RDC : reprise des combats entre le M23 et l’armée près de Goma

15 novembre 2012

RDC : reprise des combats entre le M23 et l’armée près de Goma

Des chars de l’armée congolaise à la poursuite des rebelles du M23, le 26 juillet 2012 près de Goma, dans l’est de la RDC ©AFP

GOMA (RDC) (AFP) – (AFP)

Les combats
entre la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) et
l’armée de la République démocratique du
Congo (RDC) ont repris jeudi près de Goma, dans l’est
du pays, les rebelles accusant l’armée d’avoir enfreint
la trêve qui durait depuis trois mois.

Ces combats ont fait 51 morts et 3 blessés dans les
rangs du mouvement rebelle, a annoncé en début de
soirée M. Lambert Mende, le porte-parole du
gouvernement à Kinshasa.

« 51 corps portant des uniformes de l’armée rwandaise
ont été ramassés », a déclaré le
responsable gouvernemental qui n’a pas donné de chiffre
sur d’éventuelles victime dans les rangs de
l’armée régulière. 

Selon le porte-parole de l’armée régulière
à Goma, le lieutenant colonel Olivier Hamuli, un
commandant de Forces armées de la RDC (FARDC) a
été tué.

De son côté, le porte-parole militaire du M23, le
lieutenant-colonel Vianney Kazarama interrogé sur ce
bilan, s’est refusé à donner des chiffre sur les
victimes de ces combats.

Les affrontements ont commencé jeudi matin.La
rébellion a annoncé des « offensives contre les
éléments du M23 dans ses positions sur les axes de
Rugari, à 30 kilomètres (au nord) de la ville de
Goma », capitale du Nord-Kivu. 

« Nous sommes obligés de nous défendre », a
affirmé Vianney Kazarama.

Une version démentie par l’armée. »Nous ne les
avons pas attaqués, c’est un prétexte, et nous
savions qu’ils étaient en train de renforcer leurs
positions depuis plus de deux semaines », a expliqué
le lieutenant-colonel Olivier Hamuli.

Capitale du Nord-Kivu, région limitrophe du Rwanda et de
l’Ouganda convoitée pour ses ressources naturelles (or,
coltan, cassitérite, bois), Goma est
considérée comme un verrou stratégique.

Les FARDC comptent environ 20.000 hommes sur place et les
Nations Unies 5.000, selon un diplomate occidental.

A Goma, qui compte 300.000 habitants et acceuille de
nombreuses ONG, les écoles ont été
fermées à midi, a indiqué une source occidentale. 

« Les gens sont en train de vivre la peur au ventre »,
a confié Omar Kavota, porte-parole de la
fédération d’ONG Société civile du Nord-Kivu.

Plusieurs camps de réfugiés ceinturent la ville de
Goma, ce qui avait poussé la Mission de l’ONU en
RDCongo (Monusco) à intervenir avec des
hélicoptères pour arrêter l’avancée des
rebelles, en juillet dernier.

Avec l’attaque de jeudi, « on observe un afflux de
déplacés vers le camp de Kanyarucinya », à
une dizaine de kilomètres de Goma, a ajouté M. Kavota.

Le M23 ne compte pas prendre Goma

Dans un communiqué, le responsable politique du M23,
Jean-Marie Runiga, a précisé que le bras armé
de la rébellion avait pour instruction de
« répondre vigoureusement aux attaques de
l’adversaire et le repousser le plus loin possible ».

En début d’après-midi, le lieutenant-colonel
Kazarama a écarté toute idée d’offensive vers
la capitale provinciale. »Ce n’est pas notre mission.Nous avons repoussé l’ennemi et nous sommes dans nos
positions », a-t-il dit.

Sur le plan militaire, la situation est encore confuse.Selon
le lieutenant-colonel Hamuli, les combats ont cessé et
l’armée procédait à un « ratissage » de
la zone.Mais selon le porte-parole du M23, « l’ennemi
continue à larguer des bombes sur nos positions »
à Rugari, au nord avec des chars de combat et des
hélicoptères, et l’armée a attaqué sur
« trois autres axes ».

Cette reprise des affrontements survient alors que le
comité des sanctions des Nations unies est réuni
depuis plusieurs jours pour envisager des mesures
individuelles contre des responsables rwandais et ougandais
accusés par le rapport d’experts de l’ONU d’avoir
aidé la rébellion – accusations démenties par
Kigali et Kampala.

Déjà, les Etats-Unis ont placé le colonel
Sultani Makenga, chef militaire du M23, sur leur liste noire
et gelé ses avoirs, et l’ONU a ajouté une
interdiction de voyager à son encontre. 

Le ministre de la Défense rwandais, James Kabarebe, et
son chef d’état-major, Charles Kanyonga, sont
également cités dans ce rapport qui doit être
examiné la semaine prochaine par le Conseil de sécurité.



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