RDC : le chef des rebelles rencontre Kabila en vue de "négociations"

24 novembre 2012

RDC : le chef des rebelles rencontre Kabila en vue de « négociations »

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De g à d: les présidents kényan Mwai Kibaki, congolais Joseph Kabila et ougandais Yoweri Museveni lors du sommet extraordinaire de Kampala ©AFP

KAMPALA (AFP) – (AFP)

Le chef
politique des rebelles congolais du M23 a déclaré
samedi avoir rencontré à Kampala le président
de la République démocratique du Congo (RDC),
Joseph Kabila, en assurant que des « négociations
directes » étaient « prévues ».

« Des négociations directes sont prévues entre
nous (le M23) et Kabila », a déclaré le
président du mouvement rebelle, Jean-Marie Runiga,
joint par téléphone dans la capitale ougandaise. »Demain (dimanche), nous allons discuter de tout
ça.On va parler des modalités de ces
négociations et des points » qui seront à
l’ordre du jour, a-t-il affirmé.

La confirmation de cette rencontre – sans précédent
depuis l’arrivée au pouvoir de M. Kabila en 2001 – n’a
pu être obtenue dans l’immédiat auprès de la présidence.

M. Runiga a évoqué une entrevue « dans une
ambiance tendue » mais qui s’était « très
bien passée », la médiation étant
assurée par le président ougandais Yoweri Museveni.

Joseph Kabila participait, dans la capitale ougandaise,
à un sommet extraordinaire avec son hôte et ses
homologues Mwai Kibaki (Kenya) et Jakaya Kikwete (Tanzanie).

Dans leur
déclaration finale, les quatre dirigeants ont
demandé aux rebelles d’arrêter la guerre dans
l’est de la RDC et de se retirer de la ville de Goma (est)
qu’ils avaient prise mardi, mais ont aussi enjoint à
Kinshasa de prendre en compte leurs revendications.

A la question de savoir s’il était satisfait de la
union, M. Kabila a simplement répondu qu’il
serait satisfait « quand la paix reviendrait » dans
l’est de son pays.

Son homologue rwandais, Paul Kagame, n’avait pas fait le
déplacement.Des responsables ougandais avaient
pourtant assuré que le sommet serait
« dénué de sens » si MM.Kagame et Kabila
n’étaient pas tous les deux présents.

Le rôle du Rwanda dans la rébellion suscite la
controverse : Kigali est accusé par des experts de l’ONU
d’ »apporter un soutien militaire direct » au M23 dans
l’est de la RDC, région aux ressources minières et
agricoles très convoitées, frontalière avec
le Rwanda.

« Revendications légitimes »

Un retrait
de Goma est exigé d »ici 48 heures », a
indiqué le ministre ougandais des Affaires
étrangères, Sam Kutesa, lisant un texte
légèrement différent des conclusions finales
remises à la presse.

M. Kutesa a déclaré que le M23 devait se retirer
à « au moins 20 kilomètres au nord de
Goma », ce qui correspond aux positions que tenaient les
rebelles près de Kibumba avant de s’emparer de Goma.

Les dirigeants africains ont aussi déclaré que le
M23 devrait arrêter de « déclarer qu’il faut
renverser le gouvernement élu » en RDC.

De son côté, Kinshasa doit « écouter,
évaluer et prendre en compte les revendications
légitimes » des rebelles, ont-ils écrit en
tête de leur communiqué.

Les rebelles avaient posé comme « préalable »
à tout retrait de Goma de « dialoguer » avec M.
Kabila. »Se retirer de Goma ne peut être que le
fruit des négociations », a répété
samedi leur chef politique, avertissant que le M23 se
défendrait en cas d’attaque de l’armée congolaise
sur ses positions.

L’est de
la RDC (ex-Congo belge, ex-Zaïre) est depuis une
vingtaine d’années le théâtre de conflits
quasiment ininterrompus en raison de ses richesses
minières et agricoles que se disputent le gouvernement
congolais, des mouvements rebelles et les pays voisins.

Apparu au printemps, le M23 a été créé
par des militaires mutins.Ayant participé à la
précédente rébellion menée par Laurent
Nkunda, ils avaient intégré l’armée
congolaise en 2009 à la suite des accords de paix du 23
mars.Mais ils se sont mutinés en avril, arguant que
Kinshasa n’avait pas respecté ses engagements, eux qui
refusent notamment d’être mutés dans d’autres
régions que l’est de RDC.

D’après M. Runiga, les pourparlers devraient concerner
l’application des accords de 2009 mais la rébellion
veut également « parler d’autres questions de fond
qui concernent la vie nationale ».


Sassou Nguesso auprès de Kagame

Le sommet de Kampala assigne à la force des Nations
unies en RDC (Monusco, 17.000) – largement contestée
ces derniers jours pour n’avoir pas pu empêcher les
rebelles de conquérir des localités
stratégiques – la mission d’ »occuper et
sécuriser une zone neutre entre Goma et les nouvelles
zones occupées par le M23″.

Est également prévu le déploiement à
l’aéroport de Goma d’une force tripartite qui serait
composée d’une « force neutre », de soldats de
l’armée régulière de RDC ainsi que de
rebelles.M. Kutesa a précisé à l’AFP que la
Tanzanie s’était engagée à contribuer à
cela par l’envoi d’ »au moins 200 soldats ».

Un point important figure dans le communiqué : le
processus « sera supervisé par les chefs
d’état-major du Rwanda et de la RDC et mené par le
dirigeant des forces armées ougandaises ».

Outre le Rwanda, l’Ouganda a aussi été accusé
par l’ONU de soutenir militairement le M23, ce que Kampala dément.

De son côté, le président du Congo
(Brazzaville) Denis Sassou Nguesso s’est rendu samedi à
Kigali, officiellement pour évoquer les « relations
bilatérales » avec Paul Kagame.

Déjà, mercredi, les présidents Kabila, Kagame
et Museveni avaient sommé le M23 de se retirer de Goma.

Outre la capitale du Nord-Kivu, les rebelles tiennent depuis
mercredi la localité de Sake, à une trentaine de
kilomètres à l’ouest de Goma.Jeudi, ils avaient
repoussé autour de Sake une contre-offensive de
l’armée loyaliste alliée à une milice locale.

Leur avancée a provoqué le déplacement de
dizaines de milliers de personnes et fait craindre une
catastrophe humanitaire.



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