Réaction du député Kamardine sur l’assouplissement de la délivrance des visas à destination de Mayotte

[  » L’établissement, le 12 septembre, par le Ministre des affaires étrangères, d’une feuille de route tendant à faciliter la circulation des comoriens vers Mayotte* provoque un vif émoi dans l’opinion locale. 
Je demande que Jean-Yves LE DRIAN reçoive une délégation composée des parlementaires et du président du Conseil départemental dans les meilleurs délais.
Nous apprenons par la presse que les ministres des affaires étrangères français et comorien ont établi, lors de la réunion du 12 septembre 2017, à Paris, du Haut conseil paritaire franco-comorien, une feuille de route visant à faciliter la circulation des comoriens vers Mayotte*. Il s’agit de la suite concrète de l’annonce récente par la ministre des outre-mer de la création d’un visa outremer tendant à favoriser, entre autre, le regroupement familial.
L’établissement de cette feuille de route suscite un très vif émoi à Mayotte* et nous consterne à plusieurs titres.
En premier lieu, le principal défi auquel est confronter le département de Mayotte est d’endiguer l’immigration clandestine de masse qui aboutit à ce que plus de la moitié de la population soit étrangère, pour grande partie en situation irrégulière. Faciliter le regroupement familial aboutirait inexorablement, d’une part, à la régularisation massive des clandestins et, d’autre part, à 

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accroître l’arrivée, en nombre, de nouveaux migrants, alors même que Mayotte est déjà 

submergée.
En deuxième lieu, une telle politique ne peut qu’exacerber les très vives tensions qui font de Mayotte une véritable poudrière sociale et sécuritaire. A notre connaissance, le rôle de la 

politique étrangère n’est pas de déstabiliser le territoire national, tout ou partie en impactant la sérénité publique.
En troisième lieu, le stationnement, à Mayotte, de centaines de milliers de comoriens, consécutif à une politique d’assouplissement de la délivrance de visas, ferait du 101ème département français une « jungle de Calais » puissance 10. Ce n’est pas acceptable.

En quatrième lieu, l’annonce de cette feuille de route est vécue comme l’expression d’un mépris vis-à-vis des habitants d’une partie du territoire national. En effet, pas un seul des représentants de Mayotte* n’a été associé, ni même consulté, directement ou indirectement, sur cette feuille de route qui, pourtant, les concerne au premier chef (ni les députés, ni les sénateurs, ni les maires, ni le président du conseil départemental).
En cinquième lieu, la feuille de route a été annoncée mais nous ne savons rien de son calendrier et des modalités de sa mise en œuvre, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations. 
Ce flou est une provocation supplémentaire. C’est inacceptable d’autant plus que cela contrevient aux principes les plus élémentaires posés par la loi d’orientation et de programmation du 7 juillet 2014 relative à la politique de développement et de solidarité internationale : déni de transparence, déni 

d’association des acteurs, déni du rôle des collectivités territoriales.
Enfin, il est contradictoire de ralentir le rythme d’accès au droit commun en matière de politique sociale à Mayotte, au prétexte que cela créerait un appel d’air à l’immigration, tout en créant, par ailleurs, les conditions d’une immigration massive supplémentaire par le biais du regroupement familial.
En réalité, c’est l’ensemble de notre politique de coopération avec les Comores qu’il convient de refonder. La gouvernance, le développement économique, le système de santé et le système éducatif sont mis à mal malgré 40 ans d’aide au développement française. Nous n’accepterons pas que 

l’échec de la politique d’aide publique au développement se traduise par la déstabilisation de Mayotte. 
L’absence de portage politique au sein du gouvernement (pas de ministre du 

développement et de la coopération), les limitations budgétaires (nous ne tenons que la moitié de nos engagements internationaux en terme d’aide publique au développement) et l’absence de prise en compte du continuum sécurité-développement au niveau régional, ne peuvent avoir comme réponse diplomatique le sacrifice de Mayotte et des Mahorais.
La priorité de notre diplomatie doit être la préservation de nos intérêts. Il me semble que dans cette partie de l’Océan indien, nos intérêts sont de restaurer la sécurité à Mayotte et favoriser son développement durable, en particulier par son intégration pleine et entière à la Commission de l’Océan Indien (COI). Les échanges inter-îles s’amélioreront alors naturellement et positivement. 
A cet égard, les prochains Jeux des Iles de l’Océan Indien sont une occasion à saisir pour notre diplomatie.
Le préalable à l’évolution de la politique de délivrance des visas est l’arrêt de l’immigration clandestine, le rétablissement de la sécurité à Mayotte et la mise en œuvre d’une politique d’aide au développement efficace vis-à-vis des Comores.Compte tenu de la très vive émotion que suscite l’établissement de la feuille de route, je demande formellement que Jean-Yves LE DRIAN reçoive une délégation composée des parlementaires et du président du Conseil départemental de Mayotte dans les meilleurs délais.  » ]
(Mansour KAMARDINE : Député de Mayotte)

Rappel: Mayotte est île comorienne sous administration française depuis l’indépendance.

Mayot’News 

1 commentaire sur Réaction du député Kamardine sur l’assouplissement de la délivrance des visas à destination de Mayotte

  1. Saym Boun, tu dois savoir « qu’un pays n’a point d’ami mais un pays a des intérêts »
    a dit le Général de Gaule.
    Le jour où France n’aura aucun intérêt à Mayotte elle partira.
    En Algérie la France avait décidé de donner le droit de vote au juif algérien seulement avant de le retirer ce droit ce qui a semer le « fitna » entre arabes et juifs algériens.
    La France a décidé de garder Mayotte pour nous punir d’avoir pris notre indépendance.
    La France n’a aucun intérêt de rester à Mayotte, elle partira un jour.

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