est), a assuré
dimanche le secrétaire général de l’ONU, Ban
Ki-moon, ajoutant qu’aucune action visant les forces de
l’ONU « ne sera tolérée ».

L’ONU dispose de 6.700 hommes dans le Nord-Kivu.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé
samedi l’arrêt de l’avance de la rébellion vers
Goma et que « tout soutien extérieur et toute
fourniture d’équipement au M23 cessent immédiatement ».

Kinshasa et l’ONU accusent le Rwanda de soutenir les
rebelles, ce que Kigali dément. 

La représentante de la diplomatie européenne,
Catherine Ashton, a demandé dimanche aux rebelles de
« cesser immédiatement leur offensive militaire »
sur Goma. »Tout soutien au M23, en violation du
régime de sanctions et de l’embargo sur les armes doit
cesser », a-t-elle réclamé.

Paris a de
son côté « mis en garde quiconque
contribuerait, de façon directe ou indirecte, à
une nouvelle aggravation de la situation ».Londres a
également appelé le M23 à cesser
« immédiatement » toute violence.

Le M23 a été créé début mai dans le
Nord-Kivu par des militaires qui avaient pour la plupart
combattu au sein de la rébellion pro-rwandaise du
Congrès national pour la défense du peuple.Ils
ont officiellement intégré l’armée en 2009
après un accord avec le gouvernement, mais se sont
mutinés en avril dernier, arguant que Kinshasa n’avait
pas respecté ses engagements.

Ils réclament notamment le maintien de tous les
officiers dans leurs grades et refusent le
« brassage » que veut leur imposer Kinshasa ce qui les
éloignerait de leur zone d’influence dans l’est.



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